Pétronille Moss : “Pour le rire, il faut une nature, un timing et ça n’est pas donné à tout le monde”

Pétronille Moss est une comédienne pétillante à l’humeur contagieuse. Dans Le Grand Soir d’Anthony Marty, au Théâtre Daunou, elle incarne une mère de famille loufoque sur le point de marier sa fille…

 

Pétronille Moss

C’est la comédie de l’été. Légère et pleine de fantaisie avec ce qu’il faut de rebondissements, de pirouettes et son lot de références à l’actu pour que le spectateur ne relâche jamais son attention. Lors de ce Grand Soir, Maxime(Arnaud Cermolacce), journaliste animalier est censé demander la main de Juliette (Mathilde Bourbin) à ses parents mais cette réunion de famille prend un tour imprévu…

Le futur marié n’est pas ce qu’il prétend, sa promise n’est pas plus nette, le père de celle-ci (Patrick Della Torre), Ministre de l’Intérieur passe trop de temps à l’extérieur, le cousin de Maxime(Anthony Marty) tape l’incruste au même titre qu’un sans-papiers qui n’est pas sans culot(Jacques Huynh)… bref, tout le monde (se) trompe soi-même ou son entourage.

Pétronille Moss, Mathilde Bourbin, Arnaud Cermolacce, Jacques Huynh et Anthony Marty.©A. Lamy

Au milieu de cette troupe efficace et enjouée menée par Anthony Marty, auteur généreux de 26 ans, Pétronille Moss abonnée aux rôles de rigolote (les fans des Sous-doués reconnaîtront celle qui s’amusait avec Daniel Auteuil et se retrouvait en sous-vêtements devant un cercueil) sert au mieux une partition qui semble avoir été écrite pour elle. Parce qu’elle m’a fait rire, j’ai voulu savoir CE QUI FAIT RIRE Pétronille Moss. Je l’ai rencontrée autour d’un verre et en présence de Talina, sa fille de 13 ans, jeune comédienne pleine de promesses…

“Avec une bonne histoire, tout tient et n’importe quel comédien qui a le sens de la comédie peut s’en sortir”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Parlez-nous de votre rôle dans Le Grand Soir.

PÉTRONILLE MOSS. C’est la première fois que je joue le rôle d’une mère donc c’est très drôle pour moi. J’interprète une femme décalée par rapport aux autres car folle à lier. Elle est très égoïste par rapport à ce qui se passe autour d’elle. Elle a vécu dans les années 70, elle est fan de Cloclo et bouddhiste. Elle a eu une vie incroyable certainement embrumée par la fumée de quelques pétards…Elle est dans son monde et elle est drôle.

LBFQR. Elle est un peu égoïste mais en même temps, c’est la seule qui ne mente pas !

P.M. Vous avez complètement raison. Elle est contente pour sa fille, ça lui suffit. Je crois que le fait d’avoir eu une vie pleine la préserve d’avoir à s’en inventer d’autres. Avec elle, on ne s’ennuie pas.

Femme au bord de la crise de mère. © A. Lamy

LBFQR. Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer la pièce d’un jeune auteur ?

P.M. Moi, je ne fais que des comédies et celle-là m’a fait beaucoup rire. Anthony Marty a réussi à tenir le rythme et faire en sorte qu’il se passe toujours quelque chose. Anthony réadapte même le texte parfois en fonction de l’actualité, c’est un sacré travail ! J’apprécie aussi le fait que tout le monde ait quelque chose à défendre, aucun comédien n’est laissé de côté. Une telle répartition renforce le jeu de chacun et l’esprit de troupe. C’est une pièce sympa et insouciante où l’on rit de bon cœur.

LBFQR. Rire de bon cœur semble être votre moteur depuis toujours…

P.M. Oui, c’est essentiel pour moi d’ailleurs, je n’ai fait que de la comédie parce que c’est ce qui me plaît.

LBFQR. Vers quel registre vous a t-on orientée quand vous étudiiez le théâtre au Cours Viriot ?

P.M. A 18-20 ans, j’étais dans un cours de théâtre qui n’enseignait pas le classique mais uniquement le boulevard. Chez Viriot, on reprenait des scènes de pièces ou de films mais toujours tirées du répertoire comique. Je n’ai donc pas cherché à travailler autre chose puisque ce costume-là me convenait. J’ai fait un peu de ciné, des pubs beaucoup de théâtre, bon an mal an, j’ai toujours ri et fait rire sur scène. Je n’ai jamais eu de grands rôles mais je suis encore là à rire et faire rire.

LBFQR. Vous assumez donc de faire de la comédie, vous n’êtes pas de celles qui rêvent de faire leur Tchao Pantin ?

P.M. C’est toujours ce que j’ai voulu faire. Je n’ai aucun problème avec le fait de ne pas jouer du drame. C’est plus facile de jouer des scènes dramatiques, des situations très tristes. Tout le monde peut le faire, ça fait remonter des choses que tout le monde a pu vivre. Tandis que respecter un timing de comédie c’est beaucoup plus difficile. Pour le rire, il faut une nature, un timing et ça n’est pas donné à tout le monde. Je suis assez contente de pouvoir le faire.

LBFQR. A quel moment de votre vie vous êtes-vous aperçue que vous étiez douée pour la comédie ?

P.M. J’ai fait tout ça par hasard, je ne voulais absolument pas faire de la comédie ou du théâtre, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Le prof de théâtre a décelé un don en moi et m’a fait travailler dans ce sens, tout simplement.

LBFQR. Quelles comédiennes vous ont influencée ou simplement donné l’envie d’en être ?

P.M. Etant donné que je n’ai pas vraiment eu envie de faire ce métier et que ça m’est tombé dessus, je ne peux pas parler d’influence. Maintenant, c’est vrai que petite, j’aimais beaucoup Jacqueline Maillan, Micheline Boudet, Marthe Mercadier…ces femmes ont un timing extraordinaire ! J’ai adoré les voir au Théâtre ce soir, elles nous rendaient heureux. Ce sont des souvenirs incroyables, même petite j’étais interpellée par ça, le timing.

LBFQR. Quelles humoristes femmes vous font rire, aujourd’hui ?

Foresti

P.M. Florence Foresti, elle, je l’adore ! Je suis assez fan de Muriel Robin qui a un talent fou et de Valérie Lemercier qui, même dans les interviews, a une espèce de recul et surprend tout le temps. J’aime beaucoup aussi Balasko, Chazel à l’époque du Splendid…Quand j’ai démarré, selon la façon dont je me coiffais, je pouvais aussi bien «faire» très Miou-Miou que Balasko, c’était marrant.

LBFQR. Et chez les hommes ?

P.M. Gad Elmaleh a un talent fou. J’aime aussi beaucoup Jamel.

LBFQR. Quelles sont vos comédies préférées ?

P.M. J’aime les comédies romantiques avec Hugh Grant comme Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et, bien sûr, Love Actually. C’est très fin, jamais poussé. Je reste fidèle à tous les films du Splendid : Le Père Noël est une ordure, Les Bronzés...Si on a une bonne histoire, tout tient et n’importe quel comédien qui a le sens de la comédie peut s’en sortir. Je trouve qu’Anthony Marty, auteur de la pièce est doué. Je lui souhaite d’en écrire plein d’autres !

LBFQR. Quelles lectures déclenchent instantanément votre rire ?

P.M. J’ai été élevée avec Boule et Bill, Astérix. Je trouve qu’à l’époque où Uderzo et Goscinny travaillaient tous les deux, ils étaient au cœur de l’actualité. Je suis restée là-dessus, je ne connais pas les nouveaux. J’aime aussi beaucoup Gaston Lagaffe.

LBFQR. Et dans la vraie vie qu’est-ce qui vous plie en deux ?

P.M. Les hommes politiques ne me font pas rire, je les trouve pathétiques et de toutes façons ils ne sont pas là pour ça. Je ne suis pas non plus une grosse rieuse. Mettez-moi face à une pièce comique, en tant que spectatrice, je ne suis pas celle qui va rire du début à la fin. Je vais plutôt sourire, je suis assez dure à rire. Qu’il s’agisse d’une troupe ou d’un one-man-show, c’est toujours l’histoire qui m’interpelle.

Gaston Lagaffe (photo du site officiel)

LBFQR. De quelles personnes (connues ou non) aimez-vous entendre le rire ?

P.M. J’aime bien quand ma fille Talina rigole parce qu’elle rit de bon cœur et à la fois, elle est dure quand même. Elle a un œil dur mais elle est joyeuse, vivante…un vrai bonheur ! J‘aime aussi entendre ma mère rigoler car elle ne rigole pas beaucoup. Alors quand elle voit un truc que je fais et que ça l’a fait rire, ça me fait vraiment plaisir.

LBFQR. Quel(le) humoriste emmèneriez-vous sur une île déserte ?

P.M. Avec toi ? (Ndlr : elle s’adresse à sa fille). Je ne suis pas sûre…

LBFQR. Pensez-vous qu’on puisse rire de tout ?

P.M. Non, il y a des choses graves et je n’arrive pas à passer au-dessus. Stéphane Guillon ne me fait pas rire.

LBFQR. Quelle est votre définition de l’humour ?

P.M. C’est difficile cette question…Il y a des choses qui ne font pas rire…après, c’est la façon dont on raconte les choses et comment c’est amené.

LE GRAND SOIR pièce d’Anthony Marty mise en scène par Nathalie Vierne, avec Mathilde Bourbin, Arnaud Cermolacce, Patrick Della Torre, Jacques Huynh, Anthony Marty et Pétronille Moss.

Théâtre Daunou : 7, rue Daunou, 75002 Paris. Tél: 01 42 61 69 14.

Représentations : mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 20h30. Samedi à 17h30 et 20h30 et dimanche à 15h30.

Talina Boyaci (photo Agents et Associés)

 

Talina, une petite comédienne qui a tout d’une future grande. 

Talina, c’est Pétronille en brune, tout aussi drôle et sympathique. Et déjà dotée de ce fameux sens du timing cher à maman et qui fait de vous une bonne interprète de comédie ou pas. Vous la connaissez forcément si vous avez vu Tellement proches (2009) de Nakache &Toledano où elle incarnait Gaëlle, la petite fille super savante et formatée du couple Audrey Dana/ François-Xavier Demaison. Auparavant, Talina Boyaci a joué dans Les enfants de Timpelbach(2008), Détrompez-vous (2007), Le scaphandre et le papillon.

Depuis quelques mois, Talina la super pro, joue Fleur dans Nos chers voisins, mini-série quotidienne de TF1 et sera bientôt Violette dans le téléfilm Le déclin de l’empire masculin, dont la programmation n’est pas encore précisée. S’appeler Fleur ou Violette, pour une gamine dont le talent croît aussi vite, c’est un signe, non ?

 

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