Valérie Lemercier et Sophia Aram deux femmes puissantes en couv’ de Télérama

Valérie Lemercier et Sophia Aram font l’une après l’autre la couv’ de l’hebdo Télérama et définissent chacune dans son style l’essentiel de leur art fait d’exigence et de vérité. Un vrai bonheur !  

Je suis toujours très heureuse de voir les gens que j’apprécie en couverture de Télérama. Quand c’est le cas deux semaines de suite, je jubile. Sophia Aram et Valérie Lemercier posent ces deux dernières semaines en une du plus ambitieux des hebdos télé et s’y livrent avec le même ton savoureux qu’on apprécie dans leurs chroniques et leurs shows. L’une(Valérie Lemercier interviewée par Louis Guichard dans Télérama n°3287 daté du 12 au 18 janvier, actuellement en kiosque) sur fond rose, l’autre (Sophia Aram interviewée par Valérie Lehoux dans Télérama n° 3286 daté 5 au 11 janvier 2013, disponible sur le Net) sur fond noir et blanc. L’une pose comme pour une couverture de magazine féminin, shootée par Benoît Peverelli, habillée dans le style couture qu’elle affectionne, un bouquet de roses à la main. Mi-souriante mi-sérieuse et irrésistiblement glam. L’autre affiche un sourire coquin devant l’objectif de Jean-François Robert tout en repoussant les murs d’un couloir -pour mieux montrer qu’elle ne se laisse pas enfermer ? L’une et l’autre disent l’exigence de leur art, évoquent leur travail sans concession, l’expression d’une liberté jamais définitivement acquise et pour laquelle il faut toujours se battre quels que soient les chemins empruntés. Extraits.

VALÉRIE LEMERCIER…à propos de ses choix artistiques.

Louis Guichard : Vous n’avez jamais voulu faire filmer ou enregistrer vos prestations sur scène. Est-ce un caprice de diva ?

Valérie Lemercier : Mains non! La scène, c’est ce que je fais le mieux, et j’ai envie qu’on ait une juste idée de ce que j’y joue. Plus que par une captation, je serais intéressée par les nouveaux systèmes de retransmission en direct dans les salles de cinéma. Au moins, les spectateurs sont captifs. Car le problème, c’est la gradation; Des choses très choquantes passent bien au bout d’une heure vingt de spectacle, mais je refuse qu’on les diffuse sur Rires et chansons à 9 heures du matin, sorties de leur contexte et saucissonnées. Je peux être trash, dire des choses atroces, mais il y a un ordre, une progression, que je cherche d’ailleurs les premiers soirs avec le public.

A propos de l’humour qui ne passe pas toujours…

Louis Guichard :Regrettez-vous votre sketch moqueur sur Juliette Binoche, réalisé pour les César en 2010 ?*
Valérie Lemercier : Non. Je suis solidaire de mes collègues, mais on a aussi le droit de taquiner certaines d’entre elles. J’avais écrit un sketch sur Anouk Grinberg dans sa période Bertrand Blier, mais je ne l’ai finalement pas joué. Marion Cotillard, c’est fait, pour les César aussi, l’année de La Môme. En ce moment je serais plutôt tentée par Monica Bellucci… Les actrices me passionnent. C’est toujours intéressant d’étudier leur style, ce qu’elles montrent et ce qu’elles cachent. Leur façon de communiquer, de paraître, ce qu’elles veulent dire d’elles. Je ne parle pas des rôles mais de tout le reste. On se trompe très souvent sur l’image qu’on renvoie quand on est célèbre. On met en avant des choses de soi qui ne sont pas forcément les mieux. On cultive la sophistication, on cherche trop à cacher ce qui est humain, or c’est peut-être ça qu’il faudrait montrer.

(*NDLR : L’humoriste commente la réaction de Binoche dans le magazine Marie-Claire de décembre 2012 dans une interview accordée à Fabrice Gaignault : “Son agent m’a engueulée. Elle a fait dire qu’elle ne l’avait pas regardé. Elle ne pourra jamais le voir car il a été censuré dans le DVD de la cérémonie. Les gens du milieu qui se marraient aux répétitions se sont désolidarisés de moi. Depuis, je suis tricarde aux César. C’est con, j’aimais bien présenter la soirée“). Retrouvez cet entretien sur le site de Télérama en cliquant sur ce lien :Valérie Lemercier 

SOPHIA ARAM…A propos du rire comme  arme de résistance.

Valérie Lehoux : Chez vous, le rire n’est jamais gratuit. Il est une forme de résistance ?
Sophia Aram : En tout cas, il permet d’aborder des sujets graves ou polémiques plus librement que sur un ton sérieux. Et il permet de se faire mieux entendre, y compris par ceux qui ne partagent pas vos idées. Regardez la façon, toujours très pesante, dont sont habituellement abordés les problèmes religieux… Le rire dédramatise, sans rien édulcorer ! Avec l’humour, on peut même aller très loin, bousculer les esprits et les convictions. Récemment, une jeune femme, très émue, m’a raconté qu’elle s’était servie d’une de mes chroniques sur le mariage pour tous pour annoncer à ses parents son homosexualité. J’en ai eu les larmes aux yeux.

A propos des limites du rire.

Valérie Lehoux : Quand vous écrivez, vous imposez-vous des limites ?
Sophia Aram : Je m’interdis d’attaquer quelqu’un sur son physique ou sa famille. Tout ce sur quoi il n’a pas prise.

A propos de ses confrères. 

Valérie Lehoux : Quand, ensuite, vous avez débarqué sur la matinale, France Inter était encore agité par son départ et celui de Stéphane Guillon…
Sophia Aram : Le climat était très tendu. Mais quand Philippe Val – que je ne connaissais pas – m’a proposé cette chronique (pour remplacer Raphaël Mezrahi et Gérald Dahan, qui venaient d’y faire un passage éclair), il m’a assurée d’une totale liberté. J’ai envoyé un texto à Didier, qui m’a dit : « Vas-y, camarade. » Pour l’instant, je n’ai pas eu à me plaindre de la moindre pression. En revanche, j’ai la sensation que Stéphane Guillon m’en veut. Quand on l’interroge sur moi, il répond : « J’aime beaucoup Gaspard Proust ! » 

Retrouvez l’intégrale de cette interview en consultant le site de Télérama en cliquant sur ce lien : Sophia Aram

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