Jacques Bonnaffé, fabuleux dans 36 nulles de salon, au théâtre du Rond-Point.

Trente-six nulles de salon de Daniel Cabanis avec Jacques Bonnaffé et Olivier Saladin s’installe au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 6 décembre. Un vrai régal servi par deux comédiens exceptionnels.

 

Jacques Bonnaffé devant le Théâtre du rond-Point ©LBFQR

Je n’ai pas l’habitude de poser avec les comédiens. Encore moins quand la photo n’est pas à mon avantage… mais vendredi dernier, Jacques Bonnaffé m’a ramené le sourire, l’envie, l’espoir, la foi. Ma tristesse était insondable. Même les bonnes nouvelles que l’on m’a annoncées un peu plus tard dans la soirée (Reda Seddiki qui comble les spectateurs de La Cible où il joue tous les vendredis, la sélection de Blandine et Melissa au Festival d’Arèches…) ne sont pas parvenues à me débarrasser de ce pesant état spleeneux.

Ce serait un sacrilège de dire que Jacques Bonnaffé et Olivier Saladin m’ont “remonté le moral”. Je ne vais pas au théâtre pour cela. Ces deux jumeaux de scène quasi siamois dans leurs rôles de Mario & Mario, sorte de Dupont & Dupond modernes, ont éveillé, égayé, ravivé ce qui reste d’esprit quand le moral est en fuite. J’ai beaucoup aimé la présence et le jeu scéniques de Bonnaffé aérien et plein de grâce. Aussi souple et tendu que les élastiques qu’il installe tout au long de la pièce. J’ai été touchée également par sa disponibilité hors scène, lors du pot qui a réuni les invités autour des comédiens, de l’auteur et de l’équipe qui porte ce spectacle.

Impossible de ne pas être cueilli par la finesse, l’intelligence des situations absurdes auxquelles nous convient ces Trente-six nulles de salon, spectacle Fonds Humour SACD, dont la première a été jouée vendredi dernier au Rond-Point, à Paris. Il y a du Bouvard et Pécuchet, du Mercier et Camier dans le quotidien de ces deux frères tatillons et titilleurs dont la relation pourrait être qualifiée d’élastique. Ils ne se repoussent que pour s’attirer et vice versa à la manière de ces longs rubans extensibles qui quadrillent leur espace vital et servent de décor principal au spectacle -saluons, ici, le travail original de Anne-Flore Cabanis qui signe la scénographie et dont on peut voir les installations, en ce moment, aux Galeries Lafayette, boulevard Haussmann.

Le but de leur jeu livré au cœur de ce décor (à la fois cage, store vertical, labyrinthe, prison ?) qu’ils passent leur temps à construire-déconstruire quand il ne se défait pas lui-même : se repousser jusqu’au bord du vide sans jamais s’y précipiter. “Le titre Trente-six nulles de salon, comme me l’a expliqué Jacques Bonnaffé, fait référence au jeu d’échecs que pratique Daniel Cabanis. C’est une stratégie qui consiste à faire des parties nulles de telle manière que personne ne marque de points”. Des points, les deux comédiens en marquent largement en donnant vie à ce texte qui, à la simple lecture, aurait pu s’apparenter aux désormais classiques (banales ?) Brèves de comptoir. Bonnaffé, également metteur en scène de cette pièce, et Saladin apportent le souffle nécessaire qui donne à ce texte relief et vitalité et le rendent essentiel. A voir absolument !

Trente-six nulles de salon au Théâtre du Rond-Point : 2, avenue F.D. Roosevelt, 75008 Paris Tél 
Auteur : Daniel Cabanis. Mise en scène : Jacques Bonnaffé.
Interprétation : Jacques Bonnaffé et Olivier Saladin. Collaboration artistique et scénographie : Anne-Flore Cabanis. Costumes : Astrid Vartanian
Son : Bernard Vallery. Lumières : Orazio Trotta. Régie et direction technique :Eric da Graça Neves.
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