Un don, un macaron contre la Mucoviscidose.

Pour la 8ème année, Pierre Hermé et une centaine de pâtissiers de France et d’Europe célèbrent La journée du macaron. Les clients recevront un macaron en échange d’un don libre en faveur de L’association Vaincre la Mucoviscidose.

Macarons Pierre Hermé.

La belle occasion que voilà de déguster un, deux, plusieurs macarons pour une bonne cause et pas seulement pour leur goût ! En cette journée du 20 mars dédiée à cette délicieuse friandise, 100 pâtissiers des Relais Desserts et les boutiques Pierre Hermé, soit au total 160 points de vente, se mettront en quatre pour nous inciter à faire des dons au profit cette année de l’association Vaincre la Mucoviscidose.  Les initiateurs de cet événement changent, en effet, chaque année d’association.

Dans toutes les boutiques, des bénévoles informeront au mieux les clients sur cette maladie génétique rare. Ces derniers seront invités à se délester de quelques pièces et, on l’espère, de quelques billets, et recevront en récompense de leur générosité un macaron.

Jardin du maquis, Pierre Hermé.

Appelés chaque année à faire preuve d’originalité et d’inventitivé, les pâtissiers de Relais Desserts – association professionnelle créée en 1981 regroupant les meilleurs artisans de la profession- éditeront des saveurs pour la plupart inédites. Pierre Hermé, maître de cette spécialité,  proposera lui 25 parfums* différents. Une façon de nous inciter à faire 25 dons ?

Pour obtenir des informations relatives aux : -Saveurs, boutiques et horaires : www.pierreherme.com, aux membres de Relais Desserts participant à l’événement : www.relais-desserts.net et enfin en savoir plus sur l’événement : www.jourdumacaron.com

* Mes préférés : Réglisse & violette,  Arabesque (abricots & pistaches croustillantes), Jardin du maquis (chocolat et miel du maquis Corse), Yasamine (jasmin, mangue et pamplemousse confit), Infiniment chocolat Pérou, Infiniment Caramel (caramel au beurre salé), Truffe blanche et noisettes…

 

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Fabrice Luchini : “On est dans la tyrannie du rire obligatoire. Le drame de l’époque, c’est l’esprit Canal…”

Dans un article du Parisien titré “Luchini sur un boulevard”, le comédien condamne “les rires forcés” qui sévissent à la télé…

Luchini dans l’édition du Parisien du 15 mars dernier.

Le contexte : A l’affiche de “Une heure de tranquillité”, comédie de Florian Zeller qui fait les beaux soirs du Théâtre Antoine, Fabrice Luchini, son interprète principal répond aux questions de Thierry Dague, journaliste au  Parisien. Le ton est direct et enjoué, comme toujours chez Luchini qui affirme : “faire rire, c’est ma nature”. Ce n’est pas une révélation. On le sait depuis plusieurs années déjà, Luchini n’est pas seulement un bon comédien, c’est également ce qu’on appelle en télé “un bon client” :  une personnalité charismatique capable de mettre de l’ambiance sur un plateau de télé quels que soient les thèmes et invités et dont on est sûr qu’il dira toujours quelque chose d’intelligent et d’original comme Edouard Baer et Patrick Timsit. Ce jour-là, Luchini réglait son compte au petit écran…

Thierry Dague, journaliste demande : -En ce moment, le rire a plutôt la cote…

Fabrice Luchini, comédien: -On est dans la tyrannie du rire obligatoire. Le drame de l’époque, c’est l’esprit Canal, cette mécanique de la déconne. C’est un totalitarisme ! On n’en peut plus des rires forcés à la télé. Nagui, Hanouna…ils pensent lutter contre l’esprit de sérieux. L’esprit de sérieux, c’est affreux, mais ne pas être sérieux, c’est pire. T’as compris la nuance ?”

 

Une heure de tranquillité de Florian Zeller avec Fabrice Luchini, Christiane Millet, Hélène Médigue, Grégoire Bonnet, Joël Demarty, Xavier Aubert, Ivan Cori.

Représentations du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h. Théâtre Antoine : 32, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Tél : 01 42 08 77 71

La photo prise -à la va-vite, je l’avoue- du Parisien a été faite avec le Samsung MultiView 900F

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Eddie Izzard : “Je fais du stand-up parce que c’est chaud, cool et sexy !”

Eddie Izzard, maître british du stand-up sera à 20 h ce soir à L’Olympia. Lisez l’interview exclusive de l’icône qui inspire la nouvelle génération d’humoristes et nous ramène à l’essence pure du stand-up.

John Cleese des Monty Python  considère Eddie Izzard comme “the lost Python”. Peut-on rêver meilleur adoubement ? Fou génial et complètement lucide, Izzard est le plus brillant des auteurs et interprètes de stand up contemporain. Tellement doué et apprécié que les humoristes français n’hésitent pas à le copier ou le piller. Quand Fanny Jourdan du Théâtre de Dix Heures m’a proposé un entretien avec le maître je suis  Continuer la lecture

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Eddie Izzard : Baptiste Lecaplain, Dedo, Kyan Khojandi, Yacine Belhousse… la nouvelle génération salue son idole.

Eddie Izzard, roi du stand up british sera à L’Olympia le 13 mars à 20h. Baptiste Lecaplain, Kyan Khojandi, Bruno Muschio,Yacine et Dedo évoquent leur idole dont je publierai l’interview mercredi.

Dès qu’Eddie Izzard passe à Paris, tous les humoristes (de Jamel Debbouze à Gad Elmaleh en passant par Antoine de Caunes ou Jean-Luc Lemoine) se précipitent pour voir son show atypique, absurde, so British qui rappelle l’univers déjanté des Monty Python. En novembre dernier Stripped son spectacle a fait salle comble au Théâtre de Dix Heures où il a joué en français devant la nouvelle génération d’humoristes ébahie et franchement émue. Humour en Capitales Les nouveaux talents du rire 3 Kyan Khojandi et son ami Continuer la lecture

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Virginie Efira héroïne de 20 ans d’écart : “Je préfère le mot MILF plus sincère que cougar !”

Virginie Efira et Pierre Niney forment le couple charmant de 20 ANS D’ÉCART, comédie romantique drôle et tendre réalisée par David Moreau. Une incursion réussie dans le domaine de l’humour pour le réalisateur qui s’était engagé dans le cinéma avec des films d’horreur (Ils,The Eye). Ayant beaucoup aimé 20 ANS D’ÉCART, rom-com plus ambitieuse et plus réussie que La stratégie de la poussette et Un prince (presque) charmant, j’ai voulu rencontrer Virginie Efira.

En ce jour glacial de février,Virginie Efira est rayonnante au moment où elle s’installe en face de moi sur la banquette d’une suite de l’Hôtel de Sers à Paris. Cette jolie blonde, grande et mince dont la silhouette s’est arrondie depuis quelques mois -elle sera maman en mai prochain- enchaîne courageusement et sans faiblir des interviews depuis 8h30 du matin. Et il est exactement 14h au moment où je lui serre la main, ravie de commencer enfin une interview prévue à 12h30. La faute à Pierre Niney, son jeune partenaire dont le réveil semblait fâché ce jour-là avec la ponctualité. Il est vrai que le jeune pensionnaire de La Comédie Française répète le rôle d’Hippolyte dans Phèdre -qu’il jouera salle Richelieu du 2 mars au 26 juin, en alternance avec Benjamin Lavernhe– et que son emploi du temps est plus que chargé. Malgré ce désagrément, la comédienne belge est restée joyeuse et sereine toute la matinée et s’est livrée sans découragement aux questions souvent faciles et forcément répétitives des journalistes.

“ÇA OUI, JE SAIS QU’IL Y A UNE PLACE À PRENDRE DANS LA COMÉDIE !”

Virginie Efira est une fille sympa et définitivement belge c’est-à-dire nature, franche, directe et sans affectation. Si peu d’ailleurs qu’elle utilise souvent le mot un tantinet désuet et néanmoins charmant « chouette» comme Virginie Hocq, d’ailleurs. Allez savoir si l’expression est propre à toutes les Virginie ou à tous les Belges et donc à toutes les Virginie venues de Belgique ! Une singularité qui prouve que Virginie Efira n’essaie pas d’être dans l’air du temps, qu’elle se fout des diktats et ne se conforme qu’à se qu’elle est. Rencontre avec une fille extrêmement (elle utilise aussi beaucoup cet adverbe) chouette.

Alice balade Balthazar et le pire c’est que ça marche !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui vous a fait accepter 20 ANS D’ECART, une autre comédie romantique, genre qui vous est familier ?

VIRGINIE EFIRA. La croyance que j’avais dans 20 ANS D’ECART et dans le rôle, la manière dont je me suis investie dans l’écriture avec David Moreau m’ont donné la sensation d’évoluer c’est-à-dire de chercher un truc en plus que je n’avais pas encore fait et d’avancer un tout p’tit peu plus loin. J’ai fait beaucoup de comédies romantiques où j’ai beaucoup joué la mignonnerie, on va dire. Là, je trouve que le personnage a beaucoup plus de complexité et du coup, c’était super.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pour le coup, dans 20 ANS D’ECART, vous n’êtes plus dans la “mignonnerie” mais plutôt dans la rigidité au point qu’on vous surnomme “desperate fraulein” avant que vous ne vous transformiez en MILF (Ndlr : (Mother I’d Like to Fuck : mère que j’aimerais baiser).

VIRGINIE EFIRA. J’ai eu la chance d’avoir un réalisateur qui dirige. Sur le reste, tout le travail d’écriture fait en amont avec David m’a permis d’entrer dans les choses intimes, surjouer d’une féminité d’une manière un peu handicapée, c’est quelque chose que je connais.

 

David Moreau et le duo de 20 ans d’écart.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quel niveau êtes-vous intervenue dans le scénario ?

VIRGINIE EFIRA. J’ai écrit beaucoup de choses, de personnages et de scènes et David a pris ce qui l’intéressait. Il y a des choses qui lui ont plu mais qu’il n’a pas prises parce que ça ne racontait pas son film. C’est complètement son film, son scénario et celui de Amro Hamzawi. Mais c’est sûr qu’en travaillant ensemble, on a refait nos structures et retravaillé plein de choses. C’était hyper nécessaire pour moi parce qu’en lisant le scénario, il y avait des choses que je trouvais démentes sur son écriture. Le personnage de Balthazar (Ndlr : Pierre Niney) existait très fort, son père joué par Charles Berling aussi, la drôlerie de ça, l’histoire dans les gros traits me plaisaient mais j’aimais moins certains passages dont je me sentais moins proche. David a mon âge et j’ai bien aimé qu’on puisse témoigner ensemble d’une époque. Et puis il est cinéphile ! En regardant Ils, son premier film qui n’a rien à voir avec la comédie, j’avais vu que c’était quelqu’un qui sait ce qu’est le cinéma. Le travail qu’on a ensuite fait ensemble en amont nous a permis de nous connaître mieux et de fouiller mon personnage. On est allés beaucoup plus loin dans l’intime.

“PARFOIS ON ME PARLE DES COMÉDIES ROMANTIQUES COMME D’UNE TARE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etes-vous consciente qu’il y a une place à prendre dans le registre des comédies romantiques et qu’apparemment c’est tombé sur vous ?

VIRGINIE EFIRA. Oui, ça pour le coup ! En même temps, je n’ai pas fait dix-huit films ! J’ai dû en tourner sept dont trois comédies romantiques. Je suis bien au courant qu’il y a une place à prendre. Ça oui, je fais beaucoup de comédies romantiques !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ça n’est pas un reproche ! Devenir la Meg Ryan française, ça ne vous séduit pas ?

VIRGINIE EFIRA. (Rires). Ah si, si mais parfois on m’en parle comme d’une tare. Je me dis pourtant qu’il y a des vies plus compliquées que ma mienne.

 

Pas encore dans de beaux draps, mais sur un joli canapé.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Faire rire et rêver comme l’ont fait Julia Roberts, Meg Ryan, Sandra Bullock…c’est une place en or !

VIRGINIE EFIRA. On me dit : «Ah oui, les comédies romantiques, beaucoup et tout !». Moi, je trouve ça génial. C’est un genre qui est plus facilement financé et donc parfois moins exigeant, c’est vrai et c’est vraiment dommage. Arriver à faire rire c’est pas comme une merde collée à ta chaussure ! Pouvoir jouer sur une certaine féminité et qu’il y ait le sentiment amoureux qui est disséqué, c’est plutôt pas mal. Moi, je voudrais la vie de Truffaut et passer ma vie entière à disséquer le sentiment amoureux, je trouve ça formidable ! Donc, oui, je trouve ça super. Après, il faut s’y atteler comme dans 20 ANS D’ÉCART.

“TOUT EST POLITIQUE ET LE CINÉMA L’EST MÊME QUAND C’EST UN FILM POPULAIRE”.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le cinéma français produit de plus en plus de comédies romantiques. En quoi 20 ANS d’ECART se distingue-t-elle des productions qui ont essaimé ces dernières années ?

VIRGINIE EFIRA. Tout est politique et le cinéma l’est même quand c’est un film populaire parce que ça raconte quelque chose du monde, du rapport à l’autre, du rapport homme-femme. Souvent dans la comédie romantique, on assiste  à une infériorisation de la femme. (Ndlr : Virginie prend une voix de gourdiflette) «Euh, je voudrais tellement m’engager mais lui il ne veut pas parce qu’il est infidèle et obsédé sexuel». Parce que les femmes ne sont jamais infidèles ou obsédées sexuelles ? Ben non, apparemment. Les femmes ont toujours envie de s’engager, les hommes jamais ! Ben oui, apparemment. C’est vraiment des trucs faciles. Il faut offrir quelque chose de différent. Et là, j’allais bien parce que 20 ANS D’ÉCART parle d’un truc un peu terrifiant à travers ce mot «cougar».

LEBLOGFEMMEQUIRIT. L’acronyme MILF ne vous semble-t-il pas plus violent ?

VIRGINIE EFIRA. A la limite, je préfère MILF peut-être parce que les intentions sont clairement sexuelles et du coup, ça me dérange moins. Il y a presque un truc plus direct et sincère. Au moins, on sait qu’on ne fait pas semblant. Cougar me semble plus étrange. C’est comme si on voulait catégoriser. Pour moi, cela veut dire limiter, ça veut avoir un jugement moral, ça veut dire contenir aussi parce que ça fait vraiment peur. Du coup, on contient et aujourd’hui dans notre société où le sexe est partout et où le plaisir est tabou -et le plaisir féminin, encore plus !-, c’est  une manière de le codifier, de le ranger dans une petite case parce que ce désir est un peu effrayant. Si j’ai une vraie histoire avec Pierre Niney, on m’dira: «C’est un peu bizarre, non ?». Si c’est l’inverse, un comédien avec une fille de vingt ans de moins, on ne se posera même pas la question. Les femmes qui ont vu 20 ANS D’ÉCART sont toutes sorties heureuses de la projection. Certes parce que Pierre a la grâce mais aussi parce que cette manière d’aimer là avec cette jeunesse d’esprit, c’est-à-dire sans avoir peur, est quelque chose qu’on voit absolument à tous les âges.

“CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST UNE COMÉDIE QU’ON A UN CONTRAT AVEC LA LAIDEUR”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Bien qu’ayant étudié le théâtre en Belgique,vous vous êtes fait connaître là-bas comme ici grâce aux émissions de télé que vous avez animées. Comment passe-t-on de la télé au cinéma avec autant d’aisance ?

VIRGINIE EFIRA. Je ne vis pas ça comme un exploit ou alors ce serait un exploit mineur. Je ne me dis pas que je voudrais arriver à ça ou ça mais j’ai envie d’évoluer. Cela veut dire arriver à faire des choses qui vous semblent à chaque fois…on ne peut pas dire «meilleures», ça n’existe pas, mais où vous avez l’impression d’être allée plus en profondeur de ce que vous pouvez donner de vous-même. Je crois très fort que c’est ça le cinéma : essayer d’aller chercher le plus intime de ce que vous avez pour pouvoir toucher l’autre et transmettre quelque chose. Après, faire des retours sur soi et son parcours n’est pas une activité hyper saine pour l’esprit donc il vaut mieux se consacrer à ce qu’ont fait là, ici et maintenant.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etre tourné sur soi-même c’est un peu le lot des comédiens, non ?

VIRGINIE EFIRA. Ah oui, bien sûr, je n’échappe pas à la règle. Ce serait bien prétentieux de croire une chose pareille. Tu travailles avec toi en permanence et tu es confrontée à ton miroir, c’est un peu spécial. Faut vraiment être très curieux et du coup ça évite trop de questionnement sur soi. Ce qui est super, c’est de pouvoir fantasmer, d’avoir des ambitions hautes sur le cinéma, peu inporte d’où on vient. Je trouvais chouette qu’en me parlant d’intentions de lumière, David mentionne Paul Thomas Anderson (Ndlr : réalisateur américain de Boogie Nights, Magnolia, Punch Drunk Love,There Will Be Blood, The Master) et non de je ne sais qui. Il a de l’ambition esthétique. Ce n’est pas parce que c’est une comédie qu’on a un contrat avec la laideur.

 “AVEC PIERRE NINEY, ON N’A PAS JOUÉ LA COMPLICITÉ, ELLE S’EST INSTALLÉE D’EMBLÉE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. On sent une belle complicité entre vous et Pierre Niney. Avez-vous également travaillé en amont avec lui ?

VIRGINIE EFIRA. On s’est rencontrés parce qu’il y a eu une audition pour le personnage de Balthazar. David a vu je ne sais combien de garçons. Enormément ! On m’en a présenté une dizaine. C’était un peu bizarre…

C’est dans un night-club qu’elle décide de le mettre en boîte.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez donné la réplique à chacun des candidats ?

VIRGINIE EFIRA. En effet, je donnais la réplique à chaque fois. Pierre, je l’aimais vraiment bien et je trouvais qu’il correspondait extrêment bien au personnage. Et puis il dégageait quelque chose qui me séduisait beaucoup. On s’est rencontrés sur l’audition puis on a dîné ensemble et en fait, c’est ça la préparation ! Si la préparation d’acteurs c’est de dîner ensemble c’est tranquille, c’est chouette ! Quand Pierre m’a raccompagnée en scooter, j’ai pensé : «Si David était là, il serait trop content et déjà en train de filmer». On n’a pas eu besoin de feindre une quelconque complicité, elle s’est installée d’emblée. On utilise beaucoup le mot complicité, moi, je parlerais plutôt de «communauté d’esprit». Malgré nos âges différents (Ndlr : bientôt 36 ans pour elle, 24 ans dans quelques jours pour lui), malgré nos parcours extrêmement opposés (Ndlr : Virginie Efira a été une star du petit écran, Pierre Niney a intégré à 21 ans la troupe de La Comédie Française), il y a eu une grande compréhension immédiate l’un de l’autre. Et ça me semble assez essentiel quand on veut raconter ce genre d’histoires-là.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que saviez-vous de Pierre Niney avant de travailler avec lui ?

VIRGINIE EFIRA. Je connaissais son film J’aime regarder les filles (Ndlr: réalisé par Pierre Louf) et sa réputation. J’ai l’impression que Paris est constitué d’impresarios de Pierre Niney. Moi-même depuis que je le connais je suis devenue son impresario ou son agent, je ne sais pas. Je parle de lui en permanence et en bien. Pas par flagornerie mais parce qu’il est très très à part. J’avais lu quelques interviews de lui sur Internet, j’avais vu qu’il était intelligent, vif, qu’il avait de la drôlerie et qu’il avait quelque chose de très gracieux physiquement, voilà.

C’est à quelle page qu’il lui livre ses sentiments?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’y at-il de plus drôle en Pierre Niney ?

VIRGINIE EFIRA. Il a un sens de l’ironie extrêmement fort. On se moque des choses et des gens aux mêmes endroits. Et de nous-mêmes, bien sûr. Il cultive la bonne distance par rapport à la prise de sérieux. A un moment dans la vie, quand on joue tous des personnages et qu’on s’éloigne un peu de nous-mêmes, Pierre entend ça et il le répercute. Il est très vif et il a de l’esprit. Tout est drôlerie chez lui et il est libre par rapport à ça. Il n’essaie pas de plaire forcément avec son humour. Il peut même être méchant mais dans cette cruauté qui est géniale. Je ne suis pas en train de dire qu’il est méchant mais qu’il sait éviter cet humour consensuel et chiant. Il est vraiment très très drôle. Il n’y a pas eu besoin de faire exister à l’écran, cette complicé ou plutôt communauté d’esprit qui s’est installée d’emblée entre nous. Du coup, on a pu passer à autre chose.

“LE TOURNAGE DE LA SCÈNE DE LIT EST UN SUPER BON SOUVENIR”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Une complicité bien utile lorsqu’on doit tourner des scènes dans un lit. Celle qui vous réunit tous les deux est assez cocasse. Quand intervient-elle dans le planning de tournage ?

VIRGINIE EFIRA. On l’a tournée au quatrième jour. On était en peignoir, chaussés de ces horribles petites pantoufles d’hôtel dégueulasses que je déteste ! C’était très drôle on aurait dit qu’on allait tous les deux sur le tournage d’un film érotique ou je ne sais quoi. En fait, c’est un super bon souvenir. Moi, je n’ai pas une grande habitude de ça, Pierre non plus. C’est un peu intimidant quand même. En plus, il y avait de la drôlerie à mettre là-dessus mais il fallait aussi qu’il y ait une vérité. Ce n’est pas un film burlesque, il fallait donc qu’on sente le rapport charnel et puis que ça parte en comédie au moment où, pour éviter de jouir, Balthazar cite les noms de Merkel, Mélenchon…En lisant cette scène, je n’y croyais pas. David l’a tenue. Je disais : «Non, je ne crois pas que ça puisse se passer comme ça dans la vie. S’il fait ça, la fille va lui dire de reprendre ses p’tites affaires et d’aller voir maman!». Et en fait, ça marche super fort parce que Pierre le joue au premier degré. On est quand même à moitié à poil, Pierre  est sur moi et me dit : «Je vais m’asseoir, je vais devoir faire le mouvement en même temps que ma réplique, ok ?». Moi, je dois simuler le coït au moment où il fait sa « blague ». Je suis partie dans un fou rire et je lui ai niqué sa première prise. C’est pas normal de se retrouver dans ces situations, vraiment pas normal. On ne peut pas vivre comme ça, donc je pleurais de rire.

Il l’emmène en scooter, elle le mène en bateau.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Certains réalisateurs de comédies demandent parfois trente prises, c’était le cas pour cette scène de lit ?

VIRGINIE EFIRA. Oh, non, pas tant que ça. On tournait en scope, en argentique, pas en numérique donc la pellicule coûte cher, alors on n’a pas pu faire beaucoup de prises. David était très vigilant : il tenait à ce qu’il y ait de la complicité entre ses acteurs mais aussi un certain sérieux. Parfois quand on a peur de se faire gronder on a encore plus envie de rire. J’ai du me reprendre assez rapidement et simuler l’orgasme après tous les Mélenchon, Merkel… mais pas de manière rigolote, vraiment le faire. Et en fait, ça passe parce qu’il y a l’élégance de Pierre qui fait que du coup c’était très marrant.

“J’AIME BIEN QUAND ON CONSIDÈRE L’INTELLIGENCE ET QUE TOUS LES PERSONNAGES ONT DE L’ESPRIT”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui vous fait rire ?

VIRGINIE EFIRA. (Elle réfléchit longuement). Oh lala…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles comédies vous ont donné envie de devenir comédienne ?

VIRGINIE EFIRA. (Elle esquisse un large sourire et lâche un soupir de soulagement). Ah ! Au tout départ, je pense aux comédiennes que j’aimais petite. Marilyn évidemment ! Certains l’aiment chaud  de Billy Wilder est un film qui me faisait extrêmement rire. Marilyn est une actrice qui jouait avec une féminité très exacerbée et en même temps un peu défaillante. Elle avait un grand sens comique et le film est merveilleux. Un peu plus tard, je me souviens c’était en 1990, Pretty Woman. Julia Roberts avait une telle présence ! On avait l’impression que cette grande bouche, ces grandes jambes, ces grands bras…tout cela avait un côté pschitttt comme Omar Sy, l’explosion ! Elle était très très en vie. Ça m’a animée très fort ! J’aimais bien ça. Ensuite, je pense aux comédies romantiques qu’on m’a fait découvrir comme Indiscrétions de Cukor, les films de Mankiewicz, Capra qui sont extrêmement drôles et nourris de cette langue particulière. L’Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks… Katharine Hepburn est tellement drôle, d’une finesse de mouvement et la langue est pleine d’esprit. J’aime bien quand on considère l’intelligence et que tous les personnages ont de l’esprit. Après, comme tout le monde, les frères Farelly, Judd Apatow aussi bien comme réalisateur (En cloque, mode d’emploi, 40 ans toujours puceau,) que comme producteur (American trip) ou scénariste (Rien que pour vos cheveux).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles comédies françaises vous ont émue ou fait rire récemment ?

VIRGINIE EFIRA. Cette année, j’ai vraiment adoré trois comédies. Radio Stars de Romain Lévy, bien écrit, drôle, hyper touchant et porté par un truc hyper juste. Adieu Berthe ou l’enterrement de Mémé de Bruno Podalydes. J’ai écrit à Podalydes que je connaissais déjà un tout p’tit peu avant, parce que vraiment son film m’a remplie et qu’il parle de choses auxquelles je crois très fort : l’importance de l’illusion, de s’élever un peu au-dessus de la médiocrité… Adieu Berthe me fait mourir de rire ! Tous les rôles sont excellents, l’écriture est incroyable. C’est super drôle ! Et Camille redouble de Noémie Lvovsky est aussi un film très drôle. Il parle de sujets très sérieux, mélancoliques, parfois un peu tristes sur l’adolescence qui est derrière, le renoncement à certains rêves, l’importance du souvenir… Ce moment avec sa mère est tellement touchant. Ces films-là où il y a ça et derrière un rire qui vient tout contredire, c’est dément, j’adore ça !

 

Belle mais pas tout à fait Rebelle.

“PLUS JEUNE, MA RONDEUR APPELAIT À QUELQUE CHOSE DE BIZARREMENT INNOCENT”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Beaucoup prétendent que les jolies comédiennes peinent à être drôles. Est-ce qu’on peut dire que vous êtes drôle parce que vous parvenez à être en déconnexion par rapport à votre plastique et cette féminité ?

VIRGINIE EFIRA. Je crois que si je peux m’attribuer quelques qualités, elles ne viendraient pas de ma nature mais de mon pays. Franchement, en Belgique, on n’est pas tous super chouettes et super humbles et tout… mais la ville de Bruxelles est moins puissante que Paris et répond à moins de schémas et de codes. Du coup, le jeunisme est un truc qui existe moins. On est très fort débarrassés de l’idée de se trimballer avec un statut tout le temps. L’autodérision depuis la nuit des temps est presque obligatoire en Belgique parce que c’est un tout petit pays divisé en deux langues et la Belgique francophone est à côté d’un grand pays dont l’histoire est importante. Louis XIV, Molière, Balzac…Il y a un peu moins de Molière et de Balzac chez nous, du coup il y a une obligation de se dire : «Oh ben nous, c’est pas très important». Ça amène parfois des choses un peu chiantes. Par exemple, je peux aller parfois vers du dénigrement, ce qui n’est pas forcément un truc très bien. Et il y a des choses qui sont assez chouettes sur l’autodérision. Du coup, oui, c’est sûr que jouer des situations de ridicule ne m’effraie pas. De toutes façons, je vois très vite le pathétique et le ridicule chez une femme qui décide de mettre sa féminité en avant en la prenant très au sérieux …même si parfois je peux aussi aimer ça.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Compte tenu de votre physique et de votre voix, quels rôles vous attribuait-on lorsque vous édudiiez le théâtre en Belgique ?

VIRGINIE EFIRA. Plutôt les jeunes premières et pas forcément du comique d’ailleurs. Ma rondeur appelait à quelque chose de bizarrement assez innocent.(Ndlr : elle éclate de rire) Hé, c’était il y a longtemps !

“MAINTENANT C’EST LA DOUCEUR QU’ON ASSOCIE À MA PERSONNALITÉ”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT.(Rires). Pourquoi bizarrement ?

VIRGINIE EFIRA.(Rires). Oui, hier c’était l’innocence; maintenant c’est la douceur qu’on associe à ma personnalité mais je sais très bien que je me connais. J’espère en avoir un peu mais je sais qu’il existe des choses plus coupantes aussi. Dans le positif et le négatif.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes de ces tempéraments comiques qui cachent une grande détresse ?

VIRGINIE EFIRA. Non, mais j’ai comme tout le monde des aspérités qu’on veut bien voir ou pas, fouiller ou pas. Ces derniers temps, on me propose des choses un peu différentes. Il y a des choses plus mélancoliques et j’aime cette idée. Je peux avoir comme ça une forme de jovialité sympathique mais on n’va pas non plus tirer là-dessus pendant mille ans. Ce qui est bien c’est quand ça devient un masque qui cache. Ce qui est bien c’est les contradictions, il n’y a que ça d’intéressant donc il faut essayer d’aller vers les choses qui mettent en avant ces contradictions.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et quel réalisateur saurait le mieux mettre en avant vos contradictions ?

VIRGINIE EFIRA. Euh…(Ndlr: elle s’empare du magazine Première posé sur mon sac et regarde la photo de Jean Dujardin en couverture en réfléchissant).

“J’ESSAIE DE TRAVAILLER À M’ESTIMER PLUS”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avec qui aimeriez-vous tourner ? Les frères Podalydes, par exemple ?

VIRGINIE EFIRA. Oui, mais c’est bizarre. Je ne sais pas si c’est un complexe ou si c’est normal mais quand je dis que j’ai aimé cette année Podalydes, Lvovsky, Leos Carax… je ne me dis pas : «Je voudrais tourner avec eux». Je n’ai pas cette conception. Je pense que les choses viennent de manière cohérente si on est porté par une curiosité qui est juste et qu’on l’écoute. Je serais incapable en interwiew de dire cette phrase «J’aimerais tourner avec X ou Y» parce que ça ne m’intéresse que lorsqu’il y a du désir des deux côtés. Sinon j’aurais l’impression de dire : «Je crois que c’est bien pour vous de tourner avec moi». Ce qui est impossible pour moi. En revanche, j’essaie de travailler à m’estimer plus.

Charles Berling et Pierre Niney: le père aime les jeunes coups, le fils aime une cougar.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et quelles sont vos ambitions au cinéma ?

VIRGINIE EFIRA. Ce que j’ai envie de faire ? J’ai envie de travailler avec des gens pour qui c’est essentiel. Ce qui m’a touchée chez David, c’est que c’était important pour lui de faire ce film. Ça doit être une question de vie ou de mort. J’exagère un peu mais c’est pas parce que c’est une comédie qu’il faut renoncer. Il faut y aller, avoir de l’ambition, avoir de l’envie et que ce soit contagieux. C’est essayer de partager une certaine vision du cinéma et une vision du monde. Oui, il faut que ça soit haut, il faut essayer d’avoir des grands rêves, des grandes envies donc j’aimerais pas du tout appartenir à UN genre de cinéma. J’espère qu’il y aura de la variété dans mon évolution sinon je fais autre chose, hein, franchement ! Parce que ce qui m’intéresse c’est l’échange et je veux que l’échange s oit placé à un certain niveau de croyance. Je n’ai pas envie de participer à une espèce d’entreprise cynique où on va, on fait le truc et on se dit (Ndlr : elle prend une grosse voix) : «Où est-ce qu’on bouffe ce soir ?». Bon, c’est très important de savoir où on bouffe le soir, aussi mais il faut qu’il y ait de l’entrain, qu’on ait envie de faire des choses, qu’on ait une forme d’originalité, sinon c’est emmerdant.

LEBLOGFEMMEQUIRITVous regardez cette photo de Dujardin avec beaucoup d’intérêt. Lui aussi a gagné sa popularité grâce à la télé. C’est un parcours qui vous inspire ?

VIRGINIE EFIRA. C’est marrant parce que je regarde cette couverture avec Jean Dujardin et je pense à Möbius que j’ai vu. Cécile de France est démente dans le film. C’est chouette d’avoir un film qui fait appel à une certaine séduction et à quelque chose de tendu en même temps. Ah ça, ça m’exciterait très fort ! Evidemment !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels sont vos projets au cinéma ?

Sortie le 27 mars 2013.

VIRGINIE EFIRA. Il y a Dead Man Talking de Patrick Ridremont (Ndlr : prévu pour le 27 mars, ce film a été réalisé par l’ex-mari de Virginie Efira, le comédien belge Patrick Ridremont), Les Boulistes de Frédéric Berthe (1er mai). J’ai tourné En Solitaire de Christophe Offenstein avec François Cluzet et Guillaume Canet (sortie le 6 novembre) qui n’est pas une comédie. En septembre, je tournerai Sage Femme de Mabrouk El Mechri. On se connait pas mal en fait (Ndlr : le talentueux réalisateur de JCVD et de la série Maison close est le compagnon de Virginie Efira et le papa du bébé attendu pour mai). Du coup, je sais qu’il va aller chercher ailleurs et que je ne vais pas être sur de la superficie ou de la représentation.

ETRE DRÔLE PERMET DE VIVRE DES ÉCHECS D’UNE MANIÈRE BEAUCOUP PLUS LÉGÈRE”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’y a t-il de plus drôle en Virginie Efira?

VIRGINIE EFIRA. Euh, qu’est-ce qu’il y a de plus drôle en moi…(long silence). Je sais pas ce qu’il y a de plus drôle.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vos amis vous disent-ils que vous êtes drôle ?

VIRGINIE EFIRA. Ah oui, et d’ailleurs j’aime bien. J’aime bien quand je fais rire évidemment mais malgré tout j’ai l’impression que c’est quand on ne le désire pas qu’on est le plus drôle. Ce qui est sûr, c’est que je ne cherche pas à être celle qui parlera le plus à un dîner. Ce qu’il y a de plus drôle en moi, c’est surtout les gens que je fréquente. Manu Payet est l’une des personnes les plus drôles que je connaisse, Gaspard Proust, Nicolas Bedos… sont des gens très drôles, un peu cruels et tout. Je les aime bien. Etre drôle c’est se demander: est-ce que tout cela est vraiment très important ? Et arriver quand même à prendre de la distance là-dessus. Ça permet de vivre des échecs ou des moments d’égarement de manière beaucoup plus légère et de faire de tout quelque chose. Ça, je sais faire. Je sais que dans un endroit coincé, un endroit de convenance, il faut avoir le regard un peu oblique. Si tu as ce regard tu en fais quelque chose. J’espère avoir cette qualité-là et pouvoir en faire profiter les gens avec qui je suis. En tout cas, moi j’ai ça des autres.

“JE DÉTESTE LES RÉUNIONS MASCULINES ET LES RÉUNIONS D’ŒSTROGÈNES”.

Sortie le 6 novembre 2013.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous pensez qu’il y a un humour féminin et un humour masculin ?

VIRGINIE EFIRA. Hum, non. Je déteste les grosses réunions masculines comme je déteste les grosses réunions d’œstrogènes. Les deux me semblent pathétiques même si j’ai plus d’indulgence pour les réunions féminines. Les grosses réunions où se répand l’amitié virile, ce n’est pas forcément un truc qui m’inspire. Je fréquente énormément de filles qui sont très fort des garçons et énormérent des garçons qui sont très fort des filles, mais alors les blagues de mecs(Ndlr : elle prend une grosse voix), d’hétérosexuels moyens, non, ça non c’est pas trop mon truc. En fait, je ne sais même pas ce que c’est ! Je ne crois pas qu’il y a un humour féminin ou masculin. Vous pensez qu’il y a un humour féminin et un humour masculin, vous ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Non, absolument pas mais j’aime poser cette question.

VIRGINIE EFIRA. Maintenant, il y a des regards, des points de vue parce que, c’est sûr, on est élevé encore aujourd’hui selon des schémas même si on tend vers un mélange et que l’identité sexuelle est quelque chose qui est heureusement en mouvement. Dire, par exemple, que quand c’est graveleux ou quand ça a trait à des questions sexuelles ce serait plus masculin que féminin, je peux dire que non. Je trouve justement très drôle quand les femmes se réattribuent des choses qui sembleraient être réservées aux hommes.

 

SYNOPSIS : Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d’une impeccable conscience professionnelle au point d’en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine “Rebelle”, tout sauf son image de femme un peu trop sérieuse. Mais lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d’Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Réalisant qu’elle détient la clef de sa promotion, Alice va feindre la comédie d’une improbable idylle.

20 ANS D’ÉCART film de David Moreau (durée 1h33) avec Virginie Efira, Pierre Niney de La Comédie Française, GIlles Cohen, Amélie Glenn, Charles Berling, Michael Abiteboul, Camille Japy.

Les photos qui illustrent le film ont été shootées par Magali Bragard pour EUROPACORP – ECHO FILMS – TF1 FILMS PRODUCTION.

 

 


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Robin revient, enfin !

Robin revient Tsoin Tsoin…tel est le titre choisi par Muriel Robin pour annoncer son retour sur les planches après huit ans d’absence. Elle sera dès le 17 septembre au Théatre de La Porte St-Martin.

C’est une Muriel Robin radieuse et visiblement heureuse qui s’affiche tout en sourire et sans make up sur les murs du métro parisien et de la ville. Impossible de rater l’annonce de son retour et de la promo efficace qui l’accompagne. Une page dans Le Parisien, le jour de la Saint-Valentin comme pour rappeler à son public que l’histoire d’amour n’est pas rompue. Le même jour, un passage sur RTL  au micro de Monique Younès, dans l’émission Laissez-vous tenter. Et dimanche dernierl’opération de charme auprès de Laurent Delahousse au terme du JT de 20h de France 2, où la comédienne a sollicité 20 secondes de silence. En télé, une éternité !  Un bonheur quand c’est une grande comédienne qui l’impose.

J’AI TOUJOURS PEUR QUE LE S MEILLEURS PARTENT QUAND TANT DE MAUVAIS S’IMPOSENT.

C’est un retour que j’attendais avec impatience comme je l’ai écrit ici. De la même impatience qui m’a saisie lorsque Timsit a déserté le café-théâtre au profit du théâtre en troupe, des téléfilms et films de cinéma. Je crains toujours que les humoristes qui ont éclos avant que l’humour ne devienne un business et qui ont mis le one-man entre parenthèses ne reviennent pas. Je crains toujours qu’ils soient effrayés voire dégoûtés par la façon dont le milieu a évolué, par la surenchère de productions et donc de producteurs et donc de “comiques” pas toujours très inspirés ni très honnêtes, par le fait de ne pas retrouver leur place (leur légitimité ?). J’ai toujours peur que les meilleurs partent quand j’en vois de si mauvais parvenir à faire leur trou et exister aux yeux du public et à ceux des “professionnels de la profession”.

Il y a quelques mois, je suis allée voir un artiste que j’aime beaucoup à la fin de son show. C’était sa dernière, il était mal aimable, agacé, pas très accueillant et c’est pour cela d’ailleurs que je tairai son nom. Quand je lui ai demandé quand il remonterait sur scène, il m’a répondu qu’il songeait à arrêter. J’ai aussitôt rétorqué : “S’il ne s’agit que d’un songe, il peut disparaître très vite”. Le comédien a insisté : “Non, c’est décidé, je vais faire autre chose”. J’étais assommée même si je suis restée souriante et légère avec les deux amis qui m’accompagnaient. C’est peut-être insensé mais cette annonce n’est pas “passée” de la soirée. Et  les quelques Martini bus en bonne compagnie n’ont pas dissipé ma tristesse. Ce comédien que j’avais repéré il y a sept ans a tout : une plume, un jeu, une présence et un physique… J’étais presque aussi triste qu’à l’annonce d’un divorce ou d’un décès. Ce n’est qu’hier après-midi en discutant avec Charles Nemes, réalisateur (son film Hôtel Normandy avec Helena Noguerra et Eric Elmosnino sortira le 6 mai 2013) et Délégué à l’humour à la SACD que j’ai été rassurée. Nemes  a cité  le  nom de cet humoriste parmi ses préférés. Et m’a assuré qu’il ne partirait pas, que c’était juste de l’épuisement plus que de la lassitude ou de l’usure. Que c’était l’un des meilleurs.

JE SOUHAITE À MURIEL ROBIN DE NE PLUS NOUS ABANDONNER.

C’est dur le one-man et sincèrement je ne sais pas comment Foresti fait pour garder le rythme qu’elle a défini : un show tous les deux ans et donc, comme elle l’a annoncé dans ces pages, un nouveau rendez-vous à la rentrée 2014.  Je souhaite à Muriel Robin de revenir et de ne plus jamais nous “abandonner”, de trouver l’énergie, la rage, la foi, le désir, la nécessité et l’urgence de remonter sur scène tous les trois ou quatre ans et d’enfin retrouver la place qu’elle mérite. Au zénith, donc. Et là, ceux qui n’ont rien compris demandent : “Ah bon, le Zénith, je pensais qu’elle passait au Théâtre de la Porte Saint-Martin !”. Oui, elle sera bien à La Porte Saint-Martin, Tsoin Tsoin !

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Printemps du rire de Toulouse 2013 : les 8 finalistes.

Le Printemps du Rire auditionnait lundi dernier, 27 humoristes au Théâtre du Gymnase afin d’en retenir 8 pour les Duels de Rire qui se tiendront du 2 au 13 avril à Toulouse.

 

Comme chaque année Le Printemps du Rire en partenariat avec le Théâtre du Gymnase-Marie Bell, la SACD et des cafés-théâtres régionaux (Lille, Nantes, Lyon, Toulouse, Aix-en-Provence ) a procédé à la sélection d’humoristes qui feront les beaux soirs de la ville rose en avril prochain.  Si 346 artistes ont été approchés courant 2012 pour défendre leur travail, seuls 27 d’entre eux ont été invités à le présenter durant six minutes devant un jury de professionnels réunis autour de Jean-Pierre Hiélard, président du festival. Continuer la lecture

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La 1ère première nuit de la déprime : Raphaël Mezrahi nous dit tout de sa nouvelle idée.

Le 18 février à 20h, les Folies Bergères, à Paris, se mettront à l’heure de la morosité et de déprime.

Pourquoi parler de Raphaël Mezrahi sur un blog dédié aux talents de l’humour au féminin ? J’ai souhaité avoir Raphaël sur leblogfemmequirit parce que j’aime ses idées toujours hors des sentiers battus et celle d’une nuit de la déprime m’a amusée.

Raphael Mezrahi

Parce que si je connais pas mal de personnes déprimées autour de moi, ce sont surtout les femmes qui l’avouent et osent en parler. La déprime serait-elle un fléau majoritairement féminin ? Je ne sais pas mais je constate que les femmes en parlent plus volontiers que les hommes. Il y a celles qui noient leur détresse dans un pot de Nutella, une boîte de Lait Concentré Nestlé ou de Crème de marrons Faugier, qui avalent des litres de Coca, de bonbecs gélatineux, grillent plus de clopes que d’habitude, s’affament ou s’empiffrent. De leur côté, les hommes descendent des pizzas à la pâte caoutchouteuse devant des séries télé du même acabit, enfilent des bières et peut-être même des filles…Mais je m’égare. (Précisons tout de même qu’au-delà d’un certains nombre de pots de Nutella, de litres de bières et de conquêtes féminines, ça ne s’appelle plus de la déprime mais de la dépression).

Voilà pourquoi j’ai appelé Raphaël Mezrahi vendredi 8 février à 17h alors qu’il s’apprêtait à manger une calzone (aïe, c’est pas bon signe si on a bien lu l’intro de mon post) dans un restaurant italien.

 

“TOUS LES ARTISTES DU MONDE CONNAISSENT LA DÉPRIME”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes à l’initiative de La 1ère nuit de la déprime, en quoi consiste cet événement ?

RAPHAËL MEZRAHI. On organise une soirée unique autour d’un thème que l’on connaît tous, à des échelles plus ou moins différentes : la déprime. C’est surtout l’occasion d’une franche rigolade à laquelle de nombreux artistes ont adhéré. Comme j’ai pris le contrepied de cette morosité générale, cet événement prend des proportions qui me dépassent. On refuse des gens, même des chanteurs. Tout le monde m’appelle pour y participer. La réalité c’est que la salle peut contenir 1700 places et que c’est complet depuis trois semaines.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels artistes et personnalités verra-t-on sur scène ?

RAPHAËL MEZRAHI. Il y aura Adamo, Hugues Aufray, Alice Dona, Véronique Sanson, Michel Jonasz, Nolwenn Leroy qui est une amie, Patrick Bruel…Tous ces chanteurs viendront chanter leurs chansons les plus tristes. On verra également Michel Drucker, Jean-François Zygel, Talila, chanteuse yiddish,une cantatrice interprètera du Rachmaninov, Arielle Dombasle chantera Cold Song de Purcell, le groupe Odeurs sera là aussi…de la variété, du classique il y aura de tout. Ce sera une suite de pleins et de déliés, de gris clairs et de gris foncés.

“CHACUN RECEVRA SON KIT D’ACCESSOIRES DÉPRIME”.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. On a vu également des teasers avec des guests prestigieux.

Kleenex a versé 10 000 € pour sponsoriser la soirée.

RAPHAËL MEZRAHI. Oui, Jacques Dutronc, Michel Sardou et Eddy Mitchell co-présenteront la soirée avec moi. C’est plus que des chanteurs, ce sont des personnages. Ce sont des maîtres, des êtres exquis, élégants et talentueux.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’avez-vous prévu comme festivités ?

RAPHAËL MEZRAHI. Dans le hall des Folies Bergères, les marques Nutella, Kleenex, Ben &Jerry, Atol, Malongo…distribureront respectivement à tous les spectateurs des crêpes au Nutella, des mouchoirs, des glaces, des lunettes noires et du café… On est dans la déprime donc chacun doit recevoir une espèce de kit d’accessoires qui accompagnent ce moment. Il y aura un stand où l’on écoutera les chansons les plus tristes, mon coiffeur de Troyes coiffera les spectateurs, enfin plein de trucs…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quel rapport entre votre coiffeur et la déprime ? Vous faites partie de ceux -souvent des femmes d’ailleurs- qui pensent qu’une nouvelle coupe de cheveux remonte le moral ?

RAPHAËL MEZRAHI. Euh, c’est surtout le coiffeur le plus déprimant de France ! Vu sa tête…Et la mienne, car je n’ai pas beaucoup changé de coupe depuis mes débuts. Le problème que j’ai dans la vie, c’est que j’ai de plus en plus d’amis.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Plaignez-vous d’avoir des amis ! Je n’vois pas en quoi c’est un problème.

RAPHAËL MEZRAHI. Je n’me plains pas. Surtout pas. Je sympathise avec des gens qui deviennent des amis et du coup j’ai envie de les associer aux choses que je fais. Ça paraît peut-être incohérent aux gens que j’invite mon coiffeur mais pour moi c’est impensable de ne pas le faire.

“TOUT M’ENNUIE. JE N’AIME QUE LES ANIMAUX, LA MUSIQUE, LES FEMMES ET LEUR ÉTAT D’ESPRIT”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes très entouré et certainement très aimé…pas vraiment l’incarnation du type déprimé?

RAPHAËL MEZRAHI. Ça n’a rien à voir. C’est pour les artistes que j’ai pensé à cette 1ere nuit de la déprime. Vous ne faites pas de scène donc vous ne pouvez pas comprendre. J’ai joué dans des salles de 1000 personnes et plus, l’amour que l’on reçoit du public est trop exagéré. Les gens viennent, vous applaudissent, scandent votre nom, vous attendent à la sortie pour vous dire combien ils vous aiment, combien un passage de ce que vous dites ou faites a une résonance sur leur quotidien. C’est quelque chose de très puissant et tout d’un coup, vous vous retrouvez seul dans votre chambre d’hôtel. Et là, la descente commence. On encaisse la première fois, la deuxième…et puis après ça devient dur à porter. Tous les artistes du monde connaissent ça. Sans se connaître, sans même savoir ce qu’ils font, des artistes très différents qui se rencontrent savent immédiatement qu’ils sont liés par la déprime. Alors voilà, cette 1ère nuit de la déprime, c’est un pied de nez à notre vie très compliquée. C’est un métier violent, dur et les artistes qui viennent ont compris la vanne.

Michel Sardou © Richard Melloul.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. C’est amusant que vous consacriez une nuit à la déprime quand les émissions de télé cherchent absolument à nous imposer le bonheur comme une chose quasi obligatoire.

RAPHAËL MEZRAHI. C’est vrai, tout le monde parle de bonheur et vous propose de le découvrir par un simple coaching. J’en ai discuté avec Jacques Dutronc, le bonheur, c’est vulgaire. C’est laid le bonheur. Comme le dit le slogan de la soirée : «A quoi sert de courir après le bonheur alors que la déprime est à portée de main ?».

“AVANT ET PENDANT LA CRÉATION, TOUT VA BIEN, C’EST APRÈS QUE L’ARTISTE VA MAL”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment est née cette idée ?

RAPHAËL MEZRAHI. Les idées, je n’ai que ça ! Je suis auteur, rien d’autre. Tout m’ennuie. Je n’aime que les animaux, la musique, les femmes et leur état d’esprit. Tout le reste, je m’en fous. La politique, le foot, la religion…Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on fait pour que l’humain aille mieux et bien. L’idée en elle-même est venue un jour où j’écoutais Nicolas Peyrac chanter Marie L’Inexorable. C’est l’histoire d’un mec qui monte au grenier de sa maison, se prend une poutre et reste coincé. Il pleut et l’eau monte inexorablement. Le mec demande à sa femme, qui est aveugle, de sauver les enfants car la maison n’en a plus pour longtemps. Vous voyez le ton ? Ensuite, j’ai écouté Enrico Macias et ça s’est dessiné comme ça. C’est très Dada tout cela et d’ailleurs c’est l’année de Dali. Et c’est aussi une façon de rendre hommage à des gens qui m’ont aidé.(Ndlr : les paroles de la chanson de Peyrac sont à la fin de ce post, franchement, j’n’ai pas osé les mettre avant et pourtant j’adore Peyrac)

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous mettez en avant le fait que ce soit une 1ère, cela veut-il dire qu’il y en aura d’autres ?

RAPHAËL MEZRAHI. Il y a un véritable engouement pour cette nuit. Les gens appellent pour demander des t-shirts, des tasses, toutes sortes d’objets qu’ils pourraient garder en souvenir. Si vous saviez le nombre de présidents de sociétés qu’il y aura dans la salle ! Moi, je dis : « Si vous ne voulez pas être triste, ne venez pas !».

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous ne m’avez toujours pas dit quel genre de déprimé vous êtes ?

RAPHAËL MEZRAHI. Euh… j’arrondis beaucoup les angles. Je suis producteur depuis trois ans (NDLR :Troyes dans L’aube Production) et produis avec Antoine Remilleux de 20h40 Productions des artistes comme Arnaud Tsamère. Antoine connaît tout sur tout et moi, tout des artistes. En tant que producteur, je suis aussi un peu nounou donc on protège les artistes. Il m’arrive d’avoir des descentes et de me dire : «Putain, j’ai plus d’idées !». Avant et pendant la création, tout va bien, c’est après que l’artiste va mal. C’est pour cela qu’il faut toujours avoir un coup d’avance.

La marque offrira des crêpes.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cette nuit de la déprime existe-t-elle ailleurs ?

RAPHAËL MEZRAHI. Non, c’est une idée originale que l’on va essayer de vendre ailleurs. On pense également faire un Déprime Tour l’an prochain à bord d’un bus avec Catherine Lara qui jouerait du violon sur le toit. J’aime le contraste, l’élégance et le pas sérieux. J’aime le respect et déteste la vulgarité.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avez-vous essuyé des refus ?

RAPHAËL MEZRAHI. Non, mais certains artistes m’ont dit : «Pourquoi tu m’appelles ? Je ne suis pas déprimé, moi ! »

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Alors pourquoi tous ces artistes viennent-ils ?

RAPHAËL MEZRAHI. Les gens viennent parce qu’ils m’aiment bien, que je respecte leur travail et qu’ils ont envie d’une franche rigolade. Nicoletta m’a demandé : Pourquoi je ne suis pas là ? Michael Gregorio voulait faire Brel. Il y a un réel enthousiasme pour cette nuit de la déprime.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Pourquoi Renaud, qui fait partie de vos amis, ne sera-t-il pas des vôtres ?

RAPHAËL MEZRAHI. J’ai dîné avec lui régulièrement pendant cinq ans à La Closerie et je suis l’un des rares à l’appeler à L’Isle-sur-La Sorgue. Renaud aurait pu être parrain de La 1ere nuit de la déprime, mais je ne l’ai pas faite cette vanne-là.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Des politiques déprimés ou non participeront-ils à l’événement ?

RAPHAËL MEZRAHI. Oui et ils sont nombreux. Enfin, nombreux à être des politiques, mais déprimés, je ne sais pas. Rachida Dati viendra, le bureau d’Anne Hidalgo sera là, Christian Jacob qui est un copain…tous viennent.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Comment avez-vous établi votre play-list de chansons-déprime ? C’est Google qui vous a aidé ou votre culture musicale ?

RAPHAËL MEZRAHI. Ah, non, c’est pas Google ! Mon plus grand talent, c’est ma culture musicale personnelle. Je suis d’ailleurs très fier d’être le parrain des Nocturnes de Georges Lang sur RTL. Mon rêve est d’ailleurs de faire des émissions de radio la nuit sur RTL ou France Inter qui est pour moi N°1en ambiance d’écoute. Je suis un mystique du son.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Vous êtes insomniaque ?

RAPHAËL MEZRAHI. Ouais…mais surtout l’ambiance s’y prête mieux.

“MOI, JE NE PRENDRAI PAS D’ARGENT, C’EST IMPOSSIBLE !”

Ek’Oh, machine à café de Malongo, réchauffera les cœurs.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Quels titres vous redonnent le moral au point d’agir comme des médocs musicaux ?

RAPHAËL MEZRAHI. Fleetwood Mac, Bruce Springsteen dont le titre O Mary (don’t you weep) a inspiré Monique est demandée Caisse 12, Eric Clapton, Dolly Parton, Bowie, Willie Nelson…et Goldman, Renaud, Brassens, Ferré…Nolwenn qui est mon amie.

 

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Combien de temps l’organisation de cette nuit vous a t-elle demandé ?

RAPHAËL MEZRAHI. C’est marrant parce que des émissions de télé voulaient nous filmer en train de préparer cette nuit. Je leur ai répondu que s’ils venaient chez moi, ils tomberaient sur mon producteur installé derrière un ordi posé sur la table de la cuisine et moi en train de préparer des pâtes aux petits pois. Y a rien à filmer. On pourrait travailler autant en étant assis dans une 4 L. J’ai juste pris les mecs les plus pointus pour faire tout ça. Cette nuit, je l’ai faite à mon rythme. J’ai appelé pour demander des nouvelles des uns et des autres et ça c’est fait tranquillement.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Combien coûte un événement comme celui-ci ?

RAPHAËL MEZRAHI. Grosso modo 100 000 euros. C’est grâce aux sponsors qu’on peut le faire. Kleenex, par exemple, a versé 10 000 euros. Sans sponsors, on serait déficitaires de 70 000 euros. Là, tout sera amorti. Et tout le monde repartira avec des cadeaux. C’est une grosse structure : 40 techniciens, des tournages et montages de video, on est allé tourner celle de Dutronc en Corse… Tout cela a un coût. Et plus il y a de spectateurs plus les frais de catering s’élèvent…Moi je ne gagnerai pas d’argent, c’est impossible ! Tout est de l’ordre du gag, il n’est pas question de blé ! Plus que l’argent, c’est l’idée qui a séduit les artistes. Ç’a été spontané. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde repartira avec des cadeaux, artistes et spectateurs tous seront récompensés.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Mettrez-vous en place l’élection du plus déprimé de la nuit ?

RAPHAËL MEZRAHI. Non, mais on offre avec la SNCF, 20 allers simples pour Lourdes à tous ceux qui présenteront une ordonnance prescrivant des anti-dépresseurs. Il y a aura un tirage au sort pour départager les candidats.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Vous n’offrez pas le retour, vous pensez donc que leur cas est si désespéré qu’ils ne voudront pas revenir?

RAPHAËL MEZRAHI. Pas de retour, non, ils se démerdent avec Sainte Bernadette dont se sera d’ailleurs la fête le 18 février ! C’est aussi pour elle qu’on a choisi cette date.

Des lunettes Atol distribuées aux spectateurs.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Un mot sur le lieu et sur l’affiche.
RAPHAËL MEZRAHI. On a choisi Les Folies Bergères pour leur entrée qui permettra d’installer tous les sponsors qui offriront à boire, à manger, à pleurer…L’affiche, ma fille l’a dessinée comme elle avait dessiné celle de Monique est demandée…Elle adore les mangas et elle s’est encore une fois bien débrouillée.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Que ferez-vous en sortant de ce resto italien ?

RAPHAËL MEZRAHI. Maintenant, je vais écrire la soirée.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Un mot sur le conducteur de cette soirée ?

RAPHAËL MEZRAHI. Ben, y a pas de conducteur. Le fil c’est les artistes et moi je fais les virgules.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. En conclusion?

RAPHAËL MEZRAHI. Comme dirait Gérard Holz : « Mobilisez-vous !» sauf que c’est pour rien.

 

http://youtu.be/naQOhdvhbes

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Alexandra Lamy : “Même si j’ai mon mari, je ne suis pas une femme entretenue !”

Alexandra Lamy revient au théâtre dans La Vénus au Phacochère. La populaire Chouchou d’Un gars, une fille y joue trois rôles dont celui de Misia et laisse exploser son talent de grande comédienne.

Alexandra Lamy © Julien De Rosa/Starface

Alexandra Lamy © Julien De Rosa/Starface

Alexandra Lamy est arrivée à 15h pile dans ce troquet discret du IIIème arrondissement de Paris où nous avions rv. Un col roulé noir, un jean, des bottines brunes, une veste et son éternel sourire radieux pour toute parure, elle est entrée discrètement et les quelques clients ont respecté cette attitude. On ne la dévisage pas, c’est une jolie femme comme une autre. Alexandra Lamy rit et sourit beaucoup, c’est sa nature. Elle est surtout heureuse de parler de son travail malgré le bruit persistant des klaxons qui la contraint à donner de la voix. J’avais demandé 20 minutes d’interview, elle m’en a accordé 50 parce qu’elle est passionnée et que tout ce qui touche à la liberté des femmes la mobilise. J’ai donc pu l’interroger sur : La Vénus au Phacochère (au Théâtre de L’Atelier), pièce aux accents graves mais pleine d’humour qu’elle porte de façon épatante, ses rêves de théâtre et ses projets au ciné, sa version du féminisme, son indépendance à laquelle elle tient farouchement…Egalement sur des sujets que je n’avais pas prévus comme la réaction de Jean Dujardin (à l’affiche de Möbius le 27 février) face aux femmes harcelées au quotidien, la paresse de certains réalisateurs, sa sœur Audrey Lamy... En tout point, Alexandra Lamy est sincère, honnête, directe, rare.

“LA SEULE LIBERTÉ QU’ON A, QUAND ON EST CONTRAINT PHYSIQUEMENT, C’EST LA LIBERTÉ DE PENSER”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. La Vénus au Phacochère est une pièce de Christian Siméon avec qui vous avez déjà collaboraré, il y a dix ans, comment cette seconde collaboration a-t-elle été inititée ?

ALEXANDRA LAMY. Christian et moi avons en effet déjà travaillé ensemble pour la pièce Théorbe qui m’a valu une nomination aux Molières. Nous nous sommes retrouvés par hasard. Il m’a fait faire une lecture pour France Culture dans le cadre du Festival d’Avignon 2012 et ce qui n’était qu’une lecture est devenu un projet théâtral grâce, entre autres, à la directrice du Théâtre de L’Atelier. J’ai tout de suite dit oui. On a démarré trois semaines après, je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Tant mieux car je ne serais peut-être pas partie dans cette aventure.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui vous a intéressée dans cette pièce au point de ressentir le besoin de  la jouer tout de suite ?

ALEXANDRA LAMY.  Evidemment, l’écriture extrêmement drôle, cruelle, dure et fine de Christian Siméon que j’aime beaucoup. Rares sont les bons auteurs vivants, c’est pour cela qu’il faut les soutenir. Et puis l’histoire de cette femme à la Belle Epoque m’a interpellée. C’est un moment très dur pour les femmes. On est loin du droit de vote, loin d’exister de manière indépendante. A un moment Misia dit : «C’est étonnant comme les hommes s’enthousiasment des femmes qui ne sont pas les leurs et qui gagnent leur vie avec leur art». Effectivement, c’était rare et même Sarah Bernhardt est passée par des périodes difficiles avant de devenir LA grande Sarah Bernhardt. Si vous n’étiez pas mariée ou entretenue comme une cocotte par un homme riche, c’était une catastrophe !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. En quoi le sort de Misia vous parle-t-il d’un point de vue plus personnel ?

ALEXANDRA LAMY. Il me touche d’un point de vue personnel parce que j’ai conscience d’avoir eu la chance de choisir mon métier et de l’exercer librement; mais la question de l’indépendance matérielle est un sujet universel qu’on peut étendre à toutes les femmes. La Vénus au Phacochère est une réflexion sur leur liberté et leur libération. Misia est une grande pianiste bridée par son mari qui refuse  qu’elle gagne sa vie et préfère qu’elle donne des galas de bienfaisance. Surnommée la Reine de Paris, elle était entourée d’artistes et d’écrivains comme Mallarmé, Vuillard, Bonnard, Toulouse Lautrec, Renoir, Redon, Cocteau, Chanel dont elle a été une amie très proche…de personnalités qu’elle a influencées, guidées ou pour lesquelles elle a simplement posé comme modèle. Elle avait le nez pour détecter les talents et c’était un vrai mécène. Sans elle, Diaghilev n’aurait pu monter Les Ballets Russes et on voit avec quelle énergie elle tente d’imposer Bergson à son mari Thadée Natanson, directeur de La Revue Blanche. Et quand elle épousera Edwards, cet “ogre qui rit”, elle utilisera son argent pour encourager et accompagner les artistes. J’aime son indépendance d’esprit, son intelligence, son humour, sa curiosité, sa force. Elle est dépendante financièrement mais elle est libre intellectuellement. La seule liberté qu’on peut défendre quand on est contrainte physiquement, c’est la liberté de pensée.

“JE DIS À MA FILLE DE FAIRE ATTENTION QUE LES FILLES NE RÉGRESSENT PAS”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Misia, votre personnage, est choquée par le discours  De l’infériorité de la femme de Strindberg. Connaissiez-vous ce texte ?

ALEXANDRA LAMY. Non, c’est Jean-Claude Carrière qui me l’a montré. Ce texte est d’une violence inouïe ! Je n’avais pas cette image de Strindberg qui a écrit de très jolis rôles pour les femmes. C’est inimaginable ! Nous ne sommes même pas capables de faire un café car il nous est impossible de nous concentrer. Il essaie de montrer des choses techniques de notre cerveau… C’est complètement dingue !

Pendant les répétitions au Théâtre de L’Atelier. © Julien de Rosa.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous parlez de liberté et de libération des femmes, que dites-vous à votre fille de 15 ans des libertés qu’il nous reste à conquérir ?

ALEXANDRA LAMY. C’est amusant parce que je disais récemment à ma fille qu’il fallait faire attention que les filles ne régressent pas. Celles de sa génération ont une telle liberté que du coup, elles ne foutent plus rien. Je vois que leurs petits copains montent des groupes de musique, font du sport et pas mal de trucs; et  parfois, les filles passent leur temps à se regarder en photos sur Facebook et finalement ne font plus rien. Je leur dis de faire gaffe parce qu’elles sont en train, non pas de se refaire bouffer par les hommes, mais de reculer. Elles ont une telle liberté qu’elles ne se cassent plus la tête pour défendre des choses essentielles et qu’elles les oublient même. Il n’y a pourtant pas si longtemps que nos mères se sont battues pour que les femmes avancent librement et soient considérées comme des personnes à part entière. Autour de nous, dans d’autres pays, des petites filles rêvent d’aller à l’école parce que l’éducation est une vraie liberté. C’est même la première. Empêcher une fillette d’aller à l’école, c’est la priver de liberté, c’est une catastrophe !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quel type de féministe êtes-vous ?

ALEXANDRA LAMY. Je n’aime pas tenir un discours féministe de type MLF. Je trouve que ça nous sépare des hommes et  je ne suis pas pour ce genre de division. Mon féminisme tient en quelques valeurs essentielles comme l’égalité entre l’homme et la femme et la reconnaissance de droits équivalents qu’il s’agisse de vote, de salaire, de représentation politique. Ce n’est pas votre genre qui vous détermine à être apte à une fonction mais vos capacités, votre intelligence et votre travail. Je ne veux pas être virulente parce qu’il ne faut pas effrayer les hommes qui ne savent plus comment nous prendre.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous les sentez perdus ?

ALEXANDRA LAMY. Déboussolés, oui… parce que je pense honnêtement qu’on est parfois un peu plus fortes qu’eux (rires). On est capable d’avoir un boulot, d’être maîtresse, d’être mère, de vider le lave-vaisselle en passant un coup de fil important tout en disant aux enfants de faire leurs devoirs; de continuer à bosser alors qu’on est enceinte, de rentrer du travail, le soir, épuisée et de faire attention à soi, d’être encore charmante avec son mari etc…Autour de moi, je vois des hommes déstabilisés se demander à quoi ils servent, parce que les femmes gagnent leur vie et parfois mieux qu’eux. C’est pour ça que j’aime bien l’équilibre plutôt que la division.

“JE ME DEMANDAIS SI LES GENS ALLAIENT PAYER POUR ME VOIR“.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles appréhensions avez-vous eues à être seule sur scène ?

ALEXANDRA LAMY. Je n’avais jamais été seule sur scène même si dans Théorbe je l’étais, au début, pendant quarante minutes. C’est super angoissant d’être seule avec soi-même ! Ça paraît couillon dit comme ça mais, à un moment, il faut avoir un peu confiance en soi. Il n’y a plus de souffleur au théatre depuis longtemps donc…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Certains ont des oreillettes !

ALEXANDRA LAMY. (rires) Oui, merci, mais je ne suis pas encore de ceux-là ! Je les réserverai quand je perdrai la mémoire. Il faut avoir une grande confiance en soi, y aller et se dire que si on a un trou ou qu’il se passe quoi que ce soit, on est seule sans personne sur qui s’appuyer. Avant la première, j’avais une de ces trouilles ! Est-ce que je suis crédible, drôle, pas drôle ? Est-ce que ça va marcher ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez été révélée par une série de télé populaire et réussi à jouer au théâtre des pièces estimées par la critique et le public au point même de décrocher une nomination aux Molières. Un tel bond, une telle reconnaissance rarement possibles en France, ça n’efface pas les doutes ?

ALEXANDRE LAMY. Quelles que soient les récompenses, ce sont des questions que tout comédien se pose. C’est pour cela qu’on y va à tâtons. Moi, je me demandais si les gens allaient payer pour me voir sur scène, s’ils allaient aimer…Je suis traversée par le doute en permanence mais tant mieux, ça me permet de me remettre en question. Si j’étais trop sûre de moi ça me serait sans doute fatal. Ça me rappelle cette anecdote qu’on raconte à propos de Sarah Bernhardt. Une petite jeune fille lui demande : –“Vous, Sarah Bernhardt, vous avez le trac ? Et Sarah Bernhardt lui répond : “Tu verras, ça te viendra avec le talent “(rires). Donc, non, ça n’efface pas les doutes mais ça me permet de me donner des challenges et de m’encourager à y aller.

Alexandra Lamy répondant à une journaliste de TF1. © Bigmitch

“JE PARS DU PRINCIPE QUE LE SPECTATEUR EST INTELLIGENT“.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le rôle de Misia vous a-t-il demandé  beaucoup de recherches ? Comment l’avez-vous travaillé ?

ALEXANDRA LAMY. Au début je ne fais pas trop de recherches et reste sur le texte seul. Je suis beaucoup rentrée dans le texte pour m’approprier tout ce dont j’avais besoin. Ensuite, je me suis renseignée sur Misia, Thadée Natanson, La Revue Blanche, les tableaux, Alfred Edwards…Une fois riche de tout cela, il a fallu que je me l’accapare, que je l’adapte à moi. Je joue trois personnages sur scène mais il était hors de question de changer de costumes ou d’utiliser une moustache pour faire l’homme, un chapeau pour la femme. Je  pars du principe que le spectateur est intelligent. Si on lui donne les bons codes, il comprend. Il suffit que je change un peu ma voix sans verser dans l’imitation, que j’appuie un geste, une expression du visage et on comprend très vite. Pour faire Geai Simpson, l’amie de Misia, j’emprunte des attitudes de Coco Chanel, Marlène Dietrich, pour faire Thadée Natanson, le mari de Misia, je change de voix et bouge différemment. Et Misia, c’est moi ! Alors au début, ça demande au public un peu de concentration. Je sens même une espèce de flottement de sa part parce qu’on ne saisit pas bien les prénoms. Ta Geai et Thadée… on pense que c’est Ta G et Ta D…et on se dit mais pour quoi il signe Ta D alors que c’est un homme !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ces trois personnages, vous les avez abordés séparément en fragmentant le texte ?

ALEXANDRA LAMY. Non, j’ai tout appris d’un coup très rapidement en dix jours. Je ne peux travailler et tenter des choses que si je suis libre dans le texte. Avoir le texte à la main me gêne. Je me suis donc donné des dates : au bout d’une semaine, il fallait que j’en sache plus de la moitié. Pendant dix jours non-stop j’ai avalé le texte, ce qui m’a permis ensuite de trouver les codes inhérents à chaque personnalité. Plus on est précis dans ces codes mieux les gens comprennent. La Vénus au Phacochère est une pièce qui réclame beaucoup de précision et de concentration. Le soir, je me refais toujours un petit parcours avant le spectacle. Je dis que le spectateur est intelligent parce que aujourd’hui, on lui donne tellement de trucs prémâchés qu’il n’a pas le temps de réfléchir. Certains se sont dit : “Mais qui sont la Duse, Nora, d’Annunzio, Duverger, Maeterlinck… ? Mince, il faut réfléchir !”.  Mais tout le monde peut le faire et à la fin du spectacle, tout le monde est super content au point d’acheter le livre de la pièce. Ce n’est pas qu’ils ressortent plus intelligents mais ils ont appris plein de choses. L’important ce n’est pas de retenir les noms des personnes qui ont gravité autour de Misia mais la dimension sociale du texte.

 

Alexandra Lamy photographiée avec le Samsung Camera MV900 F, lors de notre rv.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Justement quelles autres questions sociales en rapport avec notre époque le texte soulève-t-il  ?

ALEXANDRA LAMY. Ce qui ressort de cette pièce, c’est aussi le harcèlement d’un milliardaire cynique qui décide qu’avec l’argent on peut tout acheter même une femme de tête comme Misia. C’est l’emprise de “cet ogre qui respire les femmes”, les dégoûte et les attire en même temps. Un genre d’homme très charismatique qui exerce son pouvoir aussi bien sur les femmes que sur les hommes et qui, bien sûr, en abuse.

“LE COMBAT DES FEMMES EST D’AUTANT PLUS DUR QUE RIEN N’EST GAGNÉ”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce qui conduit à cette scène très difficile de la voiture où Misia est agressée…

ALEXANDRA LAMY. C’est en effet une scène forte qui vient tout doucement et à laquelle on ne s’attend pas. C’est violent pour Misia parce que c’est son mari qui la précipite dans cette situation. En ne s’étonnant pas qu’Edwards offre des colliers de perles à sa femme, et en lui demandant d’aller le voir, Thadée envoie  Misia dans un guet-apens. On en revient toujours au carcans visibles ou invisibles dans lesquels les femmes étaient enfermées. Qu’il s’agisse de corsets ou de carcans moraux, sociaux…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A ce propos, Misia dit : “Les femmes aiment les carcans parce que les hommes aiment les femmes dans des carcans. Une femme qui bouge, ça fait trop peur !”  

ALEXANDRA LAMY. Effectivement, et c’est une femme qui bouge qui vous parle ! (Rires). Les hommes… enfin, certains hommes aiment bien que les femmes soient dans un cadre, très bien posées là sans bouger. Une femme trop libre effraie. Les femmes sont capables de tellement de choses ! On est assez fortes finalement. Ça n’est pas tant une force physique que psychologique et morale. On est capable de penser, de se lever pour dire non ! Merkel dirige l’Allemagne, mince ! Il y a un bond et en même temps, une régression extrêmement violente par rapport à cette reconnaisance des aptitudes de la femme. Un recul d’ailleurs souvent lié à la religion qui nous a appris à voir la femme voilée, excisée, impure…Et il y a des extrémismes dans toutes les religions. A ma connaissance, seule la religion protestante établit que la femme est l’égale de l’homme.


LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes originaire des Cévennes, vous préparez un film sur les Camisards, vous êtes peut-être protestante. De quelle façon cela guide-t-il votre vie ?

ALEXANDRA LAMY. Je suis d’éducation catholique mais je dirai que je suis devenue ou plutôt que je me sens plus protestante. Je trouve qu’il y a une vraie égalité entre hommes et femmes chez les protestants. Les femmes peuvent prêcher, les pasteurs peuvent se marier. Je trouve qu’en général c’est une religion plus tolérante. Mais à vrai dire, ce ne sont pas tellement les religions elles-mêmes qui dictent ces comportements extrêmes mais les hommes. Notre combat est d’autant plus dur que rien n’est gagné finalement quand on voit des pays comme l’Egypte où les femmes dans les années 60 portaient des jupes même courtes et qu’aujourd’hui elles sont voilées. Elles ne se voilent pas par choix mais parce qu’elles en on marre d’être insultées à longueur de journée ou carrément violées. Je ne sais pas si vous avez vu Les femmes du bus 678 ( Ndlr: de Mohamed Diab) qui raconte le calvaire des femmes agressées quelles que soient leurs tenues vestimentaires, d’ailleurs.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quelle forme de violence êtes-vous confrontée en tant que femme ?

ALEXANRA LAMY. C’est drôle car dernièrement j’ai regardé avec mon mari le film de cette réalisatrice belge tourné en caméra cachée (Ndlr :Femme de la rue de Sofie Peeters). Elle y montre tout ce qu’elle subit tous les jours dans la rue. Mon mari m’a dit (Ndlr: Alexandra Lamy prend un air dubitatif, une voix plus grave et imite Jean Dujardin) : “Oh, oh, oh, qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Ça t’arrive ? “. J’ai répondu : “Si les gens ne me reconnaissent pas, oui”. Et il refait : “Oh, oh…Ah bon ? Mais pourquoi tu ne me le dis pas ?”. J’ai dit : Mais on ne vous le dit plus ! Si je rentrais tous les soirs en disant : Dis donc, on m’a dit ci et ça ! Tu deviendrais dingue”. Et mon mari très étonné a dit :  “Ah bon ?”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Tant qu’un homme n’est pas témoin ou acteur de ce genre de comportement, il reste sceptique…

ALEXANDRA LAMY. Le lendemain, on se promène à vélo. Moi devant, il me suit. Je croise des hommes qui ne voient pas mon mari et qui ne me reconnaissent pas en tant qu’Alexandra Lamy parce que je porte un chapeau. Et ils commencent à me siffler, m’interpeller : «Psitt, hé, hé…». Et là, Jean est devenu dingue ! Il disait : “J’y crois pas, j’y crois pas !”. J’ai répondu : “Parce que tu ne fais pas attention!”.  Toutes les femmes vivent ça et on ne peut pas rentrer tous les soirs en se plaignant. Malheureusement, on s’y habitue et on n’en parle plus. Moi, ma fille me le disait, maintenant elle ne me le dit plus. En plus, c’est une grande blonde…évidemment qu’elle se fait siffler dans la rue ! Je suis encore plus choquée parce qu’elle a 15 ans ½ donc j’ai envie de les frapper ! (rires). On en revient au propos de la pièce : la vision qu’on a des femmes, les femmes-objets, les femmes qu’on a le droit d’acheter, d’utiliser.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pourquoi ne vous voit-on pas davantage au théâtre où vous avez une vraie légitimité ? Après Deux sur la balançoire avec Jean Dujardin, puis Théorbe et la nomination aux Molières vous auriez pu enchaîner les projets.

ALEXANDRA LAMY. C’est vrai, mais d’un coup j’ai eu pas mal de propositions au cinéma. J’ai aussi une vie de famille, nous avons des enfants (Ndlr : Alexandra Lamy a une fille de 15 ans née de sa précédente union avec le comédien Thomas Jouannet, Jean Dujardin a deux fils de 11 et 12 ans également issus d’une autre union) et le théâtre est peu compatible avec la vie de famille. Ça va mieux maintenant parce que les enfants sont grands et que je sais que vais aller de plus en plus vers le théâtre. J’adore le théâtre pour le théâtre lui-même et aussi parce que c’est un art qui propose de très beaux rôles de femmes, souvent plus beaux qu’au cinéma, quel que soit leur âge. Jouer Deux sur la balançoire, avec Jean c’était super pour nous mais super dur pour les enfants. On ne les voyait ni le soir ni le week-end, j’avais l’impression qu’un jour ils m’auraient appelée «madame ». Au théâtre, il faut trouver la bonne pièce qui vous correspond parce qu’il faut y aller tous les soirs. Ce n’est pas comme un tournage qui passe plus vite. J’ai besoin d’être passionnée par ce que je fais, j’aime les challenges et, disons-le, on ne m’a pas proposé que des choses comme Théorbe ou La Vénus.

Avec Jean Dujardin au Dîner de Gala du Festival de Cannes 2012.

“AU CONSERVATOIRE, J’ÉTAIS JEUNE ET BLONDE MAIS PAS DU TOUT TYPÉE JEUNE PREMIÈRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quel type de pièces vous proposait-on à l’époque ?

ALEXANDRA LAMY. On m’a proposé beaucoup de boulevards, des pièces de Guitry que j’aime beaucoup mais que je n’avais pas envie de faire parce que je les ai vues 1500 fois et que j’en ai fait beaucoup quand j’étais plus jeune. J’avais envie de rôles qui m’excitent et me donnent envie de me dépasser.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Au Conservatoire de Nîmes compte tenu de votre voix et de votre physique, dans quoi vous distribuait-on ?

ALEXANDRA LAMY.Contrairement à ce qu’on croit, rarement dans les comédies et certainement pas dans les rôles d’ingénues ni de jeunes premières. J’étais jeune, blonde aux cheveux longs et pourtant je n’étais pas du tout typée jeune première. Mon jeu et ma voix ne correspondaient pas à ceux des jeunes premières. On me donnait plutôt des rôles comme Phèdre, même si je n’avais pas l’âge du personnage.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pas d’Agnès, Desdémone, Roxane ou Doña Sol ?

ALEXANDRA LAMY. Surtout pas ! Et dans Les Liaisons dangereuses, on ne m’a pas donné à jouer Madame de Tourvel mais La Marquise de Merteuil. Ma prof du Conservatoire, est très surprise finalement que j’aie l’image d’une comédienne de comédie grâce à Un gars, une fille alors que je ne venais pas de là. C’est avec Un gars, une fille que j’ai appris le plus sur la comédie. Ç’a été ma meilleure école.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment êtes-vous parvenue à ne pas vous user après 486 épisodes d’Un gars et une fille ? Vous auriez pu attraper des tics et ne pas savoir les gommer.

ALEXANDRA LAMY. Oui, complètement. C’est pour cela que j’ai fait attention aux rôles que je prenais. Ozon (Ndlr : François Ozon, Ricky, 2009) m’a fait du bien avec Ricky en me permettant d’accéder à un autre style de personnage un peu plus dans le drame, un peu plus social aussi. Le film de Bonnaire (Sandrine Bonnaire, J’enrage de son absence, 2012) aussi m’a fait du bien, tout comme celui d’Emmanuelle Bercot (Ndlr : La Question, sketch du film Les infidèles, 2012).

Avec Jean Dujardin dans La Question/Les Infidèles © Mars Distribution.

“JE SUIS TOUJOURS SURPRISE D’ENTENDRE DIRE: POURQUOI TEL COMÉDIEN EST MOINS BON DANS CE FILM QUE DANS L’AUTRE ?”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Justement, j’ai l’impression qu’à l’exception de François Ozon, Emmanuelle Bercot et Sandrine Bonnaire, le cinéma ne sait pas vous utiliser à votre juste valeur et que le théâtre y parvient mieux.

ALEXANDRA LAMY. Exactement. Ou alors quelques réalisateurs savent…Mais on donne trop souvent de responsabilités au comédien dans les films. Je pense qu’il faudrait savoir en donner au réalisateur. Quand certains me disent : “J’aimerais que tu sois comme tu es dans le film de Bonnaire”, j’ai envie de leur répondre : “D’accord, mais tu sais me filmer comme ça, toi ? Tu sais me regarder ?” C’est ça aussi un réalisateur. Sabine Azéma a raison de dire qu’un réalisateur est quelqu’un qui sait regarder. C’est tellement facile de dire à un comédien : “Allez, vas-y “.  Encore faut-il savoir ce que tu filmes! Ozon est né avec une caméra, il vous regarde, vous chope, vous écoute dès le casting. Il saisit des choses que vous n’auriez peut-être pas soupçonnées en vous. Ozon fait un travail plein d’attention et de respect.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Ce qui est une manière de justifier les écarts de jeu que l’on trouve chez un comédien d’un film à un autre ?

ALEXANDRA LAMY. Je suis toujours surprise d’entendre dire: “Pourquoi tel comédien est moins bon dans ce film que dans l’autre ?”. Ben, oui, peut-être que le réalisateur n’a pas su le filmer, raconter une histoire, que le scénario n’était pas formidable ! (rires).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Là, vous me tendez une perche énorme. Je vous avais beaucoup aimée dans La Question, le sketch réalisé par Emmanuelle Bercot pour Les Infidèles et un mois après, j’ai vu L’Oncle Charles de Etienne Chatiliez, et là…

ALEXANDRA LAMY. Affreux !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. J’ai pensé : «Mais que diable est-elle donc allée faire dans cette galère ?»

ALEXANDRA LAMY. Complètement !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je n’ai pas compris.

ALEXANDRA LAMY. Mais… personne. C’est pour ça que Gabin disait que pour faire un bon film il fallait un bon scénario,un bon scénario et un bon scénario. Oui, il faut un bon scénario dès le départ. Le film d’Etienne n’était pas un bon scénario dès le départ.

“QUAND J’AI ACCEPTÉ L’ONCLE CHARLES, JE N’AVAIS PAS BOSSÉ PENDANT 1 AN 1/2, HONNÊTEMENT, JE M’INQUIÉTAIS”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Si vous en étiez consciente à la lecture, pourquoi l’avoir accepté?

ALEXANDRA LAMY. D”abord parce que ça fait un an et demi que je ne bosse pas…bizarrement, après Ozon. Et Ozon m’avait prévenue : “Tu vas voir après le film Ricky, tu vas mettre un an avant de bosser”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. C’est la malédiction des films d’auteur ?

ALEXANDRA LAMY. Je n’sais pas mais c’est vrai que pendant un an et demi je ne bossais pas et honnêtement, je m’inquiétais. Déjà financièrement. C’est pour cela que quand on me parle des salaires des acteurs, ça me fait rire. Financièrement, même si j’ai mon mari, mon mari ce n’est pas moi. Je ne suis pas une femme entretenue! Je ne suis pas encore Misia ! (rires). J’accepte aussi ce film parce que c’est Etienne Chatiliez avec tous ses succès, tout ce qu’il a fait même s’il a eu un ou deux films où il s’est trompé et que le casting était bon : Eddy Mitchell, Valérie Bonneton..Je me suis dit on va trouver sur le tournage. Et finalement, un scénério s’il n’est pas bon, ça se voit jusqu’à la sortie du film. D’ailleurs quand on a vu le film avec Valérie (Ndlr : Bonneton), on s’est dit : «merde ! ». Je pense qu’Etienne Chatiliez au fond, le sait. Il y a eu quelque chose qui ne marchait plus, qui n’avait plus aucun intérêt et là, c’est terrible. Vous avez l’impression d’avoir trahi votre public et pour vous, vous vous dites : “Mais je n’avais pas envie de faire ça, en fait”. Après, on se dit : Bon, c’est 1 film. C’est un peu dommage car j’avais très envie d’une comédie après avoir tourné trois films un peu plus dramatiques dont Possessions de Eric Guirado. Je voulais revenir dans une bonne comédie et c’était pas la bonne comédie. Ça fait partie de la vie des comédiens, on n’est pas convaincu du film mais en même temps, il faut bien qu’on bosse.

LEBLOGFEMMEQUIRIT.  Concernant  les projets que vous avez, est-ce difficile de vivre non pas dans l’ombre mais à côté d’une star comme Jean Dujardin ?

ALEXANDRA LAMY. Vous savez une star, euh…c’est mon mari, ça fait dix ans ! Je ne le vois pas comme une star. Nos enfants non plus ne nous voient pas comme ça. Ils nous voient comme leurs parents. Heureusement encore !

“LE PROBLÈME DES GENS, C’EST QU’ILS ME COMPARENT AVEC MON MARI”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Peut-on continuer sa carrière de la même façon quand on vit avec quelqu’un qui est de plus en plus sollicité ici comme à l’étranger ? Vanessa Paradis a très peu tourné parce qu’elle vivait à Los Angeles avec  Johnny Depp et qu’elle élevait leurs enfants.

ALEXANDRA LAMY. Il ne faut surtout pas rentrer dans la comparaison. Le problème des gens c’est qu’ils me comparent à mon mari. Il ne faut pas ! D’abord on n’a pas les mêmes rôles, jusqu’à preuve du contraire (rires), on n’est pas sur les mêmes films…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous faites beaucoup moins bien des claquettes.

ALEXANDRA LAMY (rires). Oui, je danse beaucoup moins bien les claquettes. En fait, ce sont les gens qui nous comparent. Moi, je ne me compare pas à mon mari. Nous ne sommes pas dans le même registre. C’est parce que tout le monde dit : “Oui, mais votre mari fait à chaque film un million d’entrées, et vous non !”. Oui, mais combien de comédiennes comme moi ne font pas un million d’entrées ? Comparez-moi à toutes les comédiennes qui ne totalisent pas un million d’entrées !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pensez-vous pouvoir réaliser vos rêves de comédienne ?

ALEXANDRA LAMY. Oui bien sûr !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Refuserez-vous des films parce que vous devrez sinon suivre accompagner votre mari ?

ALEXANDRA LAMY. Ben non. Ah non ! Moi je fais ma carrière. Bien au contraire, je continue ma carrière. Parfois, je sais qu’il y a des choses que je paie parce que je suis la femme de Jean Dujardin…

“JE NE SUIS PAS UNE FEMME QUI S’ARRÊTERAIT POUR SUIVRE SON MARI AUX USA”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quoi par exemple ?

ALEXANDRA LAMY (Elle réfléchit) En même temps, ça me donne une force aussi. Il faut bien que j’avance. On nous compare tellement que ça m’encourage à avancer. Et puis, mon mari et moi, on ne se voit pas comme ça. On s’est connus, on n’était pas connus. Au contraire, on se soutient beaucoup. Sinon on deviendrait dingues ! C’est pour cela que Jean fait sa carrière; moi, la mienne. Et moi, je suis une femme, pour le coup, indépendante et j’aime ça ! Je ne suis pas une femme qui d’un coup s’arrêterait parce qu’il faudrait suivre son mari aux Etats-Unis.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Vous connaissez beaucoup de comédiennes qui laissent leurs compagnons tourner loin d’elles ?

ALEXANDRA LAMY. (Rires). Je ne suis pas sûre non plus qu’il aille beaucoup aux Etats-Unis même s’il va y faire des films. Notre carrière est quand même en France. D’abord parce qu’il y a la langue et puis il ne faut pas oublier que là-bas vous êtes et restez un acteur français. Il ne faut pas avoir le rêve américain non plus. Très peu réussissent. A part Marion Cotillard, il n’y a pas beaucoup de stars françaises qui ont réussi là-bas, honnêtement. Et puis, si tout le monde quitte la France, alors que c’est nous qui avons inventé le cinéma (rires), ce serait bien triste quand même !

“JE RÊVE DE JOUER  MARIE STUART AU THÉÂTRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le théâtre est votre première famille, de quels rôles rêvez-vous ?

ALEXANDRA LAMY.  J’aimerais travailler des pièces de Victor Hugo. Je rêve d’incarner Marie Stuart que j’ai déjà travaillé au Conservatoire. Christian Siméon a d’ailleurs écrit un très beau texte sur Marie Stuart que j’adorerais faire et qui n’a pas été interprété. J’aime beaucoup l’écriture de Christian qui mêle comédie et drame. Mon mari appelle cela des dramédies. Christian sait, dans le drame, ajouter un peu de comédie. Les comédies dramatiques comme La Vénus au Phacochère, c’est que qui m’amuse le plus. On se marre et tout d’un coup on se demande ce qui se passe.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui fait rire Alexandra Lamy ?

ALEXANDRA LAMY. Oh lala, je ne sais pas, c’est difficile ! C’est un rythme, un timing, la précision. Une fraction de seconde de trop et ce n’est plus drôle. C’est un débit, une façon de parler. Quand Thadée dans la pièce parle d’aller voir la Duse dans le rôle de Nora à Rome, il dit : «Ibsen en italien comme ce doit être amusant comme Maeterlinck en allemand, souviens-t’en comme on a ri !». Dit comme ça au premier degré, ça ne fait rire personne. Les gens se braquent sur Ibsen en se demandant sa nationalité, qui est la Duse, qui est Nora ? Alors que si je le fais à fond comme je l’ai fait hier, le public ne saisit pas davantage les références, qui en elles-mêmes ne sont pas drôles, mais il se marre parce qu’il me voit partir dans un fou rire. On ne comprend pas tout mais on cromprend qu’il faut rire. C’est, dans ce cas, le rythme et l’intonation plus que le contenu qui provoquent le rire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles pièces, quels comédiens vous ont donné envie d’être sur scène ?

ALEXANDRA LAMY. Caubère m’a donné envie de faire ce métier. Je l’avais vu au Festival d’Avignon, j’ai vu sa trilogie et tout de suite  je me suis dit : “C’est ça que je veux faire !” (rires). C’était très prétentieux de ma part, très ambitieux mais j’étais fan, absolument !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Caubère est comédien et auteur. Marcher dans ses pas, ça veut dire que vous écriviez déjà?

ALEXANDRA LAMY. Oui et j’ai toujours écrit. Ma sœur (Ndlr : l’humoriste et comédienne Audrey Lamy) et moi avons dix ans d’écart donc on a eu l’impression d’être chacune des filles uniques. Etant élevées en campagne, on s’occupait beaucoup.  Je faisais des spectacles aux chèvres, aux chiens ou à mes poupées. J’étais un peu seule et j’ai beaucoup écrit.

“LA LIBERTÉ DE CULTE ET DE CONSCIENCE EST FONDAMENTALE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels sont vos projets d’écriture ?

ALEXANDRA LAMY. J’écris avec Christophe Duthuron et Jean-Claude Carrière un film sur les Camisards, ces protestants qui se sont battus contre le régime catholique de Louis XIV. Je suis en plein dans la révocation de l’Edit de Nantes, les guerres civiles religieuses, la liberté de culte et de conscience…Cette liberté-là est la seule vraie liberté qu’on a. C’est fondamental. On peut nous obliger à payer des impôts, nous contraindre à n’importe quoi mais pas à ça. La laïcité, il faut qu’on la garde ! Vous voyez, on en revient à la question des religions.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Vous jouerez dans ce film ?

ALEXANDRA LAMY. Je ne crois pas. Mon mari sans doute, ma sœur aussi, sans doute. Jean-Claude Carrière m’a taquinée en remarquant que je faisais passer ma famille mais ma sœur est une comédienne extraordinaire. On le sait quand on la voit dans Tout ce qui brille et dans Polisse, sur scène et partout. C’est la seule qui est capable de faire ce que j’attends de ce rôle. Je sais de quoi Audrey est capable, c’est moi qui l’emmenais au Conservatoire à Nîmes quand elle avait 10 ans.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui vous a décidée à l’inscrire au Conservatoire si tôt ?

ALEXANDRA LAMY. Elle était douée, elle était très talentueuse. Elle chantait, elle jouait des spectacles. C’est moi qui l’ai poussée à faire ce métier. C’est moi qui l’ai encouragée à monter à Paris puis faire le Conservatoire. Elle l’a passé et elle l’a eu ! Et là, pas question d’être la sœur de…Au Conservatoire, ils n’en ont rien à faire. Ils la prennent si elle a du talent. Il n’y a qu’une chose qui compte, le talent. Si tu n’en as pas tu te feras assassinée parce que tu es la sœur de et la belle-sœur de…Le talent, ça vient aussi avec le travail. Audrey est une comédienne et tout le monde le sait.

“MON MARI ME FAIT ENCORE RIRE, MA SŒUR ME FAIT HURLER DE RIRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles autres comédiennes appréciez-vous dans le registre comique ?

ALEXANDRA LAMY. Karin Viard est une très grande comédienne, Marina Foïs, Valérie Lemercier. Catherine Deneuve est très drôle et pas assez utilisée dans ce registre. Isabelle Huppert était très drôle quand elle faisait de la comédie. C’est dommage qu’elle ait un peu perdu ce genre. Dans le onemanshow, Foresti est extraordinaire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Chez les hommes ?

ALEXANDRA LAMY. Mon mari me fait rire encore.

LEBLOGFEMMEQUIRIT (grand éclat de rire) Oh lala vous vous entendez ? Vous dites “encore”  ! Vous auriez pu dire “toujours” !

ALEXANDRA LAMY.(rires) Quand vous vivez avec un homme vous pouvez le trouver moins drôle… mais c’est non. Mon mari me fait encore et toujours rire. Ma sœur me fait hurler de rire.

“MON HÉROS, LE FILM QUE JE PRÉPARE, CE SERA POUR JEAN ET MOI, POUR NOUS RETROUVER TOUS LES DEUX”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels comédies au cinéma vous font rire ?

ALEXANDRA LAMY. Tous les de Funès. Je suis une grande fan de Bourvil, Pierre Richard, des films d’Yves Robert, des Tontons Flingueurs et de Jean-Paul Belmondo.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels sont vos projets au cinéma ?

ALEXANDRA LAMY. On est en train de développer Mon héros avec Jean et Quad Productions. On est juste en début d’écriture. Ce sera une comédie dans laquelle je jouerai avec Jean sans faire Un gars, Une fille. Si on avait dû faire Un gars…version ciné, on l’aurait fait depuis longtemps et de toutes façons, la série ne s’y prêtait pas. Ce sera donc autre chose.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Depuis le temps Un gars, Une fille sont devenus un homme et une femme et même un mari et sa femme, non ?

ALEXANDRA LAMY. Exactement ! A la limite dans Mon héros, on retrouverait plus Un homme et une femme. Mon héros, c’est pour nous deux, pour nous retrouver tous les deux.

 

La Vénus au Phacochère de Christian Siméon, mise en scène de Christophe Lidon avec Alexandra Lamy. Jeudi 14 et vendredi 15 février à 20h, et samedi 16 février à 17h et 20h,

Théâtre de L’Atelier : 1, place Charles Dullin, 75018 Paris. Tél : 01 46 06 49 24 .(Métro Anvers).

 

 

 

 

 

 

 

 


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Leblogfemmequirit a 1 an.

Leblogfemmequirit a un an. Comme tous les bébés de cet âge, il marche ou plutôt trotte sans encore courir mais il marche. Merci à tous ceux et celles qui le suivent depuis le début et l’ont fait avancer, qui l’ont porté là où il est sur la prestigieuse plateforme  de L’ExpressStyles.fr,

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qui en parlent, qui m’écrivent des mots gentils sur mon mail (même s’ils ne laissent pas encore de commentaires sur le blog lui-même). Merci à ceux qui m’accueillent au théâtre avec un sourire, ceux qui sollicitent mon avis avant et après les shows et sont attentifs à mes remarques. Continuer la lecture

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