Gad Elmaleh : “J’aimerais que mon prochain spectacle soit la conséquence d’une forme d’accident”

Gad Elmaleh avait annoncé un show pour 2012 mais c’est au ciné qu’il montre sa bobine. Pari gagné: Un bonheur n’arrive jamais seul, dont il partage l’affiche avec Sophie Marceau a rassemblé 500 000 spectateurs en une semaine. Un succès qui ne l’empêche pas de réfléchir à la façon dont il pourrait surprendre et, comme chaque fois, ravir ceux qui rêvent de le revoir sur scène.

Gad Elmaleh dans Un bonheur n'arrive jamais seul©Christine Tamalet


LE CONTEXTE :  Gad Elmaleh répond à une interview de Benjamin Locoge, journaliste à Paris Match (page 10 du n° daté 21 juin 2012)

BENJAMIN LOCOGE : –“Pour vous, le danger, du coup, n’est-ce pas de vous installer dans un certain confort ?

GAD ELMALEH : -Surtout pour le métier d’humoriste ! Il faut se recharger, observer ce qu’il se fait autour de nous. Il faut être à l’écoute pour restituer et inventer, faire en sorte que notre matière ne soit pas une déclinaison de notre marque de fabrique. Humoriste, c’est une invention permanente. J’aimerais que mon prochain spectacle soit la conséquence d’une forme d’accident. J’ai choisi le stand up parce que c’est ce que faisaient les gars que j’admirais. Il y a eu Philippe Caubère avant mon premier spectacle, puis Jerry Seinfeld, j’espère que le prochain sera autre chose”.

Pourquoi reprendre cette citation sur leblogfemmequirit ? Si je suis peu surprise de voir sur scène des jeunes humoristes pas prêts (ce qui n’est pas très grave en soi), je suis stupéfaite de constater que certains d’entre eux n’ont pas l’intention de le devenir (ça, c’est gravissime!). J’ai vu un tas de shows paresseux ces derniers temps qui m’ont littéralement épuisée (je ne parle pas de Marie Lanchas dont le show “C’est demain que je sors?“, à la Comédie des trois Bornes, m’a beaucoup plu). Et je suis triste de constater que ce ne sont pas les meilleurs artistes qu’on met en avant dans les télés, les radios et les théâtres qui rassemblent un public, lui aussi paresseux puisqu’il est prêt à étancher sa soif avec n’importe quel breuvage insipide. Alors quand je lis les mots de Gad Elmaleh, je comprends comment et pourquoi il est là où il est. Et je devine qu’il ira encore plus haut et plus loin. J’espère  que tous ceux et celles qui rêvent d’Olympia et de marcher dans ses pas méditeront les paroles de Gad et travailleront dans une autre direction, avec une autre intention, plus de conviction, davantage de désir et finalement de rage.


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Charlotte Gabris : “Il y a un mec dans mon village qui est à la fois prostitué et client. Du coup, il a inventé la masturbation payante”

Combien de plaisanteries drôles existe-t-il sur la prostitution ? Je n’aurais pas relevé celle de Charlotte Gabris si  je n’étais pas depuis quelques jours préoccupée par la question de son abolition.

Charlotte Gabris (photo du site de l'artiste)

 

Le contexte : Charlotte Gabris, humoriste suisse pratiquant le stand-up, membre du Jamel Comedy Club et chroniqueuse chez Drucker s’adresse à Eric Antoine, invité de l’émission Faites entrer l’invité sur Europe 1, lundi 2 juillet.  La jeune femme se dit admirative d’Eric Antoine  capable de “faire plein de choses à la fois…comédien, magicien et humoriste”. Cette triple casquette lui rappelle son cordonnier qui est également serrurier mais, hélas, “confond tout à la fois”. Dernièrement, le cordonnier/serrurier de Charlotte Gabris lui a rendu une clé passée au cirage et sur laquelle il avait fixé des lacets ! Charlotte Gabris poursuit dans l’absurde et en arrive à ce fameux prostitué/client…“Il y a un mec dans mon village qui est à la fois prostitué et client en même temps. Du coup, il a inventé un nouveau concept: la masturbation payante”.

Pourquoi publier cette citation sur leblogfemmequirit ? Je suis tombée dessus par hasard en zappant sur mon poste de radio (pour ceux qui ne comptent pas réécouter toute l’émission, l’extrait se trouve à 62 mn11 secondes) et ça m’a amusée. Sans doute parce que j’étais en train de me demander, comme beaucoup d’entre nous, par quels moyens Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes comptait abolir la prostitution. Je m’étonne d’ailleurs qu’on parle de prostitution et non DES prostitutionS. J’étais en train de me demander s’il valait mieux abolir, prohiber ou réglementer et je m’égarais quand j’ai entendu Charlotte Gabris. Sa réflexion a sonné le glas de la mienne et je suis passée à autre chose.

C’est une bonne vanne qui, pour une fois, ne stigmatise pas la prostituée. C’est une bonne vanne parce que le client est à la fois ridicule et attendrissant et que d’où qu’on la raconte (du côté de ce dernier comme de celui de la travailleuse du sexe) elle est drôle, hors du jugement et de la condamnation. La prostitution n’est ici qu’un prétexte pour étirer un raisonnement par l’absurde. D’ailleurs, je ne suis même pas sûre qu’elle  parle de prostitution. Pour moi, elle est davantage l’illustration loufoque du proverbe “On n’est jamais mieux servi que par soi-même”. Alors, peut-être la trouvera t-on  politiquement correcte et peu dérangeante…mais sur les questions relatives à la prostitution, ça ne me dérange pas qu’on ne cherche pas à me déranger.

Où l’applaudir ? Charlotte Gabris reprendra son show “Comme ça c’est mieux !” mis en scène par Jarry  du 5 au 8 septembre à La Compagnie du Café-Théâtre à Nantes, puis les jeudis, vendredis et samedis du 13 septembre au 29 décembre au Théâtre de Dix-Heures à Paris.

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Roselyne Bachelot : “Méfiez-vous des moches, elles se donnent du mal !”

Roselyne Bachelot, ex-ministre et députée du Maine-et-Loire et, selon la rumeur, future chroniqueuse chez Laurence Ferrari sur Direct 8, est l’une des rares personnalités qui ne craignent pas d’égratigner publiquement et avec humour leurs amis comme leurs ennemis. Ce qui est assez logique puisqu’en politique les premiers se confondent souvent avec les seconds quand ce ne sont pas carrément les mêmes.

 

Le contexte : Roselyne Bachelot, qui vient de publier A feu et à sang-Carnets secrets d’une présidentielle de tous les dangers (Flammarion), était l’invitée de l’émission dominicale “Il n’y en a pas deux comme elle, le dimanche 1er juillet sur Europe 1. Dans l’extrait qui suit, elle ne parle pas de son livre mais commente une remarque de son hôtesse Marion Ruggieri.

MARION RUGGIERI:  -J’ai une mini-anecdote. Vous avez dîné avec une amie à moi que je ne nommerai pas et à qui vous avez, si je puis dire, charmé son fiancé qui est reparti…Et vous avez dit, parce que j’ai noté la phrase géniale…C’était  je pense, il y a un an quelque chose comme ça, vous lui avez dit cette phrase extraordinaire :  “MÉFIEZ-VOUS DES MOCHES, ELLES SE DONNENT DU MAL !” Continuer la lecture

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Qu’est-ce qui fait rire Serge Bensimon, directeur artistique de Bensimon ?

Serge Bensimon est un homme qui rit et sourit. Généreusement et sans économie – au grand dam de son banquier qui aimerait être rassuré autrement que par sa bonne humeur. A quelques heures du lancement de la première édition de Passage Parisien, nouveau rendez-vous de la création, le directeur artistique de Bensimon a répondu au blogfemmequirit.

Serge Bensimon

Depuis trente ans, Serge Bensimon développe l’idée d’un lifestyle à la française : identifiable immédiatement tout en restant sobre. La qualité et le confort sans la prétention. Un esprit qu’il a associé à ses lignes de vêtements, ses objets et éléments de décoration ainsi qu’à la Gallery S.Bensimon dédiée à l’art et au design contemporain ouverte en 2009.

Acteur majeur du quartier du Canal Saint-Martin (dans le Xème arrondissement de Paris), Serge Bensimon créé fin juin l’événement «Passage Parisien» autour duquel il a fédéré une vingtaine de marques dont Agnès b., JC de Castelbajac, Tara Jarmon, Zapa, Liza Korn, Paco chicano, Lou Andrea, Médecine Douce… L’idée ? Ou plutôt l’envie :  faire découvrir en marge de la fashion week parisienne, les nouvelles collections de vêtements, souliers et accessoires dans les boutiques et les show-rooms de leurs créateurs. En profitant bien sûr de l’effervescence de ce quartier de la création qu’animent joyeusement p’tits bars, restos sympas et autres lieux vivants incontournables. Parce qu’il est un homme de rire(s) et de partage, j’ai demandé à Serge Bensimon ce qui le faisait rire.

     “L’humour c’est la couleur du quotidien”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelle est votre définition de l’humour ?

SERGE BENSIMON. C’est la couleur du quotidien.

LBFQR. Qu’est-ce qui vous fait rire depuis toujours ?

S.B. Les situations cocasses dans des ambiances sérieuses.

LBFQRQuels humoristes vous font rire ?

S.B. Gad Elmaleh, Elie Kakou, Desproges.

Gad Elmaleh dans Un bonheur n’arrive jamais seul © Christine Tamalet

LBFQRQuelle histoire (pas) drôle ne fait rire que vous ?

S.B. Deux steaks haches sont dans la forêt. Ils se perdent de vue, quand l’un retrouve l’autre il lui demande “où étais tu?”. L’autre lui repond “j’tai caché”.

LBFQR. Qu’y a-t-il de plus drôle dans votre personnalité ?

S.B. Mes fausses colères.

LBFQR. Quand, où et pourquoi avez-vous ri la dernière fois ?

S.B. Hier, en voyant mon banquier parler de mon decouvert.

LBFQR. Quelle est votre humoriste femme préférée ?

SB. Sylvie Joly pour son humour décapant.

Sylvie Joly -photo du site de l’artiste

LBFQR. Quel est votre humoriste homme préféré ?

S.B. Elie Kakou pour son génie.

LBFQR. Pensez-vous qu’il y a un humour féminin et un humour masculin?

S.B. Deux visions du même sujet….comme dans la vie.

LBFQR. Quel est votre film comique préféré ?

S.B. Rabbi Jacob.

LBFQR. Quelles œuvres littéraires (roman, théâtre, BD, poésie…) vous font rire ?

S.B. Toutes les BD de Reiser.

LBFQR. Quelle est votre réplique drôle préférée ?

S.B. “On juge un homme aux factures qu’il reçoit” Groucho Marx.

LBFQR. De quelles personnes (connues ou non) aimez-vous entendre le rire et pourquoi ?

S.B. Toujours mon banquier quand il croit que je vais couvrir mon découvert !

LBFQR. Si vous deviez partir sur une île déserte quels humoristes emmèneriez-vous avec vous ?

S.B. Mon banquier !

LBFQR. Si vous deviez vous réincarner en humoriste dans la peau de qui voudriez-vous renaître ?

S.B. Popeye.

LBFQR. Pensez-vous qu’on puisse rire de tout ?

S.B. Pas de tout mais de tous !

LBFQR. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire du tout ?

S.B. Les gens qui ne rient pas.

 


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Yeti Woman, la femme qui rit de Robert Crumb

Parmi les femmes qui rient de la semaine, j’aurais pu choisir Sophie Marceau radieuse sur l’affiche dUn bonheur n’arrive jamais seulje lui ai préféré Yeti Woman, personnage hors norme et décalé de Robert Crumb dont l’expo au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ne cesse de m’enchanter.

Photo courtesy Paul Morris and David Zimmer, New York, © Robert Crumb

Yeti Woman est une de ces femmes puissantes et rares qui peuplent l’œuvre de Robert Crumb. Entre Harriet Hotpants la nympho et Devil Girl, la démoniaque, Angelfood McSpade (inspirée de Joséphine Baker), Yeti Woman incarne l’absolue fascination de Crumb et son infinie peur des femmes qui confine à l’obsession. Crumb le pervers, le flipé, le lâche qui attaque par derrière…Crumb qui, agitant ses propres démons, accouche d’une femme monstrueusement charismatique et drôle. Crumb le provocateur qui d’un éclat de rire balaie tout : codes, conventions, préjugés et tabous…sans jamais sacrifier  à l’humour. Jetez un œil à “My troubles with women 2” où le petit homme à la silhouette woodyallenesque saute sur une femme de dix fois sa taille, telle une puce qui se collerait au cuir d’un éléphant et prétendrait le vider de son sang, et vous comprendrez l’hostilité qu’il cultive à leur égard. Les monologues qu’il livre en même temps que ses fantasmes valent également d’être lus et relus. C’est drôle parfois désespérément drôle et toujours sans concession.

J’aime le sexe un peu brutal avec des femmes fortes  s’exclame-t-il , à cheval sur sa proie qui s’en amuse plus qu’elle ne s’en étonne, qui en rit même et toujours sans l’humilier. Yeti est une femme puissante mais pas de celles de Marie N’Diaye ni de la lignée des robotiques et très viriles sœurs Williams dont elle emprunte, avant l’heure et malgré elle, la plastique. La pilosité en moins ?

Un nœud rose au sommet de la tête pour le côté girly, des tétons en boutons de sonnette que bien des hommes aimeraient presser en priant la maîtresse de maison de ne pas ouvrir la porte trop vite, une féminité aussitôt pondérée par cette taille gigantesque, cette démarche volontaire qui frappe et happe le macadam et cette musculature d’athlète -qui n’aurait pas consommé que des protéines répertoriées dans la nature- recouverte d’une pilosité amazonienne,…Yeti Woman pourrait être affreuse et effrayante si elle n’était pas si rieuse et riante. Elle est resplendissante, rayonnante…En témoignent les regards des automobilistes étonnés mais pas dégoûtés au point de provoquer embouteillage et accidents dans la rue. On en rit d’autant plus qu’on devine qu’elle incarne aussi une espèce de double fantasmé et inavoué de son auteur.

Fesses alertes, bouche ouverte, toutes dents offertes, Yeti Woman croque le monde avec la ferme intention de ne pas se laisser manger à son tour. Son sourire dit à la fois sa joie de vivre et la menace d’une femme capable de vous dévorer d’un seul coup de mâchoire. Sans regret  et sans salir sa robe moulante blanche et immaculée.

J’adore la Yeti Woman de Robert Crumb qui incarne pile poil (je ne pouvais pas l’éviter celle-là !)ce que je ne cesse de dire et croire : une femme qui rit est toujours jolie. Forcément, intensément, absolument.

INFOS PRATIQUES : Yeti Woman fait partie des 700 dessins réalisés par Crumb entre 1960 et aujourd’hui, exposés jusqu’au 19 août au Musée d’Art Moderne de La Ville de Paris dans le cadre de Crumb, de l’Underground à la Genèse, première rétrospective consacrée à cet acteur majeur de la contre-culture US. L’occasion d’aller à la rencontre de Fritz The Cat, Mr Natural,Whiteman, Flakey Foont, Harriet Hot Pants… de découvrir les carnets de croquis consultables sur tablettes numériques, pochettes de disques et revues qu’a illustrés cet insatiable créateur. Et surtout de lire sa version de la Genèse présentée ici dans son intégralité, qui a demandé près de quatre ans de travail à Crumb. Toute l’œuvre d’un artiste exceptionnel dont la créativité est indissociable de sa passion pour les musiques des années 20-30 qui ont construit sa culture, l’ont inspiré et en même temps généré chez lui, une espèce de nostalgie.

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris : 11, avenue du Président Wilson, Paris 16ème. Tél : 01 53 67 40 00. Métros : Alma-Marceau et Iéna. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

 

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Quand le site “12 ” avec sa série “Victime de la beauté” expose des femmes qui ne rient plus.

Victim of beauty, c’est la série de photos publiées sur 12, site bulgare consacré à la mode, à l’origine de la polémique qui embrase la blogosphère depuis quelques jours. En cause ? Des photos chic de femmes victimes des pires chocs. Moi qui peux rire d’un rien, ça ne m’a pas fait rire du tout !

“Déconseillé aux moins de 16 ans. Ames sensibles s’abstenir”, indique la légende qui accompagne ces photos de femmes victimes de violence, dont le glamour et l’esthétisme banalisent l’affront qui leur est fait. Shootées (le mot prend tout son sens) par le photographe Vasil Germanov, ces femmes, mannequins professionnels, livrent, malgré elles, un message qui n’est pas celui de la condamnation des violences (1) qu’elles ont subies mais peut-être celui de leur promotion.

Pas de distance, hélas, c’est là qu’est l’os et l’outrage. Le make-up impeccable, réalisé par Daniela Avramova, met en lumière un œil au beurre noir qui a vu des jours meilleurs, les marques d’une tentative d’égorgement, ici, un nez, là une lèvre méchamment balafrés, un profil brûlé à l’acide…Qu’on puisse tout photographier ne me gêne pas, au contraire ! Au nom de la liberté d’expression, on a par le fait de l’art, depuis des siècles, déjà tout (d)écrit. Comme dirait Léa, une élève de Première à qui j’ai conseillé quelques lectures : “Lautréamont, c’est gore ! Sade c’est trop bizarre ! Mais c’est puissant, en même temps !”

Ce qui me heurte c’est l’absence de contextualisation, le non-accompagnement de ces photos qui se trompent de message. Livrées ainsi ne risquent-elles pas d’avoir le même effet que les films pornos sur certains ados qui ont une vision déformée des relations sexuelles, de la virilité et de la féminité ?

Je ne suis pas la seule à m’en émouvoir. Aux Etats-Unis, Jezebel,  Fashionista, blogs féminins ont condamné cette mise en scène de la violence; ici, Le Monde s’en est fait l’écho le week-end dernier dans l’article de Claire Guillot “Photos de mode : le coup de trop“. Malgré cela, la rédaction bulgare de 12 par les voix de ses rédacteurs en chefs Huben Hubenov and Slav Anastasov se félicite d’avoir “provoqué un débat à l’échelle internationale”, se défend “d’encourager la violence” et se réjouit d’initier une réflexion au nom de “la photo de mode qui est une imitation de la vie”. Vraiment ?

Chaque fois que je pose la question dans ce blog de la possibilité de rire de tout, on me répond parfois et à juste titre que la question n’est pas l’objet du rire mais la façon dont on le traite. L’illustrateur Michel Kichka (Cartoon for Peace) que j’ai rencontré récemment a publié Deuxième génération (Ed. Dargaud), un roman graphique formidable où il met en place avec humour, tact, élégance “un humour de la Shoah”. Ce n’est pas l’objet qui pose question mais son traitement…Je dirais la même chose de la photo. Scénariser une certaine violence glamourisée, Steven Meisel et avant lui Helmut Newton et Guy Bourdin l’ont fait, mais c’était avec plus de distance, de maîtrise et peut-être encore plus d’ironie. Pour eux, ça n’était pas la photo de mode qui imitait la vie mais peut-être le contraire…C’étaient surtout des hommes qui, derrière leur objectif, réfléchissaient (à) la vie avant même de songer à la refléter.

(1) Sur la question des violences conjugales, je recommande la lecture de Frapper n’est pas aimer (Denoël)  de Natacha Henry, auteur qui s’interroge sur “la permanence du sexisme dans la culture populaire et les medias” ainsi que sur “le désarmement des violences” et dont on peut consulter le travail sur le site Gender Company.

 

 

 

 

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Leblogfemmequirit change d’adresse…

Mille mercis de suivre leblogfemmequirit depuis le 11 février dernier. Vous qui aimez leblogfemmequirit… continuez à le lire en suivant le lien : http://blogs.lexpress.fr/femme-qui-rit

@ très vite !

Isabelle

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Qu’est-ce qui fait rire Soledad Bravi, dessinatrice et illustratrice ?

Soledad Bravi investit avec finesse et élégance tous les espaces qu’on lui confie. Les lectrices de ELLE connaissent par cœur les silhouettes de Fonelle et du Dr Aga, sortes d’avatars burlesques des journalistes Sophie Fontanel et Alix Girod de L’Ain que Soledad a dessinées. Depuis quelques mois, Soledad Bravi a sa page rien qu’à elle dans l’hebdo féminin. Impossible de la louper, elle est au dos de l’horoscope ! Et pour le plus grand plaisir de ses fans, elle publie Restons Calmes, sa nouvelle BD chez Casterman.

Bravo mademoiselle Bravi !

 

Agrippine et l’ancêtre de Claire Brétécher

Chaque semaine, Soledad Bravi se pose une question existentielle en dernière page de ELLE : Peut-on être Gisele Bündchen ? Etes-vous sûre de vouloir une frange de 2 cm ? Est-ce que votre ado est comme le mien ? Pourquoi la vie d’Angelina Jolie est-elle si dure ? Pourquoi doit-on avoir absolument un tout petit sac ? Etes-vous prête pour les soldes ?...Une page rigolote qu’on savoure etarrache désormais avec le même intérêt que les recettes cuisines qui la précèdent. C’est avec la même légèreté et un humour teinté de mélancolie que Soledad Bravi (également auteur du blog Soledad) a réalisé sa quatrième BD dont l’héroïne, mère de famille dépassée, trouve dans le jogging une salutaire échappatoire au quotidien que lui font vivre Lili et Margot, ses deux ados gâtées et blasées. Bon, on ne va s’mentir, il s’agit également à travers cette course effrénée de se défaire de quelques kilos mal logés. C’est drôle, finement amené et délicieux pour celles et ceux qui ne craignent pas de pratiquer l’art de la fuite. Pour toutes ces raisons, j’ai eu envie de savoir ce qui faisait rire Soledad Bravi…

Un jour j’ai demandé à ma fille : “C’est qui ta maman préférée ?” Elle m’a répondu : “Papa !”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelle est votre définition de l’humour ?

SOLEDAD BRAVI. Regarder autrement

LBFQR. Qu’est-ce qui vous fait rire depuis toujours ?

S.B. comportement des gens

LBFQR. De quelles façons vos enfants vous font-ils rire ?

S.B. Je me souviens d’avoir demandé à la plus jeune, elle avait alors 2 ans… “C’est qui ta maman préférée?”. Elle m’avait répondu… “Papa”… J’aime l’humour vache quand il est truffé d’esprit.

LBFQR. Quels commentaires vous ont-ils faits après la lecture de Restons Calmes ?

S.B. Mes filles ont ri.

LBFQR. Comment est né ce personnage de mère au bord de l’explosion qui court pour se débarrasser du stress et fuir ses problèmes aussi ?

S.B. Je ne suis pas allée chercher très loin…

LBFQR. Quels auteurs de BD drôles vous ont donné envie de dessiner des albums ?

Gipi

S.B. Brétécher, Gipi

LBFQR. Quels sont vos dessinateurs préférés ? ( BD, presse écrite, tous les domaines…)

S.B. Willem ! Tous les jours!! Mais comment fait-il ? Mais aussi Sempé, Tomi Ungerer, Solotareff, Gipi

LBFQR. Sur scène, quels humoristes de la nouvelle génération vous font rire ?

S.B. J’adore aller au Jamel Comedy Club

LBFQR. Quelle est l’histoire, l’anecdote (pas) drôle qui ne fait rire que vous ?

S.B. Je me souviens d’une femme qui se gare devant la sortie des camions de la caserne des pompiers, elle regarde le pompier et lui dit  “j’en ai pour 5 minutes!”

LBFQR. Qu’y a-t-il de plus drôle dans votre personnalité ?

S.B. Je ne pense pas que c’est à moi de répondre à cette question…

LBFQR. Vous arrive-t-il de rire toute seule et pourquoi ?

S.B. Je ris de mes propres blagues, de chansons débiles que j’invente, ou encore quand je trouve une idée rigolote et là, je suis toute seule devant mon cahier avec mon feutre noir

LBFQR. A quel moment de votre vie vous êtes-vous aperçue que vous aviez un talent comique ?

S.B. En école de dessin

LBFQR. Quelles personnalités publiques dont le métier n’est pas de faire rire, vous font rire ?

S.B. Rachida Dati, quand on lui pose la question sur ses chaussures rouges et qu’elle répond j’achète français. Je suis tellement atterrée par la réponse que ça finit par me faire rire, qu’elle n’ait pas l’intelligence de répondre quelque chose de drôle, avec tous les gens qu’elle a autour d’elle.

LBFQR. Quels sont vos films comiques préférés ?

S.B. Seinfeld, Friends, Rabbi Jacob, Very Bad trip, Zoolander, Serial Noceurs, la Cité de la Peur
LBFQR. Quels livres ( roman, théâtre, BD, poésie…) vous font rire ?

S.B. Lucky Luke : la guérison des Dalton et Les Rivaux de Painful Gulch,Dragon Ball, Nini Patalo de Lisa Mandel, Coucous Bouzon d’Anouk Ricard, Lewis Trondheim

LBFQR. Quelle est votre réplique drôle préférée ?

S.B. “Make my day”  de Clint Eastwood . C’est une réplique prononcée par le flic Harry Callahan dans Le Retour de l’Inspecteur Harry  qui dit :  «Go ahead, make my day!» qu’on peut traduire par «Allez, Fais moi plaisir!». Et “Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !”  C’est également de Clint Eastwood dans Le bon, la brute et le méchant. Enfin,”Un verre d’eau avec un peu de gras” ( Lucky luke ). Et “Salomon vous êtes juif ?”  dite par Louis de Funès à Henri Guibet dans Rabbi Jacob.

LBFQR. De quelles personnes (connues ou non) aimez-vous entendre le rire et pourquoi ?

S.B. J’adore celui de mon mari et de mes filles

LBFQR. Si vous deviez partir sur une île déserte quelles personnalités drôles emmèneriez-vous avec vous ?

Karl Lagerfeld et Vanessa Paradis. © Chanel

S.B. Karl Lagarfeld

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Bérengère Krief: “Je n’avais pas décidé d’être marrante ou pas, je voulais juste jouer !”

Bérengère Krief fait se tordre de rire, depuis plusieurs mois, un public de plus en plus nombreux au Point-Virgule. Et si son show est souvent qualifié de “très girly”, les hommes dans la salle ne boudent pas leur plaisir et pas seulement parce qu’elle est le joli “plan Q” de Bref. Que demandez de plus ?

“Cette année a été juste trop cool”

Bérengère Krief est partout ! Au Point-Virgule seule dans un one-woman-show éponyme qui fait salle comble ou avec ses copines Anne-Sophie Girard, Nadia Roz et Christine Berrou et parfois Sony Chan dans Le Connasse Comedy Club, également au Point-Virgule, à raison d’un rendez-vous mensuel. Jusqu’en mai, on pouvait également l’applaudir dans le spectacle d’impro Les Colocataires et la semaine dernière, elle présentait huit minutes de son show au Maroc dans le cadre du Marrakech du Rire où Jamel l’a invitée. Une expérience inédite pour cette trentenaire originaire de Lyon qui n’avait jamais joué hors de l’Hexagone. Forte de ce succès, la comédienne qui tient également le rôle du “plan Q” de la série Bref, sur Canal + inaugurera en septembre Le Grand Point-Virgule, la nouvelle salle que le producteur Jean-Marc Dumontet vient d’acquérir à Montparnasse en lieu et place du cinéma Le Gaumont-Bienvenüe. Continuer la lecture

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Pierre Palmade: “Tous les humoristes comiques ne jouent pas et n’écrivent pas très subtilement”

Pierre Palmade décrivait à Laurent Ruquier, il y a quelques jours ce qui, selon lui, faisait la force ou la faiblesse de l’humour. Des propos qu’on devrait écouter plus souvent qu’on soit sur scène ou dans la salle.

Pierre Palmade (photo de son site)

C’est après avoir rencontré Rudy Milstein et Marie Lanchas  devant le Point-Virgule, la semaine dernière que j’ai eu envie de les voir jouer à l’Atelier de Théâtre populaire Pierre Palmade dont la dernière représentation aura lieu lundi 18 juin à 20h30 à la Gaîté. J’avais aimé le jeu de Rudy Milstein et celui d’Alexandra Chouraqui, Guillaume Clerice, Jean Gardeil et Benjamin Gauthier dans Les malheurs de Rudy (tous les mardis soir au Point-Virgule à 21h15), pièce que Rudy a écrite. Et j’ai adoré Marie Lanchas dans Le casting de Monique Tassin et  La conférence de presse pour le salon de la mort, deux sketches présentés dans le cadre du Trempoint au Point-Virgule, samedi dernier. Marie Lanchas est formidable et m’a vraiment donné envie de voir son show intégral qu’elle interprétera tous les mardis à 20h15 à compter du 3 juillet à La Comédie des Trois Bornes. Cette fille écrit et joue bien. Ça devrait être le minimum pour une comédienne, certes, mais elle est de celles qui parviennent à ériger ce minimum syndical en maximum artistique.  Continuer la lecture

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