Simone Veil, le selfie et moi…

SIMONE VEIL au Panthéon. Sachant que je ne pourrais m’y rendre à l’heure de la cérémonie, j’y suis allée à 7h30, ce matin. Quelques badauds déjà et cet échange avec une passante d’une cinquantaine d’années.

La rue Soufflot, ce matin à 7h30.

LA FEMME : -Vous pouvez m’prendre en photo devant le Panthéon ?

MOI: -oui, je peux.

(La femme me tend son I-Phone).

MOI :-J’ai dit que je PEUX vous prendre en photo; je n’ai pas dit je VEUX .

LA FEMME : Pourquoi ?

MOI : Ça n’est pas vous qu’on célèbre aujourd’hui. Je veux bien vous prendre en photo devant la Tour Eiffel mais pas devant Simone Veil.

LA FEMME : connasse !
MOI : Vous voyez, vous ne méritez pas de poser avec Simone”.
Fin de l’échange.

Oui, je sais, c’est brutal. De part et d’autre. Je n’en veux même pas à cette femme de m’avoir traitée de connasse. C’est certes démesuré mais c’est bien moi qui la provoque en émettant un commentaire sur son attitude. J’aurais tout aussi bien pu ne pas répondre et passer mon chemin.

Ce n’est pas que je sois contre (tous) les selfies. Il m’arrive de suivre des personnes qui passent le temps à en publier sur Instagram, Facebook et d’autres réseaux sociaux. Et ça m’amuse (l’Instagram de Sandra Sisley, femme du comédien Tomer Sisley vaut qu’on le consulte), parfois m’inspire. Je comprends un selfie quand il est au service d’une histoire (celle de blogueuses mode, beauté, cuisine…), d’un moment vécu (une rencontre exceptionnelle avec une personnalité qu’on admire et respecte, un lieu qu’on découvre) d’un partage (entre amis, en famille…) … et même d’un délire. Mais lorsqu’il s’agit de dégainer à tout va son téléphone pour capter sans ressenti, émotion ni réflexion tout et n’importe quoi, ça m’agace et me peine.

Simone Veil au Panthéon, ça n’est évidemment pas “tout et n’importe quoi”…mais il y a une façon de faire les choses. Cette femme, qui m’a traitée de connasse, a tenté à deux, trois, quatre reprises de se prendre en photo aux abords du Panthéon encore désert à cette heure de la journée. La lumière ne lui étant pas favorable, elle se contorsionnait, singeait ces moues boudeuses qu’affichent les ados qui s’y connaissent en selfie. Je l’entendais marmonner : “Oh, j’suis mal maquillée ! La lumière n’est pas flatteuse… J’y arrive pas!”

Elle m’a sollicitée parce qu’elle ne se trouvait pas assez bien devant Simone Veil. Aux yeux de cette femme, l’événement n’était pas la panthéonisation de Simone Veil mais la mise en scène d’elle-même, non pas à côté mais devant Simone Veil. Pire, tournant le dos à Simone Veil. Je ne me sentais pas de participer à cette mascarade en cette journée que j’avais, comme beaucoup, envie de dédier au recueillement et à la mémoire…♦

 

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