Valérie Lemercier sort 100% cachemire : “Tout me fait rire, surtout ce qui ne fait pas rire”.

Valérie Lemercier pose dans 100% cachemire un regard féroce sur l’adoption.Une comédie joyeuse dont elle partage l’affiche avec Marina Foïs et Gilles Lellouche. A découvrir au cinéma le 11 décembre.

Elle a le mari, le job, le chien mais elle voudrait (p)rendre un enfant par la main © Wild Bunch Distribution.

Hôtel Mandarin Oriental, Paris, le vendredi 22 novembre à 15h30. Quand Valérie Lemercier a réalisé que notre entretien ne serait pas filmé, elle a poussé un soupir de soulagement et aussitôt demandé une cigarette; avant de se raviser en constatant que je toussais un peu et que j’avais refusé de lui serrer la main par précaution. La comédienne avait pourtant très très envie d’une pause clope mais c’est d’abord une femme courtoise et attentive aux autres. Elle a donc réprimé son envie de fumer tandis que je contenais mon besoin de tousser. Je m’étais shootée aux Doliprane, L 52, Oropolis…toute la journée afin d’être présentable et ce qui m’a fait plaisir c’est qu’elle a davantage remarqué mes lourdes boots noires à bouts métallisés que mon nez rosissant et mon regard de cocker anesthésié.

Valérie Lemercier portait ce jour-là une jolie mini jupe noire assez loose, des collants du même ton, de fines boots noires posées sur des talons de 6 cm environ et un pull vert bouteille à manches courtes qu’on rêverait de toucher tellement il semble doux. Ses ongles courts étaient recouverts d’une laque rouge, son visage était à peine maquillé et sa chevelure arborait ce fameux coiffé-décoiffé que nous envient les Américaines sans oser l’adopter vraiment ni tout à fait le comprendre.

Valérie Lemercier un poil énervée ? © Wild Bunch Distribution.

VALÉRIE LEMERCIER. Vous portez de très jolies chaussures ! Elles viennent d’où ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oh, elles sont vieilles, elles ont au moins cinq, six ans ! Ce sont des MiuMiu de l’automne-hiver 2006.
VALÉRIE LEMERCIER. On a l’impression que c’est la prochaine collection.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Elles font plus jeunes car je les traite bien.

VALÉRIE LEMERCIER. Eh bien, continuez de bien les traiter, elle sont superbes !

Marina Foïs,Valérie Lemercier et Benoît Di Marco © Wild Bunch Distribution.

“PETITE, QUAND JE FAISAIS RIRE AUTOUR DE MOI, J’AVAIS L’IMPRESSION DE SERVIR À QUELQUE CHOSE”,Valérie Lemercier.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Puisqu’on parle de mode et que vous êtes dans 100% cachemire directrice d’un hebdomadaire féminin, puis-je vous demander ce que vous portez aujourd’hui ?

VALÉRIE LEMERCIER. Qu’est-ce que je porte ? J’ai des boots Michel Vivien, une jupe Prada ? (Ndlr : elle se lève, fait glisser sa jupe sur ses hanches pour en lire l’étiquette et se contorsionne un peu). Non, c’est une jupe Marc Jacobs et un pull Prada.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. 100% cachemire est votre quatrième film. D’où vient chez vous l’envie de réaliser des films dans lesquels vous jouez ? Est-ce parce que venant du onemanshow vous avez l’habitude de tout faire toute seule et ressentez le besoin de tout contrôler ? Est-ce, comme pour certaines comédiennes, parce que vous ne vous estimez pas assez sollicitée par les réalisateurs ?

VALÉRIE LEMERCIER. Oh non, non. J’ai commencé par réaliser des pubs. J’ai dû en faire une quarantaine. J’ai fait les films Bic avec les frères Cantona, Tac O Tac, Le Nouvel Obs… j’ai réalisé des pubs sur le ton de la comédie. Ensuite, j’ai fait Quadrille qui était une commande. Mon envie de réaliser ne vient pas d’un manque de rôles mais du fait que j’aime écrire et que j’aime jouer ce que j’écris et faire jouer aux autres ce que j’écris. Ce serait prétentieux d’affirmer que j’ai quelque chose à dire mais je voudrais dire quelque chose (rires).

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Oh tu ris ? Otarie-ra bien qui rira le dernier ! © Wild Bunch Dist.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quoi, précisément ?

VALÉRIE LEMERCIER. Ah, plein de choses ! Je voulais parler d’amour, de l’histoire d’un couple. Je voulais raconter comment avec un enfant on redescend sur terre et redevient, tout à coup, comme tout le monde. Comment on arrive à être mère quand on ne sait pas comment faire. C’est un couple qui a mal tourné, qui est au bord de l’explosion. Et qui explose d’ailleurs avec l’arrivée de l’enfant. J’ai choisi délibérément le couple le plus mal adapté pour adopter. Cyrille et Aleksandra ont tout et même trop mais il va leur falloir se délester de pas mal de choses pour apprendre à devenir des parents. Ils vont s’apercevoir qu’ils s’aiment et que tout ne s’achète pas.

“100% CACHEMIRE, J’AVAIS BESOIN D’ÉCRIRE CETTE HISTOIRE-LÀ, SEULE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. 100% cachemire est votre troisième scénario original après Le Derrière co-écrit avec votre sœur Aude, et Palais Royal co-écrit avec votre fidèle complice Brigitte Buc. Pourquoi cette fois-ci avoir fait le choix d’écrire en solo ?
VALÉRIE LEMERCIER. C’est une solitude mais courte. On ne peut pas imposer à des scénaristes de venir chez soi à quatre-cinq heures du matin ou de travailler jusqu’à minuit. On a chacun sa vie. Et là, je me suis un peu immergée dans l’écriture parce que je ne voyais pas comment faire autrement. De toutes façons, je travaille souvent dans l’urgence et là, je me suis acheté de quoi me nourrir pendant trois semaines et je ne suis pas sortie du tout. J’ai un atelier où j’ai travaillé et dormi. Je ne dormais plus chez moi parce que j’avais besoin d’être productive.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cette solitude dans l’écriture vous réussit-elle ?

VALÉRIE LEMERCIER. C’est la première fois que je fais ça et je ne le referai peut-être plus jamais. J’avais besoin d’écrire cette histoire-là, seule, et de la rendre trois semaines après.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez écrit ce film en trois semaines ?

VALÉRIE LEMERCIER. Non, oh, non ! C’est faux de dire que j’ai écrit le film si vite. Je parle du premier jet c’est-à-dire de 80 pages environ. Ensuite j’ai fait des modifications pendant des mois et des mois.

Malgré les apparences, Aleksandra ne mène pas une vie si dorée que ça© Wild Bunch Dist.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qui ont été vos premiers lecteurs ?
VALÉRIE LEMERCIER. Edouard Weil, mon producteur, est venu chercher le scénario le 15 juin à midi. Il l’a lu dans un hôtel puis m’a invitée à déjeuner. Comme je n’avais pas mangé depuis trois semaines…il m’a fait boire deux verres de champagne et j’étais cuite.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez plusieurs fois évoqué votre choix de ne pas faire d’enfant et dit ne pas avoir ressenti ce désir. Hors fiction, l’adoption est-il un sujet qui vous taraude ?

VALÉRIE LEMERCIER. Ce n’est pas que je n’ai pas ressenti le désir. C’est que ça n’était pas primordial, c’est tout. Moi, quand j’étais plus jeune, ça ne m’était pas vital d’avoir des enfants. Ce n’était pas l’essentiel. Je ne peux pas trouver mieux comme mot. Ce n’est pas la vie que j’ai choisie. Je ne me sens ni punie ni malheureuse de ne pas avoir eu d’enfant.
LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce couple aisé (Ndlr : elle dirige un magazine féminin important, il gère une galerie de meubles) et un peu blasé était-il obligé de choisir un petit Russe ?

VALÉRIE LEMERCIER. Le fait divers qui m’a inspirée relatait l’histoire d’un gamin russe de 7 ans adopté par une Américaine. Cette femme l’a remis dans l’avion pour Moscou avec une lettre dans la poche après avoir constaté qu’il ne lui convenait plus. En entendant cette histoire à la radio en avril 2010, je me suis dit qu’il fallait absolument faire quelque chose de cette horreur, essayer de la transformer en comédie. J’ai mis de côté le scénario que j’étais en train d’écrire et j’ai travaillé à partir de ce point de départ en m’éloignant du fait divers. C’est aussi parce que j’ai entendu dire que les enfants adoptés sont parfois des enfants blessés, nés de parents alcoolisés, souvent des enfants durs. C’est normal puisqu’ils ont été chassés de la vie une première fois. Je voulais qu’il y ait des barrières à tous les niveaux : qu’il ne parle pas la langue, qu’il ne soit pas un nourrisson. C’est un tsunami qui arrive dans la vie de ce couple.

Gilles Lellouche porte si bien le costume sur-mesure que ce serait un péché de le déshabiller © WB Distr.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Est-ce par snobisme social qu’ils n’adoptent ni un Noir ni un Vietnamien comme c’était la «tendance» il y a quelques années ?

VALÉRIE LEMERCIER. Je ne sais pas. Je n’ai pas pensé à ça. Je me suis dit que ça ne serait pas le même film…J’avais vu Les Cœurs de l’Armée Rouge à 2 ans ½, j’aime la musique russe et j’ai un peu l’âme slave…Je ne sais pas. Je ne me voyais pas adopter un enfant indien. Je voulais qu’il y ait un passage par la Russie, que cet enfant soit blond et qu’il ne ressemble pas du tout à ses parents adoptifs.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce n’est donc pas parce qu’ils sont snobs et qu’ils habitent le très conservateur 7ème arrondissement de Paris?
VALÉRIE LEMERCIER. Non car s’ils avaient encore plus de chance, ils auraient eu un enfant plus petit. Evidemment, on sait que la plupart des parents adoptants souhaitent un bébé. Là, il a déjà 7 ans. Non, j’ai pas pensé à ça. Que j’aie situé l’histoire dans un milieu privilégié, ce n’est pas nouveau. Dans mes précédents films j’installais également mes héroïnes dans un mileu où tout allait bien en apparence mais où elles peinaient à trouver leur place.

Anna Wintour dans The September Issue © Diaphana Films.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Depuis Le Diable s’habille en Prada, dès qu’on veut montrer au cinéma une femme de pouvoir et de tempérament on la plonge dans le milieu de la mode ou de la presse. Je pense à 20 ans d’écart avec Viginie Efira, à Paris à tout prix de et avec Reem Kherici. Les femmes n’exercent-elles un vrai pouvoir, selon vous, que dans ces deux domaines ?
VALÉRIE LEMERCIER. Non et ce n’est pas un film sur la mode. Simplement, je voulais une fille qui choisisse et qui décide. On la voit donc dire : «Ça j’aime pas, j’aime, bof, moyen…». On a l’impression que ce sont des filles qui choisissent et décident de tout et, en fait, non. Et puis j’avais beaucoup aimé The September Issue, le documentaire sur Anna Wintour (photo ci-dessus) qui dirige le Vogue américain et que je préfère, d’ailleurs, au Diable s’habille en Prada. J’ai offert le DVD à toute mon équipe. Anna Wintour, bien que crainte par tout le monde, apparaît comme une grande flippée avec son gobelet de Starbucks Café, une grande angoissée.

“JE NE FRÉQUENTE ET N’AIME QUE LES GENS QUI SONT UN PEU MASSACRÉS, UN PEU FOUS…”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT.Vous êtes vous-même une bête de mode fascinée par ce milieu.

VALÉRIE LEMERCIER. Bête de mode ? Je ne dirais pas ça, j’aime la mode, j’aime la création ou plutôt la créativité. Je fais attention à ce que je porte, à être maquillée même pour aller chez l’épicier. Avec le temps, on se connaît mieux et on apprend à considérer différemment les contours de son corps. J’ai toujours fait attention à ne pas être négligée mais je sais qu’aujourd’hui avec les portables qui vous mitraillent pour saisir le moindre de vos gestes, il faut être encore plus vigilant. Vous ne me verrez donc pas en survêtement dans la rue.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. J’ai l’impression que vous n’aimez pas seulement la mode vous aimez également les gens de la mode.

VALÉRIE LEMERCIER. Je ne connais pas tant de gens que ça de la mode. Ceux que je connais ont l’air d’être futiles et de ne penser qu’à des choses pas intéressantes mais quand on gratte un peu, on s’aperçoit qu’ils connaissent beaucoup de choses et ne sont pas si superficiels. Je pense que Karl Lagerfeld est très gentil avec les gens avec lesquels il travaille. Il est très moqueur mais il dit : «Je ne veux pas qu’on voie mes yeux pour qu’on surprenne mon regard de chien battu». Je suis très touchée par ces gens-là qui sont très pudiques et cachent leurs émotions sous des mouchoirs, des robes, des manteaux, des bijoux…tout ce qu’on veut. Ce sont des gens qui m’intéressent. Je ne fréquente et n’aime que les gens qui sont un peu massacrés, un peu fous… c’est ça qui m’intéresse. Sinon, les gens qui vont très bien… (Ndlr : elle s’interrompt). J’aime le côté je-vais-bien-tout-va-très-bien et en fait, non ! Ça m’intéresse plus que l’inverse.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes dans 100% cachemire, directrice de la rédaction du magazine ELLE, vous utilisez leurs locaux et leur logo, avez-vous soumis le scénario à Valérie Toranian qui exerce réellement cette fonction ?

VALÉRIE LEMERCIER. Nous n’avons pas tourné dans la vraie rédaction de ELLE qui se trouve à Levallois mais dans des décors installés dans le 5ème arrondissement de Paris. Françoise Dupertuis, la décorarice, est allée en repérage à ELLE et a fait un boulot extraordinaire. J’ai rencontré Valérie Toranian, la directrice de ELLE et lui ai déposé le scénario, non sans avoir mis un cierge à Notre-Dame-des-Victoires. Elle m’a appelée trois jours après en disant : «D’accord, j’ai envie de voir le film. Je vais juste vous demander d’enlever une phrase». J’ai donc juste enlevé une phrase.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que vous ne citerez pas, j’imagine.

VALÉRIE LEMERCIER. Effectivement.

 “J’ADMIRE LES ACTEURS ! C’EST POUR ÇA QUE JE FAIS DES FILMS, POUR LES VOIR JOUER”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui fait rire Valérie Lemercier ?

VALÉRIE LEMERCIER. Tout me fait rire, surtout ce qui ne fait pas rire. De manière générale, les drames. Parfois c’est au bout d’un quart d’heure parfois c’est deux ans plus tard; mais c’est toujours ça qui est drôle, au fond, les problèmes, les ennuis, les chutes, les trucs qui ne vont pas. Alors, après coup, plus c’est grave plus on met de temps à pouvoir en rire, mais c’est ça qui me fait rire.

Liz Taylor © D.R.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quel moment de votre vie avez-vous pris conscience de votre aptitude à faire rire ?

VALÉRIE LEMERCIER. Très petite, très très petite. Je me souviens très bien que quand je faisais rire autour de moi j’avais l’impression de vivre. Sinon ça ne m’intéressait pas. Mais il y a beaucoup d’enfants qui sont dépressifs. Etre enfant est quelque chose de difficile, au fond. Quand je vois les enfants aller à l’école, je les plains, c’est dur ! On ne décide de rien, on décide pour vous. Moi, j’avais un très fort désir d’indépendance. Je suis allée en pension à 14 ans et ce que m’ont donné mes parents, finalement, c’est le goût de l’indépendance et non une espèce de lien qui fait qu’on ne peut pas se séparer les uns des autres. Le goût de l’indépendance, je crois que c’est ça qu’il faut donner aux enfants. Moi, toute petite, ce que je voulais c’était partir.

“MICHEL SIMON, LIZ TAYLOR, DEPARDIEU, J’AIME LES ACTEURS QUI ONT DE LA DÉMESURE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez conscience de ce talent très tôt mais quand réalisez-vous que faire rire c’est aussi un vrai pouvoir ?

VALÉRIE LEMERCIER. Je ne réalise pas que c’est un pouvoir mais comme je n’aimais pas du tout vivre, du coup, quand je faisais rire les autres, j’aimais bien. J’avais l’impression que je servais à quelque chose. C’est assez simple. Je me disais ça : «Je sers à quelque chose». Ça me rendait heureuse et j’avais l’impression que ça rendait aussi heureux autour de moi. Et que c’était plus doux comme ça. Après, à 15 ans, j’ai pris des cours de théâtre et on appréhende cette aptitude à faire rire différemment, notamment parce qu’elle est livrée dans un cadre précis.

“J’AVAIS UNE PHOTO DE GILLES LELLOUCHE, J’ÉCRIVAIS EN PENSANT À LUI”.

Michel Simon dans On purge bébé. (DR)

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels comédiens vous ont donné l’envie d’être des leurs ?

VALÉRIE LEMERCIER. Michel Simon (photo ci-contre) parce que j’aime les acteurs qui ont de la démesure. Il a un physique incroyable ! J’aime les gens hors du commun qui ont une certaine folie. Lui, donc, Bourvil, Liz Taylor (photo ci-dessus), Dustin Hoffman…Quand on voit Gérard Depardieu ! Moi, j’admire beaucoup les acteurs et je crois que ça sera toute ma vie. J’aime les voir c’est pour ça que je fais des films pour les voir jouer. J’ai une passion pour les acteurs.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pourquoi avoir choisi Marina Foïs et Gilles Lellouche pour ce film ?

VALÉRIE LEMERCIER. J’ai écrit pour eux. J’avais une photo de Gilles Lellouche en face de moi et j’écrivais en pensant tout le temps à lui, à ses pattes…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et à son tablier très coquin ! (Ndlr : voir photo)

VALÉRIE LEMERCIER. Oh oui, à son tablier ! C’était écrit dans le scénario. Ce n’est pas une proposition de la costumière, c’est le tablier de mon beau-frère. Celui-là était parfait. Il lui allait très bien, tout était en place. Quand je l’ai vu sortir de la cabine d’essayage, je me suis dit que je ne m’étais pas trompée d’acteur. Gilles Lellouche est génial dans le film. C’est quelqu’un de très bon, il est très humain, il déconne, il est rassurant.

“MARINA FOÏS, PERSONNE NE L’A JAMAIS CHOPÉE EN TRAIN D’ÊTRE MOYENNE!”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Un mot sur Marina Foïs.

VALÉRIE LEMERCIER. J’avais écrit en pensant à elle aussi. C’est même la première à qui j’ai envoyé le scénario. Marina, je pense que personne n’a pu la choper en train d’être moyenne dans un film ! Elle est toujours géniale dans tous les registres. Marina Foïs est la preuve même qu’on peut aller d’un registre à l’autre. Elle fait des comédies, elle est bonne; elle joue dans Polisse, qui n’est pas une comédie, elle est bonne. C’est une comédienne qui s’adapte, qui est vraiment avec le metteur en scène. Elle n’est jamais SUR elle mais pense au film et à l’histoire.

Valérie Lemercier et Gad Elmaleh posent pour André Rau dans Paris Match©.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous qui aimez partager avec les autres acteurs, pourriez-vous comme Muriel Robin l’a fait avec Guy Bedos, il y a une vingtaine d’années, vous produire dans un duo ? Si oui, quel(le) serait votre partenaire idéal(e) ?

VALÉRIE LEMERCIER. En janvier prochain, je partagerai la scène du Théâtre Montparnasse avec d’autres comédiens dans une pièce de Brigitte Buc, mais faire un duo…(elle réfléchit). Non, je ne vois pas.(Silence). N’empêche que j’aime beaucoup Florence Foresti, Jérôme Commandeur…mais je ne suis pas sûre qu’on ne s’annulerait pas en jouant ensemble. J’ai présenté les César avec Gad Elmaleh qui voulait qu’on fasse un spectacle tous les deux. Peut-être qu’on a bien fait de ne pas faire un spectacle tous les deux. C’est difficile à partager l’humour. C’est peut-être le truc le plus intime qui soit. On est différent et on ne peut pas faire rire et , d’ailleurs, on ne fait pas rire avec les mêmes choses. J’aurais du mal à le faire. Et en plus, moi, je joue des personnages. Quand on fait du stand-up on se parle, on est soi-même. Jouant des personnages comme je le fais en incarnant des hommes, des femmes, des enfants, je ne vois pas comment je pourrais insérer cela dans un duo. D’autant que mes personnages donnent eux-mêmes la réplique à d’autres personnages imaginaires. J’aime jouer avec d’autres acteurs mais je ne me vois pas jouer cela.

JE SERAI AU THÉÂTRE EN JANVIER, JE SUIS CONTENTE DE DIRE LES MOTS DE BRIGITTE BUC ET DE RETROUVER LE PUBLIC”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous jouerez à partir du 24 janvier Un temps de chien la pièce de Brigitte Buc, au Théâtre Montparnasse avec Pascale Arbillot, Mélanie Bernier et Patrick Catalifo qui était votre fiancé dans Le Derrière. Un mot sur cette comédie?

VALÉRIE LEMERCIER. La pièce est très drôle. J’ai beaucoup aimé la première pièce de Brigitte qui s’appelait Le jardin, avec Isabelle Gélinas, Guillaume de Tonquédec et Annick Alane. C’était très drôle et poétique. Un temps de chien est encore plus drôle. J’espère qu’on va bien s’amuser sur scène car cette pièce est vraiment très très drôle. Je pense qu’on va beaucoup rire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous n’êtes pas remontée sur scène en troupe depuis vingt-trois ans, appréhendez-vous ce moment ?

VALÉRIE LEMERCIER. Non, je suis contente. C’est bien de partager la scène. C’est une vraie histoire. Je suis contente de ne pas dire les miens de mots mais ceux de Brigitte Buc et puis je suis contente de retrouver le public.

NB: Les photos extraites du film, qui illiustrent cet article ont été shootées par Jean-Marie Leroy pour Wild Bunch Distribution.


Synopsis:
  Aleksandra (Valérie Lemrcier) et Cyrille (Gilles Lellouche) forment un couple très chanceux très tendance quapparemment a tout. Enfin, tout, sauf un enfant. Alekseï (Samatin Pendev), petit garçon russe de 7 ans, va débarquer dans leur vie… (dossier de presse du film).Réalisateur : Valérie Lemercier. Acteurs : Valérie Lemercier, Marina Foïs, Gilles Lellouche, Samatin Pendev, Chantal Ladesou, Nanou Garcia. Date de sortie : 11 décembre 2013.Durée : 1h38mn

A partir du 24 janvier au théâtre :Un temps de chien de Brigitte Buc, mise en scène de Jean Bouchaud.

Théâtre Montparnasse: 
31, rue de la Gaité 75014 Paris. Tél :01 43 22 77 74

 

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7 réponses à Valérie Lemercier sort 100% cachemire : “Tout me fait rire, surtout ce qui ne fait pas rire”.

  1. Ritalina dit :

    Ahurissant, je suis, du coup, contente de n’avoir pas entendu parler [sic] de ce film avant !

    Peut-on dire ” j’ai entendu dire que les enfants adoptés sont PARFOIS des enfants blessés”, et faut-il “avoir entendu dire”, quand on un cerveau en état de fonctionner, qu’un enfant adopté, c’est D’ABORD et TOUJOURS un enfant qui a subi une ou plusieurs blessures profondes, et pas “parfois” ? A commencer par : soit avoir été abandonné par ses parents biologiques, soit les avoir perdus, soit leur avoir été retiré, pour maltraitance ou incapacité…

    Et Valérie Lemercier oublie-t-elle, aussi, que même des enfants adoptés apprennent à lire, voient les affiches, regardent la télé… et risquent ainsi de voir leur histoire douloureuse tournée “en comédie” par quelqu’un qui, visiblement, veut se faire apprécier en parlant de quelque chose qui ne la concerne pas, dont elle ne connaît rien, et en se servant de la douleur des autres pour “faire rire” ?

    Certes, moi aussi, je crois “qu’on peut rire de tout”, mais encore faut-il pouvoir le présenter de manière “drôle”… et là, eh bien, vu les propos que j’ai lus ici, ça ne semble pas pouvoir être le cas : quand on est soi-même si peu avertie de la réalité des choses, difficile de faire rire, en tout cas, ceux qui se prennent cette réalité en pleine figure.

    Accablant. L’adoption, ce n’est pas “seulement” l’histoire d’un couple en difficulté, c’est, d’abord et avant toute autre chose, l’histoire d’un ENFANT BLESSÉ, souvent multiblessé – et ça, est-ce que ça peut faire rire ?
    Pour le reste des propos que je n’ai ni lus ni entendus moi-même, par chance, je rejoins totalement le message de Duthoit, dont je partage l’expérience et l’analyse.

  2. duthoit dit :

    Un film de Valérie Lemercier !

    J’étais plutôt contente, j’apprécie d’habitude votre humour un peu acide et vos personnages décalés.
    Le thème du film qui peut paraître scabreux pour certains ne m’a pas choquée, je suis mère adoptante mais je suis avant tout de celles qui pensent que l’on peut rire de tout. J’aurais donc déposé avec plaisir mes 10 euros à la caisse de l’UGC le plus proche.

    Cela avant de vous lire et de vous entendre, Madame Lemercier…

    Vous qui prônez l’importance des mots, qui ne laissez pas place à l’improvisation, pourquoi n’avez vous pas su suivre le brillant conseil de Frédéric Mitterand dans son émission du 2/12/13 sur France Inter en modérant les vôtres.

    J’ai d’abord cru à une mauvaise retranscription de vos propos par la journaliste de Gala.
    « Mme Lemercier n’a pas pu faire cette abjecte comparaison entre mère biologique et mère adoptante, les qualifiant l’une de « vraie » et l’autre de « fausse », il y a, c’est sûr du second degré là-dessous. »
    Je suis tombée de haut…
    Il n’y a aucun humour là-dedans, ni noir, ni potache, ce n’est même pas une « mauvaise blague » qui est tombée à plat…
    Peut-être une maladresse me suis-je dit. Mais comment peut-on reproduire la même maladresse trois fois de suite ?

    Vous avez voulu « dédramatiser quelque chose de tragique », « en faire quelque chose de mieux ». Du film je ne peux rien dire mais il est sûr que par vos propos vous en avez fait quelque chose de pire.

    Oser se demander sur France Inter s’il « ne vaut pas mieux rester à l’orphelinat que d’être adopté par des gens qui vous serrent si fort qu’ils vous étouffent » montre à quel point vous vous êtes documentée sur le sujet…
    Avez-vous seulement visité ces orphelinats, avez-vous rencontré des familles ou vous êtes-vous contentée de pseudo-reportages, histoires vraies sur le sujet qui sont très en vogue aujourd’hui.

    L’interview donnée à Allociné m’a confirmé votre ignorance. Vous y décrivez une scène du film tournée à l’aéroport (pour l’arrivée de l’enfant) en précisant « qu’heureusement dans la vraie vie cela ne se passe pas comme ça » eh bien si, parfois cela se passe comme ça, ce n’est pas le plus fréquent, je vous l’accorde, mais cela peut arriver. Il y a des pays où l’on reste une journée, d’autres deux mois, d’autres où il faut faire plusieurs voyages… Chaque pays d’origine a ses critères et ses modes de fonctionnement.
    Les parents adoptants attendent de longues années (« 3 ans » c’est un minimum!) avant de pouvoir prendre leur enfant dans leurs bras avec bien plus de pudeur et de douceur que vous ne semblez le croire…

    Je ne pense pas, quant à moi, avoir plus de « problèmes » (à part celui de la stérilité) « plus de dégats à réparer, plus de lacunes à combler » qu’un parent biologique et je n’ai pas voulu un enfant pour lui faire « régler » quoi que ce soit.

    On dit de vous : « elle est fascinée par les gens qui disent tout haut des choses atroces en toute inconscience sans même se rendre compte du mal qu’ils peuvent faire. Elle aime montrer ces gens qui ne voient pas les autres, qui n’ont aucun tact. »
    Seriez-vous fascinée par vous même ?

    Dans les Echos Art&Lifestyle, vous dites : « J’aime frôler la limite, je n’ai pas envie d’être sage mais d’être au bord de l’acceptable, de l’écoutable ».
    Ici vous l’avez dépassée.

    Quant à moi, je suis une mère, ni vraie, ni fausse, une mère c’est tout !

  3. isabelleaithnard dit :

    Merci AdamS,
    bonne journée
    isabelle

  4. Florence RATAT dit :

    “Quand je faisais rire les autres, j’aimais bien. J’avais l’impression que je servais à quelque chose. C’est assez simple. Je me disais ça : «Je sers à quelque chose». (V. Lemercier, L’express, 9/12/2013)
    Valérie Lemercier se sent utile en faisant rire les autres. Malheureusement, sur ce coup, elle risque fort de ne pas se sentir utile… Ou pire, d’être utile à ajouter des tensions entre la France et la Russie au sujet de l’adoption. A l’heure ou le gouvernement et les associations mettent tout en œuvre pour ratifier un accord sur l’adoption entre les deux pays !
    En tout les cas, elle ne fera certainement pas rire les travailleurs sociaux français et russes, les (futurs) parents adoptants et les (futurs) enfants adoptés avec son film, ses idées erronées et ses clichés sur l’adoption en Fédération de Russie et l’adoption en général qui en prend un coup !
    Les citoyens des Etats-Unis ont été interdits d’adoption par la Russie en 2012, suite à des épiphénomènes avec les enfants adoptés (cf. fait divers que Val. Lemercier décrit comme inspirant à l’écriture de son scénario !). En réalité, il semblerait plutôt qu’il s’agisse d’une décision survenue sur un contexte géopolitique très tendu entre les deux pays à ce moment-là.
    Depuis cette décision, rien que dans la région de Saint-Pétersbourg, 260 enfants /an ne sont plus adoptés et attendent dans les orphelinats, encadrés par un personnel attentionné mais surchargé de travail. Alors que la France réussit péniblement à concrétiser l’adoption pour 12 enfants en 2012 pour cette même région. La situation est très fragile… !
    Je suis en attente du jugement d’adoption de Timour, 3 ans, d’origine kirghize qui n’a pas été “chassé de la vie une première fois” (V. Lemercier, L’express, 9/12/2013), mais confié à la maternité par une mère qui a préféré donner une chance à son fils dans un contexte de pauvreté et d’immigration.
    Les enfants proposés à l’adoption internationale sont pour la plupart d’origine Kirghise : soit mat de peau, cheveux noirs et yeux bridés. Les enfants blonds aux yeux bleus sont adoptés majoritairement par des familles russes.
    Alors je dis à Valérie Lemercier qu’elle devrait tout simplement se former et travailler, comme tout auteur digne de ce nom, à se documenter sur son sujet avant d’écrire, voire de filmer, surtout lorsqu’il s’agit d’une comédie où la subtilité et la sensibilité sont des ingrédients indispensables ! Elle nous confie dans cet article, toute modestie mise à part, qu’elle écrirait un scénario sur une très courte période. Alors, soit elle est surdouée et je m’étonne de si peu de production littéraire à ce jour, soit, ce travail peut être effectivement suspecté de superficialité. Mais le public d’un film comique français mérite-t-il autre chose ?
    Enfin, elle conclut dans cet article par : “Ce serait prétentieux d’affirmer que j’ai quelque chose à dire mais je voudrais dire quelque chose (rires).” Dire quelque chose… Et bien Valérie, si vous souhaitez nous dire quelque chose : allez-y, faites-nous rire sur ce qui vous préoccupe dans votre vie et je vous assure que votre public sera partant ! Mais par pitié, dorénavant, épargnez-nous les poncifs sur un sujet que ni vous ne connaissez ni vous ne maîtrisez !

    • isabelleaithnard dit :

      Bonjour Florence,

      Merci pour ces précisions et cet éclairage qui je l’espère fermeront la porte aux clichés très nombreux sur l’adoption.
      En ce qui concerne, le film et le point de vue de l’humoriste Valérie Lemercier, je dirai que le propre de la comédie, c’est de forcer le trait jusqu’à la caricature parfois. L’adoption est un prétexte, un point de départ au film de Valérie Lemercier qui précise dans l’interview qu’elle voulait parler du couple et de l’amour.
      Quand vous verrez 100% cachemire (si vous décidez d’y aller), vous verrez que la Russie n’est en rien stigmatisée. C’est le couple que forment Gilles Lellouche et Valérie Lemercier qui est égratigné.
      C’est une fiction et d’ailleurs Samatin Pendev, le jeune acteur qui joue l’enfant russe adopté, est d’origine Bulgare et non russe.
      Je ne sais si Timour sera avec vous et votre famille à Noël, mais je vous souhaite à lui et vous-même de très belles fêtes de fin d’année.
      Isabelle

  5. lannuzel dit :

    cette femme est a vomir, on la voit sur les plateaux dans les journaux, parler de “vraie maman” et de “fausse maman”. Il y a des parents et des enfants qui vous regardent et vous lisent, avez vous une idée de ce que cela peut avoir comme effet sur eux!
    Ne parlons pas de cet article, on l’on parle de “tendance” lorsque l’on parle d’adopter des enfants!

    une future vraie “fausse “maman.

    • isabelleaithnard dit :

      Chère lectrice,

      Si vous aviez vu son film ou simplement la bande-annonce vous émettriez sans doute un avis moins violent. Quand Valérie Lemercier parle de “fausse” maman il ne s’agit pas à mon avis, de distinguer les mères biologiques des mères adoptives, mais de différencier les mères concernées et aimantes de celles qui ne le sont pas,comme cette Américaine qui a renvoyé par avion comme un colis un petit Russe qu’elle avait adopté et qui ne lui convenait pas. Quant à moi, si j’ai mis des guillemets à tendance c’est bien pour souligner quelque chose de curieux. Si vous connaissiez un tant soit peu la question de l’adoption vous sauriez que pendant des décennies de nombreuses familles françaises se sont tournées vers le Vietnam puis le Brésil pour adopter. Parce que c’était aussi de ces destinations qu’émanait le plus grand nombre d’enfants abandonnés. Depuis quelques années, les demandeurs se tournent davantage vers les pays de l’Est.
      Dernière remarque, le ton de votre mail est haineux et je souhaite sincèrement que la future maman que vous êtes saura inculquer à l’enfant à venir des sentiments plus apaisés et surtout mieux maîtrisés.
      Quoi qu’il en soit, je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année

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