Avec LES GAMINS, Max Boublil, humoriste et comédien et son complice Anthony Marciano, éditeur de musique et désormais réalisateur, signent une comédie joyeuse, légère, intelligente et drôle. Enfin une !
Max Boublil doit avoir les tympans usés à force d’entendre les journalistes lui répéter qu’on ne l’attendait pas dans une comédie aussi fine. Moi-même influencée par ses délires potaches (J’ai vu ta mère sur Chat roulette, Ce soir, tu vas prendre, ou J’aime les moches) je lui ai seriné ce refrain. Oui, j’ai été surprise par LES GAMINS, comédie dont Boublil a signé le scénario et les dialogues avec son complice Anthony Marciano. J’ai adoré ce film ! Et je ne suis pas la seule, les journalistes lors de la projo de presse étaient sinon hilares vraiment joyeux. Ce qui est plutôt rare et bon signe.
LES GAMINS est un bon film à tous points de vue. Anthony Marciano a vraiment soigné sa première réalisation et la musique originale dont il est l’auteur -une façon pour ce producteur de disques, de ne pas renier ses premières amours. Le scénario et les dialogues des deux copains sont intelligents et drôles évitent la grosse charge. De la dentelle, quoi ! (voir le synopsis en fin de post). On appréciera outre le casting parfaitement pensé des premiers rôles(Chabat, Kiberlain, Mélanie Bernier) aux plus petits (Mélusine Mayance, Thomas Solivéres et Kheiron qu’il faut aller voir jouer à L’Européen), cette réflexion légère sur le temps qui passe, l’usure des idéaux, les fondements de l’amour…
Lundi 8 avril, à une heure de l’avant-première au cinéma Pathé Boulogne, en banlieue parisienne, j’ai rencontré les auteurs des GAMINS qui sont parfois aussi turbulents que les personnages qu’ils ont inventés. Devant moi, ces deux amis qui se connaissent depuis «trop longtemps!» selon Boublil, (traduisez : une douzaine d’années), ont joué au clown blanc et à l’auguste. Max Boublil, un rien dissipé, oublie mes questions ou raille le «nouveau look de jeune réalisateur branché» de son ami; Anthony Marciano, et son p’tit air de Tom Cruise, s’attache à répondre sérieusement. Drôles, attachants et généreux comme leurs héros, Boublil et Marciano sont eux aussi aussi de vrais GAMINS !
“LE PLUS IMPORTANT DANS UN FILM, C’EST LA SINCÉRITÉ”, Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je suis là pour leblogfemmequirit.
MAX BOUBLIL. Femme qui riiiiii. Femme qui rit ? Femme qui rit !
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oui, c’est ça. Depuis la rentrée 2013, il sort une nouvelle comédie tous les quinze jours : La stratégie de la poussette, Un prince(presque) charmant, 20 ans d’écart, Amours & Turbulences… et bientôt LES GAMINS. En quoi votre comédie diffère-t-elle des autres ?
ANTHONY MARCIANO. Je n’ai vu aucun des films dont vous parlez.
MAX BOUBLIL. Moi non plus.
ANTHONY MARCIANO. Pour moi, ce qui est important dans un film c’est de ne pas vendre une machine à rire et d’avoir quelque chose de sincère à défendre, et ce film est sincère. Il nous a vraiment fait rire, nous. La plupart des blagues sont des blagues qu’on se fait, nous. Les personnages et les histoires qu’on raconte se rattachent à des questions qu’on se pose, nous. Quand on a tourné LES GAMINS, c’était dans la sincérité la plus totale. Y a rien qu’on se force à faire. J’ai l’impression parfois qu’on fait des comédies en pensant : «Tiens, ça, ça va faire rire !». Ça n’est pas notre démarche. Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien mais le plus important dans un film, c’est la sincérité.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment est née la comédie LES GAMINS ?
ANTHONY MARCIANO. On avait très envie d’écrire une comédie inspirée d’une histoire qui est arrivée à un ami à moi. Il est allé rencontrer au Canada les parents de sa copine et est finalement resté habiter chez eux alors qu’il s’était séparé de sa copine. On a travaillé autour de l’idée du mec qui continue de voir en cachette ses beaux-parents à l’insu de sa copine puis on a fait évoluer l’histoire avec un propos qui nous parlait plus : la crise de la trentaine.
MAX BOUBLIL. On voulait faire une rencontre entre un mec en pleine crise de la trentaine et un autre qui traverse celle de la cinquantaine. Ils vont réaliser qu’il s’agit de la même crise autour de l’engagement : l’un ne souhaite pas le faire et l’autre regrette de l’avoir fait.
“ON A MIS 3 ANS1/2 POUR ÉCRIRE CE FILM…PERSONNE NE NOUS ATTENDAIT”, Max Boublil et Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Combien de temps l’écriture du scénario vous a-t-elle demandé ?
MAX BOUBLIL. On a mis trois ans et demi d’écriture, de ré-écriture, de jetage de scénario, de répêchage…
ANTHONY MARCIANO. Je crois que personne ne nous attendait et on a vraiment pris le temps d’écrire dans notre coin. On n’a pas fait lire, on n’en a pas parlé. On voulait être sûrs d’avoir la bonne histoire avant d’annoncer qu’on avait un film entre les mains. Voilà, on veut que les gens jugent le film pas le bruit possible qu’il y aurait eu autour.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce premier film a t-il été difficile à monter financièrement ?
MAX BOUBLIL. On n’a pas voulu démarcher avant d’avoir le bon scénario. Une fois qu’on a eu le bon scénario, ça a été assez rapide.
ANTHONY MARCIANO. Oui et quand on a fait lire le scénario, on a eu vraiment toutes les propositions qu’on voulait avant même d’annoncer le casting. D’ailleurs le casting, on ne l’avait pas encore et c’est plutôt nous qui avons choisi avec qui on avait envie de travailler. On a travaillé avec Simon Istolainen, un ami de longue date qui s’est lancé dans la production et dont c’est le premier film. Il nous a vraiment poussés à écrire parce que c’est parfois difficile au bout de trois ans et demi de se remettre la tête dedans et d’y croire. Simon a fait en sorte que le film existe et une fois le scénario fini, il est allé voir les distributeurs. On avait toutes les propositions qu’on voulait, c’était formidable ! Sans casting, ça voulait dire qu’on jugeait vraiment le scénario.
“ON PENSAIT BEAUCOUP À ALAIN CHABAT EN ÉCRIVANT”, Max Boublil
LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quel moment avez-vous pensé confier un rôle à Alain Chabat ?
MAX BOUBLIL. Dès le début on pensait à lui !
ANTHONY MARCIANO. Mais on ne lui en avait pas parlé.
MAX BOUBLIL. On se disait que c’était Chabat qui ferait le film parce qu’on pensait beaucoup à lui en l’écrivant.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quel point penser à Chabat a t-il influencé votre écriture ?
ANTHONY MARCIANO. A chaque réplique, on essayait d’imaginer le dialogue dans sa bouche, comment il le ferait sonner.
MAX BOUBLIL. Oui, on s’est mis en «mode Chabat».
ANTHONY MARCIANO. On avait envie de voir Chabat aujourd’hui parce qu’on est fans depuis toujours. On avait envie de le voir exploser, de le voir dans tous ses états mais on n’avait aucune idée de ce qu’il penserait du scénario. Est-ce qu’il aurait envie de tourner avec nous ? Est-ce qu’il allait seulement lire le scénario ? C’était la grande inconnue.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et alors, quelle a été la réaction d’Alain Chabat ?
ANTHONY MARCIANO. On lui a couru un peu après parce qu’il était en pleine post-prod du Marsupilami. Quand on lui a finalement mis le grappin dessus et remis le scénario, il nous a dit : «Je le lis dans un ou deux mois parce que là, je suis sous l’eau». En fait, il a lu LES GAMINS dans la nuit et nous a appelés tout de suite en disant : «Je veux le faire!».
“TOUT CE QU’ON FAIT ENSEMBLE, C’EST POUR MAX”, Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le rôle de l’autre gamin était-il dès le départ destiné à Max Boublil ?
ANTHONY MARCIANO. Non, à la base, j’avais pensé à Tomer Sisley…
MAX BOUBLIL.(grand éclat de rire)… mais comme il était en train de faire des essayages d’Audi, des roulades et du sport, il n’était pas libre. (Ndlr : les deux copains éclatent de rire) On fait des vannes sur Tomer Sisley et les Audi TT !
ANTHONY MARCIANO. On a écrit et produit les chansons de Max ensemble, on a réalisé ses clips ensemble. On a tout fait ensemble. Comme tout ce qu’on fait c’est pour Max, ça nous paraissait évident que ce film se fasse avec Max. Je trouve que c’est bien d’écrire un film avec quelqu’un qui joue dedans. Tout de suite on trouve la réplique en face, on voit si ça lui va, si c’est le truc qui lui colle ou pas.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que ressent-on à l’idée de diriger Alain Chabat et de jouer avec lui ?
MAX BOUBLIL. Moi, j’avais peur. Une fois que Chabat a accepté, je me suis demandé : «Est-ce qu’il va me trouver assez drôle ? Est-ce que je suis à la hauteur ?» Et très vite, je n’y ai plus pensé, en fait. Très vite on s’est laissés porter par le truc.
ANTHONY MARCIANO. Moi, bizarrement, ça ne m’a pas trop mis la pression parce que Chabat m’a tout de suite mis en confiance. Il a une humilité, un professionnalisme qui font que déjà en répétition il mettait tout entre mes mains et il me demandait des conseils sur la mise en scène que j’imaginais. On était tous très à l’aise.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Concernant la mise en scène, quels cinéastes vous ont donné envie d’être des leurs ?
ANTHONY MARCIANO. Le plus grand pour moi, c’est Woody Allen parce que j’ai mangé tous ses films plusieurs fois ! J’admire son travail et, plus récemment, je trouve que Judd Apatow -c’est peut-être pas très original- a vraiment apporté un ton nouveau.
MAX BOUBLIL. Tu dis ça comme tous les Parisiens branchés qui écrivent des films !
ANTHONY MARCIANO (large sourire). Non, mais je pense qu’Apatow a vraiment apporté de la fraîcheur. Il créé des dialogues qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, des scènes qu’on n’a pas l’habitude de voir. C’est ça que j’aime dans les comédies : voir des choses qu’on n’a pas vues avant.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous parlez des «Parisiens branchés qui écrivent des films», mais à aucun moment le vôtre n’est branché ou parisien. Comment avez-vous évité cet écueil ?
MAX BOUBLIL. Ah, ça non ! On ne voulait pas que ce soit pas un film de Parisiens ni une grosse comédie facile. On raconte la vie d’un mec de 50 ans qui a revendu sa boîte. On n’est pas à Paris, déjà. On ne fait pas un film sur les gens qui sortent au Baron et mangent au Costes !
ANTHONY MARCIANO. Moi, j’aime bien voir des gens qui existent. Je pense que les spectateurs peuvent à la fois s’identifier au mec de 50 ans qui est en pleine crise chez lui et à celui de 30 qui n’est pas un chanteur qui a réussi mais un mec qui chante dans des mariages.
MAX BOUBLIL. Nous, on n’est pas des branchés ! Anthony, récemment, oui ! (rires) Depuis trois semaines, il commence à se branchiser, à sortir dans des lieux… mais nous, on a des histoires de mecs banaux…banals.
ANTHONY MARCIANO. (grand éclat de rire). Banaux ? Ça, on peut le citer !
LEBLOGFEMMEQUIRIT. C’est à la fois une comédie romantique et une comédie de potes. Ce sont deux intentions qui se conjuguent rarement au ciné. La plupart des réalisateurs font l’une ou l’autre. Quels films aviez-vous comme référence en écrivant LES GAMINS ?
ANTHONY MARCIANO. Eh bien, c’est vrai, je l’ai cherché ce film-là ! C’était la plus grosse prise de tête de l’écriture. On se demandait comment combiner la structure d’une comédie romantique et celle d’un buddy movie. J’ai eu beau chercher, ce film-là, je ne l’ai pas trouvé !
MAX BOUBLIL. Le film TED répond un peu au même principe. Il est buddy movie avec son ours et c’est une comédie romantique.
ANTHONY MARCIANO (dubitatif). Ouais, c’est un peu ça mais c’est autre chose…Et puis TED est sorti après qu’on ait écrit notre film. Ah, si ! Il y a eu un film, pas si réussi que ça, qui traite les deux et qui s’appelle I love you, man (Ndrl : réalisé par John Hamburg). Le personnage principal doit se marier et n’a pas d’ami. Il se trouve un meilleur pote juste avant de dire oui. Mais c’étaient encore les grosses ficelles que j’aime moins. J’aime que les films soient organiques, pas des gros trucs attendus.
MAX BOUBLIL (perplexe). Si un jour j’avais pensé qu’Anthony dirait : «J’aime que les films soient organiques»…waouh, c’est le réalisateur de «J’ai vu ta mère sur chat roulette» !!!
“JE N’AIME PAS QU’ON M’INDIQUE OU IL FAUT RIRE DANS UN FILM”. A Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Justement, Max, après «Ce soir, tu vas prendre…», «J’aime les moches» et «J’ai vu ta mère sur chat roulette», on ne vous attendait pas forcément dans une comédie tout en finesse.
MAX BOUBLIL. Oui, on n’arrête pas de le me dire.
ANTHONY MARCIANO. On a voulu relever un peu le niveau.
MAX BOUBLIL. En fait, on a cette facette de faiseurs de blagues qui peuvent paraître un peu faciles mais en réalité, c’est très dur d’écrire ces chansons. Oui, c’est sérieux l’humour. On a donc cette facette mais tous les deux on aime aussi rire de comédies romantiques à l’anglaise.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles sont vos comédies préférées ?
ANTHONY MARCIANO. Astérix et Didier réalisés par Chabat, Gazon Maudit de Balasko. J’aime beaucoup ce que font Yvan Attal, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. J’ai revu récemment Le goût des autres, j’adore ce film !
MAX BOUBLIL. Je suis d’accord. En comédies anglaises, on aime bien les scénarios de Richard Curtis comme Coup de foudre à Notting Hill, Love Actually. Je trouve que ça allie comédie romantique et souvent un peu de décalage. En comédies américaines : Apatow, c’est sûr; Woody Allen, les frères Farelly.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ? Quelles sont vos limites ?
ANTHONY MARCIANO. Moi, la limite, ce sont les vannes gratuites. Je n’aime pas que dans un film, on me force à rire en m’indiquant que c’est là absolument qu’il faut rire. Le gros gag du mec qui se prend une porte et qui te dit que tu es obligé de rigoler ne me touche pas si ça ne vient pas du personnage. Et, déjà, ce personnage, il faut que j’y croie. Et une fois que j’y crois, il faut que ce soit plausible ce qu’il fait et qu’il fasse des choses inattendues. C’est ça qui m’intéresse. Quand je sens que c’est une grosse machine faite pour faire rire, ça me repousse un p’tit peu.
“ON PEUT ALLER DANS LA MÉCHANCETÉ SI C’EST SINCÈRE ET QUE ÇA A UN SENS”, Anthony Marciano.
MAX BOUBLIL. C’était quoi la question ?
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce qui ne vous fait pas rire et vos limites.
MAX BOUBLIL. Les génocides, ça ne me fait pas rire, les guerres, la misère, la maladie. Non, les limites, on ne s’en est jamais mis aucune. En fait, on aime bien transgresser.
ANTHONY MARCIANO. On n’aime pas être méchants.
MAX BOUBLIL. …cruels.
ANTHONY MARCIANO. Ça aussi, il n’faut pas que ce soit gratuit. On peut aller dans la méchanceté si c’est sincère et que ça a un sens, mais sinon, gratuitement, non.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Trois ans et demi pour écrire ce scénario ça signifie quoi ?
MAX BOUBLIL. On était occupés à d’autres choses en même temps.
ANTHONY MARCIANO. C’est important de faire autre chose et c’est impossible de ne faire que ça. Heureusement qu’on a fait d’autres trucs et pris notre temps ! Si on était restés sur notre version 5, elle n’était pas bonne. Il a fallu du temps pour la jeter à la poubelle, la relire six mois plus tard et se dire : «Ah ben, tiens, y a un truc à changer !». Il faut du recul.
MAX BOUBLIL. Et pourtant moi, je te disais à chaque fois : «C’est bon, c’est bon».
ANTHONY MARCIANO. C’est une question d’exigence.
MAX BOUBLIL. Et de confiance. Autant on peut tester nos chansons sur nos potes et avoir un retour immédiat; autant c’est plus délicat pour la comédie. Il faut à la fois écouter et se méfier des différents avis qu’on te donne. La comédie, c’est tout sauf une science exacte régie par des règles précises. Il faut donc aussi apprendre à se faire confiance.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment avez-vous travaillé ? Chacun de son côté avant de tout confronter ou vraiment en tandem continu ?
ANTHONY MARCIANO. Max n’arrive pas à réfléchir quand il n’y a pas quelqu’un en face de lui (rires).
MAX BOUBLIL. Non, je ne fais rien (grand éclat de rire)
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Offrez-vous un miroir.
MAX BOUBLIL. Ah oui, je n’y avais pas pensé !
ANTHONY MARCIANO. C’est ce que je lui dis ! Ou un truc qui te parle. Il faudrait bosser avec SIRI. Il faut qu’on lui renvoie la balle.
MAXBOUBLIL. Et parfois, Anthony va chercher et moi, je déconnecte, je décroche et je me dis : «Se quoi on parlait, déjà ?». Moi, j’ai besoin de rebonds. On note, on note, on note et Anthony tape.
“ON CHERCHE TOUT LE TEMPS LA SCÈNE DE COMÉDIE QU’ON N’A PAS VUE”, Max Boublil.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le film est truffé de bonnes idées de décalage, même si le mot est galvaudé. La scène dans la voiture où vous remettez quelque chose à Mélanie, votre rendez-vous avec Abdelkader…Comment ces idées-là vous viennent-elles ?
ANTHONY MARCIANO. C’est beaucoup, beaucoup de travail.
MAX BOUBLIL. Oui, mais parfois, ça vient comme ça. Ça sort d’un coup.
ANTHONY MARCIANO. Oui, mais au bout de combien de rendez-vous et de brainstormings ?
MAX BOUBLIL. Abdelkader, il est venu comme ça. Parfois on trouve trois bonnes idées décalées. On cherche tout le temps la nouveauté, la scène de comédie qu’on n’a pas vue. Ça c’est vraiment notre credo!
ANTHONY MARCIANO. Et puis souvent on note des trucs. Il se passe un truc dans une soirée, un dîner… moi, je le note.
MAX BOUBLIL. Anthony est plus travailleur que moi. Lui, il note.
ANTHONY MARCIANO. Oui, je note
MAX BOUBLIL. Et moi, je ris.
ANTHONY MARCIANO. Et quand on en vient à écrire le film, je fais des propositions. Parfois, y a de bonnes idées, parfois y a rien.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment avez-vous pensé le casting ?
ANTHONY MARCIANO. On n’avait pas pensé à Sandrine Kiberlain tout de suite parce qu’elle était trop jeune pour jouer la mère de Mélanie Bernier. C’est Chabat qui nous a dit : «Vous devriez rencontrer Sandrine». On ne la connaissait pas et c’est devenu une évidence au premier rendez-vous. Elle s’est marré et elle avait tout compris. On s’est dit : «Allez, c’est pas grave, l’âge !». Pour Lola, on cherchait une fille qui avait la tête sur les épaules et qui, en même temps, avait le décalage du personnage. Quelqu’un d’un peu fun quand même. Lors des essais avec Max, Mélanie Bernier s’est imposée comme une évidence.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez également choisi pour les petits rôles des comédiens qui tirent vraiment leur épingle du jeu comme Mélusine Mayance, Thomas Solivérés et Kheiron.
MAX BOUBLIL. Thomas Solivéres (Ndlr : l’ado d’Intouchables que Omar est chargé d’effrayer), on l’a eu sur casting et c’était évident.
ANTHONY MARCIANO. Il est drôle, brillantissime comme Mélusine Mayance (Ndlr :la jeune actrice qui tenait le rôle-titre de Elle s’appelait Sarah). Kheiron, on l’avait vu sur scène. On cherchait un Iranien, on savait qu’il parlait farsi, qu’il avait la tête de l’emploi et qu’il serait excellent.
MAX BOUBLIL. Et ça ne va pas plus loin ! Tu cherches un Black, tu prends un Black! Tu as besoin d’un Iranien, tu prends un Iranien !
ANTHONY MARCIANO. Non, c’était important qu’il parle farsi.
MAX BOUBLIL. Même s’il dit n’importe quoi ! C’est des recettes de cuisine. Kheiron est un grand improvisateur.
“ÇA M’A RASSURÉ D’AVOIR MON COPAIN A LA RÉALISATION”, Max Boublil.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Max, c’est votre premier premier rôle. Quel type de pression avez-vous ressenti ?
MAX BOUBLIL. Ben, bizarrement, pas plus que ça car je suis quelqu’un d’assez inconséquent et d’assez inconscient donc, non, je ne me rendais pas compte. J’avais envie qu’on fasse le meilleur film parce que c’était mon p’tit bébé. Ça m’a rassuré d’avoir mon copain à la réalisation, ça m’a ôté de la pression.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etait-ce difficile d’être copains dans la vie depuis plus de dix ans et de tourner ensemble et donc de ne plus se quitter ?
MAX BOUBLIL. Pas tellement en fait.
ANTHONY MARCIANO. Ouais, la première semaine. Le temps de prendre chacun ses marques et l’habitude que ce soit moi qui dirige et lui qui joue. Mais on ne s’est pas engueulés.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Votre duo fonctionne à merveille, envisagez-vous de ne travaillez qu’ensemble ?
ANTHONY MARCIANO. Lui va aller tourner dans un film d’auteur.
MAX BOUBLIL. Et toi tu vas réaliser des nanars (rires).
ANTHONY MARCIANO. Je vais faire des pubs (grand éclat de rire). Non, je plaisante même si c’est vrai qu’on commence à m’appeler.
MAX BOUBLIL. Je pense qu’il peut faire deux nanars, deux-trois pubs et moi, un nanar et un bide ensuite, on se retrouve pour écrire un nouveau spectacle (rires).
“JE PRÉFÈRE TOURNER LES FILMS QUE J’AI ÉCRITS”., Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Anthony, êtes-vous de ces réalisateurs qui n’envisagent pas de tourner ce qu’ils n’ont pas écrit ?
ANTHONY MARCIANO. Je crois que oui. Récemment, on ma proposé plusieurs films. En lisant les scénarios, je n’arrivais pas à m’imaginer en train de les réaliser parce que j’avais envie de changer les textes. Autant les écrire soi-même et les faire à notre sauce sans avoir l’avis d’autres gens.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Anthony dit que vous faites tout ensemble. Max sera à L’Olympia les 22 et 23 juin, quelle place prendrez-vous dans l’élaboration de ce show ?
ANTHONY MARCIANO. Max travaille main dans la main avec un metteur en scène, Laurent Spillemaecker. Je viens souvent aux spectacles, je prends des notes et je les leur donne.
MAX BOUBLIL. Il relève ce qui ne va pas et nous, on n’bouge pas, on va boire des verres.
“POUR L’INSTANT, JE SUIS DANS LE FLIP DES GAMINS, CELUI DE L’OLYMPIA VIENDRA APRÈS”, Max Boublil.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. L’Olympia est LA scène dont rêvent tous les chanteurs et les humoristes. L’investir vous fait-il peur ?
MAX BOUBLIL. Je suis très content, c’est une salle de rêve ! Maintenant, oui, je redoute mais là, je ne me suis pas encore collé ce flip. Là, je suis dans celui des GAMINS. J’arrive maintenant à compartimenter mes angoisses. Pour l’instant, j’ai celle des GAMINS. Et si ça marche, après, j’aurai l’angoisse de L’Olympia.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Max, qu’il y a t-il de plus drôle chez Anthony ?
MAX BOUBLIL. Ben, déjà, sa coupe de cheveux et sa nouvelle façon de s’habiller, c’est assez drôle chez Anthony.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Il s’habillait comment avant ?
MAX BOUBLIL. Ben, normalement (rires). Maintenant, il fait du cinéma.
ANTHONY MARCIANO. (rires). Oui, il faut que je m’adapte.
MAX BOUBLIL. Non, il est fort en comédie, Anthony. Moi, j’ai un cerveau brouillon et lui arrive à comprendre de ce que je veux. Il est très très bon ! Il fait des chutes à chaque fois. Il est très fort pour l’écriture et la mise en scène.
“LE PLUS DRÔLE CHEZ MAX ? SA SPONTANÉITÉ INCONSCIENTE ET MALADROITE”, Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Anthony, que trouvez-vous de plus drôle chez Max ?
ANTHONY MARCIANO. Sa spontanéité inconsciente et maladroite.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Donc, dangereuse !
ANTHONY MARCIANO. Oui, donc dangereuse et donc drôle !
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Anthony qu’y a t-il de plus drôle chez vous ?
ANTHONY MARCIANO.(Il répète plusieurs fois la question). Alors, là ! Aucune idée ! Je ne me trouve pas très drôle.
MAX BOUBLIL. Si, si, il est très drôle en écriture, mise en scène, il sait exatement ce qui marche. Il est très très fort !
“L’HUMOUR,C’EST SURPRENDRE ET RENDRE HEUREUX QUELQUES SECONDES” Anthony Marciano.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et vous Max, qu’y a t-il de plus drôle en vous ?
MAX BOUBLIL. Hum, quand je me laisse aller et que je pars dans des trucs qui me correspondent bien, c’est là que je pense être le plus drôle.

Chabat, Boublil, Eliane Duverne, directrice du Pathé Boulogne et Sandrine Kiberlain © LBFQR avec Samsung
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelle est votre définition de l’humour ?
MAX BOUBLIL. Waouh ! C’est déjà essayer de ne pas le définir sinon on va être triste !
ANTHONY MARCIANO. C’est changer les idées des gens ?
MAX BOUBLIL. C’est la surprise, en fait ?
ANTHONY MARCIANO. Ah oui ! Ça, c’est la mécanique de l’humour ! C’est surprendre et rendre heureux quelques secondes. Comment tu l’définirais dans le dictionnaire ?
MAX BOUBLIL. Humour, c’est le phénomène qui pousse au rire, voilà (rires). Nom masculin qui vient de humourore c’est le bien-être après être allé à la selle peut-être ?
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Un dernier mot ?
ANTHONY MARCIANO. En venant, je me demandais quel avait été le plus grand plaisir de toutes les étapes de ce film. Je me suis dit qu’entendre les gens rire et vous dire ensuite qu’ils ont aimé votre film, c’ est génial. Le plus grand bonheur de faire un film, c’est ça !
Synopsis : Tout juste fiancé, Thomas (Max Boublil) rencontre son futur beau-père Gilbert (Alain Chabat), marié depuis 30 ans à Suzanne (Sandrine Kiberlain). Gilbert, désabusé, est convaincu d’être passé à côté de sa vie à cause de son couple. Il dissuade Thomas d’épouser sa fille Lola (Mélanie Bernier) et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Ils se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, persuadés que la liberté est ailleurs. Mais à quel prix retrouve t-on ses rêves d’ado ?…
Site officiel : www.gaumont.fr
LES GAMINS comédie réalisée par Anthony Marciano avec Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier et Arié Elmaleh, Elisa Sednaoui et dans des rôles qu’on n’est pas près d’oublier Alban Lenoir, Mélusine Mayance, Thomas Solivéres, Kheiron










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6 réponses à Les Gamins, la comédie de Max Boublil et Anthony Marciano est un vrai régal.