Les Colocataires (Saison 4), six comédiens avec qui on signerait bien un bail.

Les Colocataires (saison 4) font un tabac à La Comédie Contrescarpe quatre soirs par semaine dans un show d’impro vif et vivifiant. C’est frais, joyeux, un vrai régal ! 

Florian, Jérémy et Yohann (photo du Facebook des Colocataires)

 J’ai passé une excellente soirée hier à La Comédie  Contrescarpe où j’ai enfin vu Les Colocataires dont on me parle depuis un bout de temps. C’est un spectacle d’impro porté par six comédiens agiles et malins que je ne connaissais pas ou peu. Comme dans la série Friends ou tous ses avatars, les protagonistes sont typés, castés de telle manière qu’il est impossible de les confondre. En ouverture du show, une video présente d’ailleurs leurs portraits et le spectateur repère sans peine les travers et petites manies des uns et des autres. Continuer la lecture

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Rachida Khalil armée pour faire rire.

Rachida Khalil joue La croisade s’amuse au Petit Montparnasse. Il n’y a pas que la croisade qui s’amuse, le public aussi.

Rachida Khalil et Abderahim Khalil.

Voilà une dizaine d’années déjà que Rachida Khalil poursuit son travail de résistante par le biais du rire dont elle a fait son arme favorite. Et si la comédienne refuse l’étiquette par trop caricaturale de «militante politique», elle adopte volontiers celle de «missionnaire». Sa mission ? Dézinguer les idées reçues qui collent à la peau des uns, s’engluent à la barbe et aux turbans des autres et permettent ici et là au racisme et à l’obscurantisme de se répandre. Au-delà des modes et des événements politiques, Rachida Khalil à coups de sketches au ton jubilatoire ne lâche rien de cet humour caustique indissociable chez elle de l’engagement. C’est son fil conducteur depuis ses premiers pas sur scène… Continuer la lecture

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Arnaud Maillard, le cowboy moderne, vous connaissez ?

Le cowboy moderne, on en a toutes et tous rencontré un. Arnaud Maillard en a fait un des personnages de sa collection de losers magnifiques…

Cette chanson fait le bonheur de ceux, dont je suis, qui ont vu et apprécié “Seul dans sa tête ou presque…” le show du comédien et humoriste Arnaud Maillard  (mis en scène par Julie Ferrier), lauréat 2012 du Prix du jury au Festival du rire de Puy  Saint-Vincent.  Mes filleules à New York n’ont jamais vu Arnaud Maillard sur scène mais sont déjà folles de son personnage et perfectionnent leur français grâce à ce refrain “Qu’est-ce qu’il boit le cowboy moderne?”.

S’il est sur leblogfemmequirit c’est parce que ce Cowboy moderne attire un grand nombre de femmes (jusqu’où, là est la question !) et les fait rire. Certes, souvent malgré lui mais d’un rire qui ne s’exerce jamais aux dépens des autres. C’est déjà ça et c’est pourquoi j’adore Le Cow Boy moderne.

Simple au point de passer pour simplet, gentil presque gentillet, tellement attachant qu’on aurait tort de s’en moquer. Le Cow boy moderne vous proposera de danser dans un endroit (sic) “atypique et inédit” et vous emmènera  sur l’aire de parking d’un supermarché, sur un dancefloor improbable éclairé par les phares de sa voiture et son regard rempli d’étoiles(!!!!!). En fond sonore Love me tender comme une revendication. Combien d’hommes vous ont proposé un plan aussi “atypique et inédit” ? Ah,arrêtez de penser que c’est ridicule ! Ce serait dans Sailor & Lula vous trouveriez ça génial, alors !

Mais je suis prête à tout entendre et vous invite à me citer tous les faits et gestes des cow boys modernes que vous avez rencontrés et qui vous ont émus, surpris, amusés, agacés peut-être…

 

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Vannes pourries, comment s’en débarrasser ?

C’est l’histoire d’une valise remplie de mauvaises vannes qui a failli ruiner un festival d’humour…

Toutes les valises ne viennent pas de RTL et ne sont pas remplies de billets. Celle-ci sent la poisse. Même les flics et les démineurs les plus aguerris n’ont pas voulu s’en approcher…comme le Capitaine S  venu de Paris et chargé, entre autres, de la sécurité et des tests de fiabilité des vannes….

Super S, Captain Deminor.

Leblogfemmequirit : -Capitaine S, vous êtes le spécialiste du déminage de vannes pourries. Pourriez-vous me dire un mot sur la valise trouvée en bord de route à Puy Saint-Vincent et dont le contenu serait dangereux pour les humoristes qui l’approcheraient…

Capitaine S, Démineur de vannes : -Affirmatif, je suis le Capitaine S, de la Brigade de Détection et Répression de la Vanne Pourrie. Pour des raisons de confidentialité, je n’ôterai pas mon masque et ne peux pas vous révéler mon identité mais appelez-moi S comme Sanaka. Les vannes, j’en ai vu passer des lourdes, des grasses, des indigestes… j’aurais pu me servir et me gaver comme pas mal de mes collègues corrompus, mais j’ai refusé. Celles que j’ai vues dans la valise sont d’un goût douteux mais je ne suis pas parvenu à les déminer, à mon grand regret. Elles vont donc circuler dans tout Puy Saint-Vincent, sans doute repartir dans le train pour Paris, Lyon, Bruxelles et peut-être contaminer tout le milieu de l’humour. J’ai tout à fait conscience de l’échec de ma mission mais j’ai confiance en l’intégrité des humoristes invités au Festival de Puy Saint-Vincent qui sauront mettre ces mauvaises vannes de côté et ne pas les utiliser dans leurs spectacles. Que le Dieu de l’humour les protège”.


Karim Duval

Au même moment, au restaurant de L’Aiglière.

Karim Duval (humoriste et Lauréat du Prix de l’humour de Puy Saint-Vincent 2012) : -“Allô Warren, j’ai trouvé une valise abandonnée en bord de route. J’ai fait la connerie de l’ouvrir, je sais j’aurais pas dû ! Elle contenait des vannes, j’me suis pas méfié, elles avaient l’air bien…à l’usage elles se sont avérées toutes plus nulles les unes que les autres. Il paraît que pour s’en débarrasser il faut absolument les refiler à quelqu’un sinon elles te reviennent aussitôt et  contaminent ton spectacle ! J’ai gagné un prix l’an dernier, je n’peux pas m’planter ! Tu connais pas quelqu’un à qui il manque 5 mn de spectacle ? T’as pas un tour de magie ?

Warren Zavatta.

Warren Zavatta (comédien): -Un tour de magie, tu plaisantes, Karim ? La magie au cirque, on la laisse à ceux qui n’savent rien faire…alors t’es gentil, hein ! Bon, balance-les-moi tes vannes, je vais les envoyer à Matthieu, mon attaché de presse et  Sandrine qui est productrice, ils sont dans le train, ils n’verront rien ! Le temps qu’ils percutent, t’auras déjà terminé ton show.

Mat le brillant et Sandrine la donzelle.

Matthieu Clée et Sandrine Donzel, à bord du TGV Paris-Oulx (Italie)…

Matthieu Clée (attaché de presse): –Tu vois, j’ai un détecteur de vannes pourries. Dès qu’il y a attaque de vannes, la p’tite lumière s’allume. Alors j’appuie là, et je la transfère au premier venu.

Sandrine Donzel (productrice) :C’est génial, tu devrais en faire un sketch“Comment se débarrasser d’une mauvaise vanne ?” Envoie-la à Warren, ça lui apprendra à faire du ski pendant qu’on rame dans un train.

Warren Zavatta

Warren Zavatta (comédien) : – Zuuut, c’est quoi ce cirque, ils m’ont pris pour un bleu? La malédiction de la vanne pas drôle ne me touchera pas. A qui je vais bien pouvoir la refourguer ? Carnet d’adresses  : O, P, Q, R, S…Tiens, Sanaka !

Sanaka

Sanaka(humoriste) : -P—–, c’est quoi cette vanne ? C’est pas possible ! Je pensais l’avoir rangée dans une valise que j’ai jetée par la fenêtre, et voilà qu’elle me revient. Ça m’apprendra à jouer les super héros. C’est très dangereux une vanne pourrie. Hier soir, j’étais au resto de L’Aiglière avec Anne-Sophie Girard quand soudain quelqu’un a balancé une vanne pourrie, une espèce de réplique datée, pas drôle, enfin un truc chelou…

Anne-Sophie Girard, Sanaka et l’ombre de Paco Perez.

…là, il y a eu comme de la fumée, la main droite d’Anne-Sophie s’est mise à trembler et Paco Perez est devenu flou, puis il a disparu. J’ai souri pour donner le change parce qu’il y avait la fille du blogfemmequirit mais j’en menais pas large. Dans ces cas-là, il faut être ultra-vigilant et se méfier de tout le monde…

Foudil Kaibou et Arnaud Maillard

Au même moment dans le TGV Paris-Oulx…en route pour Puy Saint-Vincent…

Foudil Kaibou (humoriste) : -Nono, y a un mec qui s’approche de nos sacs, je suis sûr que c’est pour y déposer des vannes médiocres. C’est la saison des mauvaises blagues, je crains le pire.

Arnaud Maillard (humoriste): -T’en fous, souris, on est sur leblogfemmequirit.

Anne-Sophie Girard et Sebastian Marx

…et en bas des pistes, attablés à un restaurant.

Sebastian Marx (humoriste from New York): -Have you heard about the “vannes pourries” ?  It’s really amazing because actually “vannes pourries” is just something we don’t have in our shows in the USA. Is it what you call “L’exception française” ? (Traduction : T’as entendu parler des vannes pourries ? C’est vraiment étonnant parce qu’en fait, dans nos spectacles aux Etats-Unis, il n’y a jamais de vannes pourries. Est-ce que c’est ça  “l’exception française”?)

Anne-Sophie Girard (humoriste) : – Pas maintenant, Seb, souris ! Il y a la fille du blogfemmequirit, j’te raconterai plus tard.

Bernard Lubrano, co-fondateur du festival et Sandrine Donzel.

Sandrine Donzel (productrice):-Bernard, on a un gros gros problème ! Une valise de mauvaises vannes a été balancée par on-sait-pas-qui. Je sais pas, c’est peut-être un festival concurrent du tien. La valise s’est ouverte et elle contamine tous les humoristes. Qu’est-ce qu’on fait ?

Bernard Lubrano (co-directeur et co-fondateur du festival): -Tais-toi et souris, y a la fille du blogfemmequirit. Refile-la à Nelson, il n’a pas de spectacle, ça ne lui fera pas de mal .

Nelson Montfort et Sandrine Donzel.

Sandrine Donzel : -Nelson, t’as pas grand chose à faire : tu montes sur scène et tu balances la vanne, c’est la seule façon de rompre le sortilège. Il faut que ce soit quelqu’un de pas drôle qui le fasse.

Nelson Montfort (journaliste) : -J’te remercie, si je suis pas drôle pourquoi tu m’invites à un festival d’humour ?

Sandrine: -Mais j’voulais pas dire ça Nelson, bien sûr que t’es drôle mais c’est pas ton métier ! T’es sur France 2, tu n’vises pas L’Olympia, non ? Alors tu risques rien en montant sur scène et en faisant un four !

Nelson Monfort : -Tu es absolument charmante, c’est très généreux de ta part mais je le répète : les vannes, c’est pas du tout mon fort. Pourquoi ne la donnerais-tu pas à Stan, c’est le dernier à passer dans la sélection des humoristes, on n’y verra que tu feu !


Stan

Stan (humoriste):- Quoi, you wanna fuck my show ? Regarde-moi bien, j’ai une tête à récupérer les vannes pas drôles tombées d’une valise ? Mon show s’appelle “Stan n’est pas dupe”, ne l’oublie  pas. J’suis italien, moi, on n’plaisante pas avec ça dans ma famiglia d’humoristes. Si j’étais toi, la valise, je l’assommerais, je la planterais de trois bons coups de couteau, je l’attacherais à un bloc de béton et je la ferais couler dans l’eau. Le problème, c’est qu’on est en pleine montagne, je vois pas comment tu peux la couler ta valise à moins de faire fondre un glacier. Y a bien une autre technique…

Sandrine la donzelle sacrifiée en bombe glacée.

…dite de la bombe glacée. Tu attrapes une blonde et tu la recouvres de neige jusqu’à ce qu’elle hurle une par une les vannes pourries. Mais c’est long, c’est bruyant, il faut trouver une blonde consentante et puis ça salit le sol. Sacrifier une blonde, ça passe encore mais abîmer le lino…non, j’peux pas.

Karim Duval et Alex Barbe.

Karim Duval : -Alex, je monte sur scène dans 30mn, t’es le seul en qui j’ai confiance. Prends une demi-vanne pourrie, juste une petite et tu la refiles aussitôt en touchant l’épaule de quelqu’un, comme ça.

Alex Barbe (humoriste) :- Mais je joue pas ce soir, Karim, j’ai joué avant-hier ! Mon show s’appelle “Alex Barbe nique le stand-up”, de quoi j’aurai l’air si mon texte est bancal ? Y a un bail que je suis vacciné contre les vannes pourries. Non, mec, le seul truc c’est de la refiler à quelqu’un pendant son sommeil. La personne doit rester immobile pendant qu’elle dort sinon ça foire. Hé, Karim, gare aux effets secondaires !

Paco Perez et Sofia Sykopoulos.

Paco Perez et Sofia Sykopoulos semblaient être des cobayes parfaits. Ils dormaient profondément, la tête penchée dans le même sens, mais….

Paco Perez et Sofia Sykopoulos.

…sans qu’on sache pourquoi, au même moment, leurs têtes se sont éloignées et ce seul mouvement les a rendus hermétiques à la vanne pourrie. Il a donc fallu chercher d’autres victimes…

Ambroise Michel et Régis Vallée.

Ambroise Michel, comédien de Plus belle la vie et son ami d’enfance Régis Vallée (actuellement dans Roméo et Juliette au Théâtre des Béliers Parisiens) n’avaient ni one-man-show à défendre ni l’ambition de monter sur scène lors du Festival de Puy-Saint-Vincent. C’est donc sans aucun scrupule que Karim Duval leur toucha l’épaule pendant leur sommeil et psalmodia les incantations censées le délivrer de la malédiction de la vanne pourrie. Quelques heures plus tard, les très discrets Ambroise et Régis se sont transformés en animateurs de foire et se sont mis à sautiller en chantant une chanson facile…

Régis Vallée et Ambroise Michel envoûtés, Karim Duval délivré.

…qui parlait de boîte, de sardines chantantes, d’huile et d’aromates…La malédiction de la vanne pourrie était enfin éloignée et Karim Duval a pu tranquillement monter sur scène, enflammer le public de la salle Bonvoisin à Vallouise et recueillir les applausissements mérités de tout comédien qui sait éviter les vannes faciles et les blagues pourries. Bravo Karim ! FIN

Merci à tous les protagonistes involontaires de cette fiction dont les photos ont été shootées avec le Samsung Camera MV 900 F à l’exception de Sandrine sous la neige. Dans l’ordre d’apparition Karim Duval joue D’un commun accord au Nombril du monde à Lyon,Warren Zavatta achève sa tournée et sera à la rentrée de septembre entouré d’autres artistes dans un nouveau spectacle produit par Dany Boon, Matthieu Clée est l’attaché de presse qui ouvre toutes les portes, Sandrine Donzel, la productrice qui va compter. Pendant qu’Anne-Sophie Girard fait sa crâneuse (le titre de son show) au Bout, Sanaka est L’indigné presque parfait au Bout également et Foudil Kaibou est L’Arabe qui cache la forêt au Café Oscar, les vendredis à 20h30. Arnaud Maillard est en tournée, Sebastian Marx joue  “A New Yorker in Paris” au SoGymnase à Paris tous les vendredis à 20h, Alex Barbe joue du jeudi au samedi à 19h à La Comédie des Boulevards, Bernard Lubrano joue dans Le Cri du radis au théâtre Gulliver à La Ciotat, Nelson Montfort reste sur France Télévisions et n’envisage pas de faire du one-man, Stan joue Stan n’est pas dupe au Panache, à Marseille ce soir puis le 29 janvier aux Tontons flingueurs à Lyon, Sofia Sykopoulos sera du 20 au 23 février au Koek’s à Bruxelles dans Come on 40, Paco Perez joue Paco dans Paco à La Contrescarpe, à Paris. Ambroise Michel est toujours Rudy dans Plus belle la vie et Régis Vallée joue dans Roméo et Juliette au Théâtre des Béliers Parisiens. Retrouvez toutes les dates et tous les horaires sur BilletRéduc.com

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Chris Esquerre croisé par hasard…

Chris Esquerre est quelqu’un d’appliqué à la télé, sur scène et même dans sa loge…

Je suis occupé, là, si vous pouviez repasser…plus tard

Avant un show, certains repassent leur texte, d’autres leur pantalon…chacun son style. Chris Esquerre a trouvé le sien et il fait mouche tant à la télé, tous les vendredis dans le Grand Journal sur Canal + que sur la scène de la grande salle du Grand Point-Virgule  où l’on peut l’applaudir tous les dimanches à 18h ainsi que les samedis 2 février et 2 mars. Depuis septembre, il sévit également sur les ondes de France Inter dans l’émission On va tous y passer de Frédéric Lopez.  Je l’ai surpris un dimanche à 17h, une heure avant son show dans sa loge un fer à la main. Chris Esquerre s’est montré charmant et plutôt détendu. Deux raisons qui font que j’irai bientôt le voir.

Si vous aussi  vous aimez Chris Esquerre, si vous l’avez vu à la télé ou sur scène n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Le Grand Point-Virgule : 8 bis, rue de L’Arrivée, 75015 Paris. Tél : 01 42 78 67 03. (cette photo a été shootée avec le Samsung Camera MV900F)

 

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Foudil Kaibou, humoriste, remporte les 3 prix du Festival de Puy Saint-Vincent.

Foudil Kaibou a embrasé le festival en interprétant un spectacle qui lutte contre les clichés avec humour, tendresse et férocité.

Heps, Foudil, vous reprendrez bien une petite coupe ?

Fait rarissime depuis sa création, le Festival du Rire de Puy Saint-Vincent dont la 22 ème édition s’est achevée vendredi 18 janvier, a triplement récompensé Foudil Kaibou, comédien de 33 ans  dont c’est le premier one-man-show. Sans se concerter, les trois jurys (des professionnels du spectacle, de la presse et du public) sont tombés d’accord pour faire de ce newcomer la révélation de ce rendez-vous. Jurée de ce festival, j’ai eu l’occasion de voter pour ce très généreux comédien dont je reparlerai.

L’Arabe qui cache la forêt, spectacle que Foudil  joue actuellement au Café Oscar évoque les racines de son auteur et interprète, les clichés auxquels on les rattache, les inconvénients et avantages à être arabe et soulève la question de l’intégration. Avec habileté et beaucoup de panache, Foudil s’attaque même à des questions épineuses (Al Qaida, entre autres) rarement traitées par la nouvelle génération de comédiens d’origine maghrébine qui trop souvent élude ce genre de thèmes et préfère débiter des vannes consensuelles autour de thèmes rebattus. Il y a de la harissa et de la moutarde dans les répliques de ce jeune auteur charismatique dont le jeu est à la hauteur du texte qu’il livre. Les amateurs de comédie qui ont déjà applaudi Foudil Kaibou dans Couscous aux lardons, pièce à succès qu’il interprète depuis plusieurs années au Théâtre Montorgueil, apprécieront de voir le comédien seul sur scène mais toujours habité du même feu.

Où et quand voir Foudil Kaibou : L’Arabe qui cache la forêt de et avec Foudil Kaibou vendredi 25 janvier, 1er, 8 et 15 février à 20h30 au Café Oscar : 155, rue Montmartre, 75002 Paris. Tél : 01 42 21 09 61. (Foudil Kaibou est photographié avec le Samsung Smart Camera MV 900 F)

 

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Desigual et sa seminaked party, un événement totalement incorrect ?

Mercredi 9 janvier, date d’ouverture des soldes, Desigual, marque de vêtements espagnole invitait ses fans à entrer en sous-vêtements dans l’un de ses magasins pour en ressortir totalement habillés.

 

Inaugurée à Lyon l’an dernier et passée également par Barcelone (berceau de la marque), Lisbonne, Berlin, Londres, Amsterdam, New York et San Francisco, cette seminaked party (fête à moitié nue) aurait réuni lors de sa première édition en France près de 4000 fans. Un succès qui a encouragé la direction de ce label de vêtements très très colorés, dont la devise est “La vida es chula” (la vie est chouette!) à lancer l’opération à Paris. Pour y participer, les fans devaient s’inscrire sur Facebook puis, pour les 100 premiers d’entre eux, grimper dans un bus stationné place de La Concorde à 7h30. A bord, l’organisation les a invités à se déshabiller (puisqu’il est interdit de le faire en pleine rue) au rythme d’airs entraînants mixés par un DJ avant de gagner le boulevard des Capucines, non sans avoir sillonné quelques rues et fait beaucoup de bruit pour se faire remarquer.  Les 100 premiers “chanceux” ont eu droit de pénétrer à 9h30 dans le Desigual store et d’en ressortir habillés de pied en cap. La belle affaire !

(Video de la seminaked party de Lyon, 2012).

Les JT ont relayé l’info, images à l’appui, sans s’inquiéter de la portée de cet événement qui en soi n’en est pas un. Pourquoi j’en parle, alors ? Parce je trouve détestable et humiliant d’échanger des fringues contre de la nudité -fut-elle partielle- et l’exhibition de chair. C’est d’autant plus détestable à une époque ou d’autres femmes dans le monde se servent de leur nudité partielle ou totale pour revendiquer des choses autrement plus essentielles. Existentielles même. Nudité qu’elles exposent à tous les dangers, de l’incarcération aux punitions les plus avilissantes. Qu’il s’agisse des Pussy Riot en Russie, des Femen en Ukraine ou encore, quoique moins dangereusement, de ces manifestants québécois nus (hommes et femmes réunis, cette fois) et étiquetés d’un carré rouge qui protestaient le 7 juin dernier à Montréal conre l’augmentation des frais de scolarité. Leur nudité a un sens voire une mission. Elle est un rempart contre l’indifférence qu’on renvoie à leurs revendications, un tableau vivant parfois de l’ordre du happening arty sur lequel est inscrit leur refus de céder, plier et renoncer.  C’est un cri de l’ordre de la plainte  et de la douleur même s’il semble être lancé sur un ton joyeux. Cette audace-là ne s’achète ni ne se négocie à vil prix. Voilà le sens de ces maNUfestations.

J’ai demandé à interviewer Rina Porta, Responsable de la communication de Desigual annoncée à Paris ce jour-là et approcher quelques participants…Pas de réponse du bureau de presse malgré mes mail et  relance téléphonique. Dommage. J’aurais tant aimé lui demander comment on en arrive à penser des choses aussi dégradantes en pleine crise et, de surcroît, en plein hiver. Combien coûte cet événement et combien aurait coûté la même “prestation” confiée à des mannequins rétribués pour défiler ou simuler une seminaked party ? J’aurais aimé savoir d’où viennent ces garçons et ces filles levés aux aurores pour récupérer une tenue composée “d’un haut et d’un bas”. Piètre récompense compte tenu de la promo faite à la marque. Et des possibles répercussions négatives. On le sait, rien n’échappe à Facebook et je plains celles et ceux qui, peu soucieux de leur e-réputation, essuieront le refus d’un recruteur qui leur dira au mieux: “Votre participation semi-nue à cet événement n’est pas compatible avec les valeurs  et l’image de notre maison”. Au pire et sur un ton salace : “J’vous ai déjà vu(e) quelquepart mais vous étiez moins habillé(e), j’me trompe ?”. J’aurais tant aimé connaître leur milieu social, leurs espoirs, leurs envies et peut-être leurs (dés)illusions… Surtout connaître leur motivation : le jeu, le défi, la provocation, l’exhibitionnisme, l’ennui, l’impérieuse nécessité d’avoir un vêtement neuf à porter, la pauvreté, le mimétisme, le masochisme, l’inconscience, l’amour inconsidéré de cette marque…Une de ces raisons ? Plusieurs ? Toutes ? N’ayant pas été invitée à approcher Rina Porta ni les participants, c’est finalement moi qu’on a invitée à aller se rhabiller.

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Valérie Lemercier et Sophia Aram deux femmes puissantes en couv’ de Télérama

Valérie Lemercier et Sophia Aram font l’une après l’autre la couv’ de l’hebdo Télérama et définissent chacune dans son style l’essentiel de leur art fait d’exigence et de vérité. Un vrai bonheur !  

Je suis toujours très heureuse de voir les gens que j’apprécie en couverture de Télérama. Quand c’est le cas deux semaines de suite, je jubile. Sophia Aram et Valérie Lemercier posent ces deux dernières semaines en une du plus ambitieux des hebdos télé et s’y livrent avec le même ton savoureux qu’on apprécie dans leurs chroniques et leurs shows. L’une(Valérie Lemercier interviewée par Louis Guichard dans Télérama n°3287 daté du 12 au 18 janvier, actuellement en kiosque) sur fond rose, l’autre (Sophia Aram interviewée par Valérie Lehoux dans Télérama n° 3286 daté 5 au 11 janvier 2013, disponible sur le Net) sur fond noir et blanc. L’une pose comme pour une couverture de magazine féminin, shootée par Benoît Peverelli, habillée dans le style couture qu’elle affectionne, un bouquet de roses à la main. Mi-souriante mi-sérieuse et irrésistiblement glam. L’autre affiche un sourire coquin devant l’objectif de Jean-François Robert tout en repoussant les murs d’un couloir -pour mieux montrer qu’elle ne se laisse pas enfermer ? L’une et l’autre disent l’exigence de leur art, évoquent leur travail sans concession, l’expression d’une liberté jamais définitivement acquise et pour laquelle il faut toujours se battre quels que soient les chemins empruntés. Extraits.

VALÉRIE LEMERCIER…à propos de ses choix artistiques.

Louis Guichard : Vous n’avez jamais voulu faire filmer ou enregistrer vos prestations sur scène. Est-ce un caprice de diva ?

Valérie Lemercier : Mains non! La scène, c’est ce que je fais le mieux, et j’ai envie qu’on ait une juste idée de ce que j’y joue. Plus que par une captation, je serais intéressée par les nouveaux systèmes de retransmission en direct dans les salles de cinéma. Au moins, les spectateurs sont captifs. Car le problème, c’est la gradation; Des choses très choquantes passent bien au bout d’une heure vingt de spectacle, mais je refuse qu’on les diffuse sur Rires et chansons à 9 heures du matin, sorties de leur contexte et saucissonnées. Je peux être trash, dire des choses atroces, mais il y a un ordre, une progression, que je cherche d’ailleurs les premiers soirs avec le public.

A propos de l’humour qui ne passe pas toujours…

Louis Guichard :Regrettez-vous votre sketch moqueur sur Juliette Binoche, réalisé pour les César en 2010 ?*
Valérie Lemercier : Non. Je suis solidaire de mes collègues, mais on a aussi le droit de taquiner certaines d’entre elles. J’avais écrit un sketch sur Anouk Grinberg dans sa période Bertrand Blier, mais je ne l’ai finalement pas joué. Marion Cotillard, c’est fait, pour les César aussi, l’année de La Môme. En ce moment je serais plutôt tentée par Monica Bellucci… Les actrices me passionnent. C’est toujours intéressant d’étudier leur style, ce qu’elles montrent et ce qu’elles cachent. Leur façon de communiquer, de paraître, ce qu’elles veulent dire d’elles. Je ne parle pas des rôles mais de tout le reste. On se trompe très souvent sur l’image qu’on renvoie quand on est célèbre. On met en avant des choses de soi qui ne sont pas forcément les mieux. On cultive la sophistication, on cherche trop à cacher ce qui est humain, or c’est peut-être ça qu’il faudrait montrer.

(*NDLR : L’humoriste commente la réaction de Binoche dans le magazine Marie-Claire de décembre 2012 dans une interview accordée à Fabrice Gaignault : “Son agent m’a engueulée. Elle a fait dire qu’elle ne l’avait pas regardé. Elle ne pourra jamais le voir car il a été censuré dans le DVD de la cérémonie. Les gens du milieu qui se marraient aux répétitions se sont désolidarisés de moi. Depuis, je suis tricarde aux César. C’est con, j’aimais bien présenter la soirée“). Retrouvez cet entretien sur le site de Télérama en cliquant sur ce lien :Valérie Lemercier 

SOPHIA ARAM…A propos du rire comme  arme de résistance.

Valérie Lehoux : Chez vous, le rire n’est jamais gratuit. Il est une forme de résistance ?
Sophia Aram : En tout cas, il permet d’aborder des sujets graves ou polémiques plus librement que sur un ton sérieux. Et il permet de se faire mieux entendre, y compris par ceux qui ne partagent pas vos idées. Regardez la façon, toujours très pesante, dont sont habituellement abordés les problèmes religieux… Le rire dédramatise, sans rien édulcorer ! Avec l’humour, on peut même aller très loin, bousculer les esprits et les convictions. Récemment, une jeune femme, très émue, m’a raconté qu’elle s’était servie d’une de mes chroniques sur le mariage pour tous pour annoncer à ses parents son homosexualité. J’en ai eu les larmes aux yeux.

A propos des limites du rire.

Valérie Lehoux : Quand vous écrivez, vous imposez-vous des limites ?
Sophia Aram : Je m’interdis d’attaquer quelqu’un sur son physique ou sa famille. Tout ce sur quoi il n’a pas prise.

A propos de ses confrères. 

Valérie Lehoux : Quand, ensuite, vous avez débarqué sur la matinale, France Inter était encore agité par son départ et celui de Stéphane Guillon…
Sophia Aram : Le climat était très tendu. Mais quand Philippe Val – que je ne connaissais pas – m’a proposé cette chronique (pour remplacer Raphaël Mezrahi et Gérald Dahan, qui venaient d’y faire un passage éclair), il m’a assurée d’une totale liberté. J’ai envoyé un texto à Didier, qui m’a dit : « Vas-y, camarade. » Pour l’instant, je n’ai pas eu à me plaindre de la moindre pression. En revanche, j’ai la sensation que Stéphane Guillon m’en veut. Quand on l’interroge sur moi, il répond : « J’aime beaucoup Gaspard Proust ! » 

Retrouvez l’intégrale de cette interview en consultant le site de Télérama en cliquant sur ce lien : Sophia Aram

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Warren Zavatta, le clown émouvant qui rhabille le cirque.

Warren Zavatta, héritier iconoclaste de la dynastie Zavatta raconte son histoire d’enfant de la balle pas très emballé à l’idée de faire du cirque, ce soir en ouverture du 22ème Festival de Puy Saint-Vincent.

 

“Mes parents m’ont élevé comme une otarie préparée au jonglage. J’arrive à cirer mes pompes en me brossant les dents avec des massues, un cerceau et des balles”...ainsi s’exprime Warren Zavatta géant de deux mètres, “trop grand pour entrer dans une caravane” à l’allure tour à tout effrayante et séduisante dans un show à sa démesure : franc et émouvant, drôle et caustique.

Son nom de famille attire à coup sûr tous ceux qui ont applaudi et aimé le cirque de son grand-père Achille, fondateur du cirque du même nom. Ceux-là viendront sans doute en espérant revivre quelques heureux souvenirs d’enfance peuplés de numéros d’éléphants, de lions, d’écuyères, de jongleurs, d’acrobates et de clowns…Ils trouveront un peu de ça, sans les animaux, le seul animal mis à contribution étant Warren lui-même qui nous narre par le menu son éducation ou plutôt son dressage au cœur de cette dynastie.  Mais à bien regarder l’affiche de son spectacle, c’est à un autre cirque que convie Warren Zavatta, héritier iconoclaste qui se libère sur scène en parole et en actes (oui, il sait jongler, marcher  sur une balle, cracher le feu et donner à voir selon le vrai sens du mot spectacle) d’un héritage encombrant pour qui n’a jamais voulu embrasser la profession d’artiste de cirque. Sur l’affiche donc, un clown totalement chauve, sans make up avec pour seul attribut rappelant sa spécialité: un nez rouge… d’où s’échappent des gouttes de sang. Le ton est donné.

On le comprend très vite, le cirque de Warren Zavatta est intérieur, nourri d’émotions et de larmes, de coups de gueule, de révolte et, fondamentalement, au-delà des comptes qu’il règle avec ses ascendants, de beaucoup d’amour. Bien écrit, enlevé et culotté, tellement drôle, le show de Warren est une invitation à la parade où défilent les animaux et les artistes vus de la coulisse. Ah, on ne regardera plus de la même façon les numéros des magiciens : “Quand tu ne sais rien foutre, tu fais de la magie!”. On se régale de jeux de mots bien balancés : “Je ne sais pas  jouer de la trompette comme pépé, je n’ai pas le talent d’Achille”;  on rit du pedigree des artistes : “Le cirque, tu rentres pas comme ça si tu n’as pas un casier judiiaire ou une malformation”...On s’attendrit sur Marcel le lion qui réclame des soins un peu particuliers : “Moi, dit Warren Zavatta, je suis obligé de suivre une thérapie pour avoir des cachets pour le lion Marcel shooté au Lexomil“. On fait corps et cœur avec cet artiste qui pour s’affranchir de son héritage et enfin exister réussit à tuer le père, le grand-père avec brio. En se servant du nez rouge comme d’un fil rouge pour dérouler son histoire, Warren Zavatta touche tous ceux et celles, amateurs de cirque ou non, qui reconnaîtront malgré les coups portés un magnifique hommage au grand-père Achille.

Warren Zavatta, ce soir à 20h30 à la Salle des Fêtes de L’Argentière La Bessée (05)

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Alexandre Barbe : “L’humour est un bon plan pour se faire de la thune”.

Lauréat 2012 du Festival du Rire de Puy Saint-Vincent, Alexandre Barbe est invité le 16 janvier* à y jouer l’intégralité de son show dans lequel il met en scène son avatar “con et prétentieux”.

Alex Barbe photographié par Mathieu Buyse.

Ne vous fiez pas à son air de tête à claques, Alexandre Barbe est une bête de concours qui rafle tous les prix des festivals d’humour. Lauréat 2011 du festival Humour En Capitales de Paris, et du Festival du Rire en montagne de Puy Saint-Vincent, ce comédien formé à l’Ecole du Cirque Annie Fratellini puis à celle du Théâtre Chaillot a le sens de la formule et celui du rythme. Son show est vif, drôle et décapant. Alexandre Barbe ne se moque de personne d’autre que lui même, c’est cela qui fait son charme et son succès. Parce qu’il m’a fait rire, j’ai voulu savoir ce qui faisait rire Alexandre Barbe qui a préféré laisser répondre son personnage schizo et infréquentable. Continuer la lecture

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