Jean-François Cayrey : “En arrivant au Jamel Comedy Club, j’ai pris le contre-pied de ce qui s’y faisait en présentant un sketch “raciste”

Jean-François Cayrey, vous le connaissez  forcément si vous avez vu Intouchables. L’auxiliaire de vie maladroit qui remplace Omar Sy, c’était lui. En réalité, cet ex-employé de la finance, aujourd’hui membre du Jamel Comedy Club est beaucoup plus doué pour faire rire et chatouiller là où ça grince. Il joue  Complètement libre, tous les jours à 16h1o  au Palais-Royal d’Avignon… un show à voir.

 

Jean-François Cayrey

Il y a peu d’hommes sur leblogfemmequirit. Je ne parle que des plus prometteurs quand ce ne sont pas les meilleurs. Jean-François Cayrey en est. Et son show Complètement libre est l’une des belles surprises de la saison. Je ne dis pas cela parce qu’il fait partie du Jamel Comedy Club -incontournable détecteur des grands artistes de demain- puisque tout ne me plaît pas au Comedy Club mais c’est une autre histoire. Présent à Avignon, au Théâtre du Palais-Royal, Cayrey reprendra son show à la rentrée au Comedy Club.

Au sein du Jamel Comedy Club, Jean-François Cayrey est une sorte de minorité visible parmi les Malik, Nawell, Noman, Redouanne, Mohamed et autres prénoms non inscrits au calendrier des saints. Il joue de cette fausse singularité d’entrée de sketch avec un propos qui donne le ton de tout son spectacle: “Salam alikoum ! Bonjour, je m’appelle Jean-François, j’espère que ça reviendra à la mode. Je suis la minorité visible du Jamel Comedy Club… Je connais beaucoup d’Arabes. Des Noirs, moins, j’ai pas tous les vaccins». Cayrey gratouille les plaies d’une société minée par la prolifération, qui tourne parfois à la célébration, d’idées nauséabondes (le racisme) ou mal comprises (l’écologie ou le commerce équitable). Sur la question de l’identité, tous y passent : les Noirs, les Arabes et les Portugais ne sont pas épargnés. Ainsi José, maçon de son état, qui a édifié une église dans son jardin pas tant parce qu’il est croyant mais parce qu’il aime bétonner. Ça n’a certes pas (encore) la causticité d’un Bedos ou d’un Desproges, mais il y a de l’idée et une façon de convoquer l’actualité des plus prometteuses. Voyez, notamment, comment Jean-Désiré, son pote antillais, s’acquitte du devoir de mémoire à l’égard de ses ancêtres esclaves. Cayrey sait provoquer, faire valser les clichés et s’amuser avec les donneurs de leçons. Il a non seulement le sens de la formule mais également celui du rythme et déclenche le rire sans forcer. Pour toutes ces raisons, j’ai voulu savoir ce qui fait rire Jean-François Cayrey.

“C’EST PLUS DRÔLE DE RIRE DU HANDICAP AVEC UN HANDICAPÉ ET DU RACISME AVEC UN ARABE. C’EST CE QUE JE FAIS AU QUOTIDIEN AVEC JAMEL”

 

Un penchant pour l’humour sociétal

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelle est votre définition de l’humour ?

JEAN-FRANÇOIS CAYREY. Pour moi, l’humour est un mélange de surprise, de contre-pied, d’absurde, de provocation et d’irrévérence.

LBFQR. Et comment définiriez-vous le vôtre ?

J-F.C. C’est un humour sociétal c’est-à-dire qui interroge les grands sujets de la société. Du moins, les sujets quotidiens : le racisme, l’écologie, l’éducation scolaire…Je traite de tout ce que j’ai pu lire dans les journaux et qui donne à réfléchir.

LBFQR. A propos d’éducation scolaire, sur scène, vous dites : «J’ai 35 ans, j’étais prof en ZEP. Le premier jour, on nous a remis les fournitures : une gomme, un Taser et un gilet-pare-balles…C’est quoi le programme ? Rester vivant !». Cette partie de votre show s’inspire-t-elle de votre vie ?

J-F.C. Pas du tout ! Je n’ai jamais été prof. Je lis les journaux et ça nous donne envie à moi et Yoann Gillouzouic, co-auteur de mes sketches (Ndlr : ex-moitié du duo Aude & Yoann produit par Ledermann), d’écrire une histoire sur ce malaise-là et sur plein d’autres. Il y a des profs en détresse, qui s’immolent…tout cela donne matière à écrire.

LBFQR. Votre show s’est appelé Explicit puis Comique équitable et enfin Complètement libre, ces changements de titres correspondent-ils à une évolution de contenu ?

J-F.C. Non, c’est le même spectacle. Explicit, c’est le nom déposé à la Sacem. Je l’avais appelé ensuite Comique Equitable mais je ne voulais pas tomber dans le politiquement incorrect.

LBFQR. L’écriture est-elle un exercice difficile ?

J-F.C. C’est toujours difficile car on se pose toujours des questions pour savoir s’il est opportun de traiter de tel ou tel sujet. Est-ce qu’on va être taxé de ceci ou cela. Il n’y a qu’une seule épreuve du feu, c’est celle du public. Un sketch joué devant un public restreint de La Trinité-sur-Mer n’a pas le même impact que joué dans l’enceinte du Comedy Club… J’écris depuis quinze ans avec Yoann. Je trouve qu’à deux, on est plus intelligents ! On est également amis dans la vie et on travaille sur plusieurs projets dont un pour le cinéma.

LBFQR. Qu’est-ce qui vous fait rire depuis toujours ?

J-F.C. Les gens qui se prennent au sérieux.

LBFQR. Et depuis peu ?

J-F.C. Mes enfants (Ndlr : 11 et 9 ans) qui commencent à manier le second degré.

LBFQR. Quelle histoire ou anecdote (pas) drôle ne fait rire que vous ?

J-F.C. C’est ma gardienne quand elle imite ma boulangère; moi, ça me fait rire, mais pas elles, et ça ne concerne que peu de personnes.

LBFQR. Qu’y a-t-il de plus drôle dans votre personnalité ?

J-F.C. Ma mauvaise foi.

Franck Dubosc, photo du site de l’artiste.

LBFQR. Quels humoristes de votre génération déclenchent invariablement votre rire?

.J-F.C. DupontelFranck Dubosc, Elie & Dieudonné.

LBFQR. Euh…Les Blabla et Dubosc sont nés, me semble-t-il, en 1963, Dupontel en 64 et Dieudonné doit être de 65 ou 66…Si vous êtes de leur génération, vous ne faites pas vos presque 50 ans !

J-F.C. Vous me donnez quel âge ?

LBFQR. De tout évidence vous n’avez plus 30 ans mais pas encore 50 ! D’ailleurs, ce qui m’a frappé en vous voyant dans la troupe ce n’est pas que vous vous appeliez Jean-François mais que vous soyez un peu plus âgé qu’un Waly Dia ou Malik Bentalha qui ont 23 ans. Vous faites plus établi, plus adulte…

J-F.C.Ouais, disons que je suis plus jeune qu’eux (Ndlr: Dubosc, Elie…) mais je ne dis pas mon âge. Sur scène, je dis que j’ai 35 ans, donc, dites que j’en ai 35. Ça fait quinze ans que je fais de la scène. J’ai commencé par des scènes ouvertes au Carré Blanc, aux Blancs Manteaux…Je jouais tout en gardant en parallèle un boulot fixe et suffisamment rémunérateur. J’ai eu la chance de ne pas connaître la pression du «faut que ça marche !». Ce confort m’a permis d’apprendre et de progresser sans stress.

LBFQR. Et c’était quoi ce boulot rémunérateur ?

J-F.C. J’étais pas milliardaire ! Je travaillais sur les marchés européens (Espagne, Angleterre, Hollande…) et asiatiques. Je comptabilisais les ordres de bourses passés par des traders. Je grenouillais dans le middle-office sans grimper, je m’épuisais à nager à contre-courant

LBFQR. Les humoristes que vous aimez sont-ils ceux qui vous ont donné envie de faire de la scène ?

J-F.C. Oui, ce sont les mêmes. Dupontel, Elie et Dieudonné, Coluche, évidemment ! Desproges…J’aime leur côté irrévérencieux. Cette façon de maîtriser les codes de la scène et d’oser se permettre des choses. Aujourd’hui, plus personne ne se permet quoi que ce soit ! Au resto pour changer de garniture, le serveur doit en référer au chef. Moi, j’ai envie de prendre l’initiative de faire les choses autrement.

LBFQR. Il n’y a pas de femme dans votre sélection, vous avez bien une humoriste préférée ?

J-F.C. Valérie Lemercier. Elle a un charme fou, une classe naturelle qui lui permettent tous les excès.

LBFQR. Et votre humoriste homme préféré ?

J-F.C. Jamel Debbouze parce que c’est mon patron !
LBFQR. Pensez-vous qu’il y a un humour féminin et un humour masculin ?

J-F.C. Non, c’est encore un truc pour ségréguer les gens.

LBFQR. Quel est votre film comique préféré ?

J-F.C. The Dictator de Sacha Baron Cohen que je vais m’empresser d’aller voir.

LBFQR. A quel moment de votre vie vous êtes-vous aperçu que vous aviez le talent de provoquer le rire?

J-F.C. A l’école, pendant l’inter-cours, je prenais la place du prof qui venait de nous quitter et je retraçais les moments forts du cours.

LBFQR. Faire le pitre en cours, ce que beaucoup d’élèves font, ne présage en rien de l’aptitude et du talent à investir une scène…

J-F. C. Evidemment ! C’est la conjonction de pas mal de choses. Il y a bien sûr les idioties qu’on peut faire à l’école mais l’exploitation de ce filon s’est faite sur le tard. J’étais dans la vie active et puis j’ai eu une espèce de ras-le-bol d’exercer un boulot classique avec des perspectives attendues. Je voulais changer de vie, je sentais que ça n’était pas un caprice et qu’il y avait urgence à le faire. Jusque-là, j’avais toujours fait ce qu’on m’avait dit de faire et pas tellement ce dont j’avais envie.

LBFQR. Quand vous dites «on m’avait dit de faire», vous parlez de vos parents, j’imagine. Que vous ont-ils demandé exactement ?

J-F.C. Je viens d’une famille moyenne, très classique. Ma mère est kiné, mon père travaille dans la grande distribution. Ils ne m’ont obligé à rien mais c’était comme ça : il faut faire des études, avoir un diplôme, trouver un job en CDI etc…Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de boulot en CDI qu’on n’est pas heureux ! En même temps, c’est un pari risqué de vouloir vivre de ses sketches, on ne peut pas le conseiller à un enfant.

LBFQR. Quel parcours avez-vous emprunté pour vous conformer au souhait de vos parents ?

J-F.C. J’ai fait un BTS de Commerce international , des études courtes parce qu’à la fac, je ne me sentais pas assez cadré. J’avais des facilités pour les langues, ça m’a permis de bosser en Grande Bretagne, en Espagne…Mais en réalité, le commerce international, c’était moins glamour que sur le papier. On pense qu’on va beaucoup voyager mais c’est surtout pas mal de paperasse.

LBFQR. Vous travailliez à la bourse, vous aviez un CDI, vous êtes aujouurd’hui intermittent. Vivez-vous aujourd’hui de votre métier ?

J-F.C. J’en vis tout à fait normalement c’est-à-dire sans excès. Je n’ai pas les moyens de faire des excès. Je suis père de famille, ça oblige à être lucide.

LBFQR. Beaucoup d’humoristes racontent, une fois arrivés, qu’ils en ont bavé. Vous avez eu l’impression de galérer ?

J-F.C.  Euh, d’abord je n’estime pas être encore arrivé. Et puis quand on aime ce qu’on fait et qu’on y croit, je ne suis pas sûr qu’on galère autant que quelqu’un qui n’a pas choisi son métier et peine à s’en sortir.

LBFQR. Au moment où vous décidez de devenir comédien, ressentez-vous la nécessité de prendre des cours de théâtre ?

J-F.C. J’ai suivi pendant un an et demi les cours du soir de Pascal Daubias, à la Comic Academy.  Et puis Pascal m’a dit : «Ce serait con de ne pas essayer». Je lui dois le fait de m’avoir donné de l’assurance et de m’avoir permis de me permettre.

LBFQR De quoi parlait votre premier sketch ?

J-F.C. Ça parlait du Soldat Ryan et c’était très inspiré de Dupontel. J’ai joué lors des scènes ouvertes du Trévise et ç’a déclenché des choses. Les ennuis commencent quand, après avoir apprécié votre sketch, on vous demande «T’as quoi d’autre ?». C’est ça l’usurpation ! Je n’avais qu’un seul sketch et on m’a demandé plus.

LBFQR. Comment votre entourage a t-il vécu et accompagné votre passage d’employé de bourse à celui de saltimbanque?

J-F.C . Ma femme m’a soutenu. C’est aussi grâce à elle que ça a pu se faire. Franchement, elle a dû penser que c’était une escroquerie ! On s’est rencontrés, j’avais un boulot stable, on s’est mariés et deux après, j’ai annoncé mes envies : faire de la scène. Elle a été formidable, elle m’a suivi et encouragé et à mon tour, je l’encourage aujourd’hui à se mettre à son compte. Ma femme est éditrice.

LBFQR. Vos enfants vous ont-ils vu sur scène ?

J-F.C. Oui. Certaines choses leur plaisent mais ils n’ont pas encore le rcul et la culture nécessaires pour comprendre. En revanche, je bénéficie du fait d’être produit par Jamel et ça, c’est plus précieux à leurs yeux que mes propres sketches !

“Jamel est quelqu’un d’exceptionnel qui ne craint pas de mettre en valeur les autres”

LBFQR. Comment avez-vous rencontré Jamel Debbouze ?

J-F.C. Comme beaucoup, j’ai passé une audition, mais en arrivant au Jamel Comedy Club, j’ai pris le contre-pied ce qui s’y faisait en présentant un sketch raciste. C’était une façon de faire la différence avec l’esprit très communautaire qui s’était installé en 2007. Jamel m’a dit : «C’est une très bonne idée, si tu as un spectacle, je le produis». Encore une fois, je n’avais rien et Jamel m’a encouragé à persévérer.

LBFQR.  LE personnage est raciste. C’est le sketch dans lequel vous dites : «T’arrives au kebab, y a beaucoup de Noirs comme aux Assedics».

J-F.C. Oui. Tout le monde ne l’a pas compris et il a été censuré sur YouTube. On n’appréciait pas que je dise qu’il y avait beaucoup de Noirs comme aux Assedics. Au premier degré c’est peut-être raciste mais le but du sketch c’est de souligner le fait qu’on ne donne pas de travail à certaines personnes du fait de leur couleur. Est-ce que c’est moins raciste, ça ?

“RIRE DE TOUT, C’EST CONSEILLÉ, SINON ON SACRALISE LES CHOSES ET ON DEVIENT AUTISTE”

LBFQR. Vous auditionnez devant Jamel en 2007 et pourtant on ne vous voit au Jamel Comedy Club qu’en 2011, que s’est -il passé pendant ces quatre ans ?

J-F.C. D’abord, il y avait déjà la première troupe du Jamel Comedy Club et puis écrire un spectacle prend du temps. J’ai dû reprendre des boulots en intérim et par chance, j’ai été choisi pour jouer dans Amour & Chipolatas de Jean-Luc Lemoine, pendant deux ans. Ça m’a permis d’écrire. J’ai écrit de 2008 à 2009 et je suis monté sur scène ensuite.

LBFQR. Dans votre spectacle, Jamel n’est pas épargné puisque vous dites : «J’ai vu Indigènes. J’avais honte. L’Armée Française, putain, ils auraient pu le réformer Jamel. Le mec, il arrive pas à éplucher une patate, on l’envoie faire la guerre !». Comment cette réplique est-elle passée ?

J-F.C. Je l’ai lue à Jamel dans son bureau. Je lui ai dit : « Si ça te gêne, je l’ôte». Il a été touché par le fait que je le lui propose mais il m’a encouragé à la garder. Plus on est intelligent, plus on a de recul et Jamel est très intelligent. J’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un d’exceptionnel qui ne craint pas de mettre en valeur les autres.

LBFQR. Pensez-vous qu’on puisse rire de tout ?

J-F.C. Oui ! C’est même conseillé, sinon on sacralise les choses et on devient autiste.

LBFQR. Et avec n’importe qui ?

J-F.C. C’est plus drôle de rire du handicap avec un handicapé, du racisme avec un arabe. Moi, c’est ce que je fais au quotidien avec Jamel.

LBFQR. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire du tout ?

J-F.C. Les artichauts ! Les gens qui se prennent au sérieux car tout est, potentiellement, susceptible de faire rire. Les spectacles politiques deviennent militants et peuvent être un peu chiants. Dieudonné, par exemple, s’enferre dans un truc alors que c’est l’un des meilleurs artistes, l’un des plus brillants. En faisant ce qu’il fait, il change de métier.

LBFQR. Justement, quels thèmes n’aborderez-vous jamais ?

J-F.C. Je ne sais pas, je ne me suis pas encore fixé de limites.

LBFQR. A propos du Jamel Comedy Club, vous soulignez dans votre sketch le fait d’être la minorité visible de la troupe. En quoi cela se ressent-il ?

J-F.C. Ça ne se ressent pas au niveau de nos rapports entre humoristes, mais au niveau du public. Le public qui vient au Jamel Comedy Club ne vient pas voir Jean-François Cayrey. Il vient applaudir Malik Bentalha, Redouanne Harjane…je ne suis pas le premier choix. On ne s’attend pas au Jamel Comedy Club à voir un Breton, un Auvergnat…ou le Parisien que je suis, mais Jamel travaille à faire bouger les mentalités.

LBFQR. Jamel répète souvent qu’il a créé le Comedy Club pour que la France fasse mieux connaissance avec elle-même…

J-F.C. Parfaitement, et s’il fermait sa porte à des Jean-François comme moi, eh bien il irait à l’encontre des valeurs qu’il a associées à la création de son club.

LBFQR. Que vous a apporté le Jamel Comedy Club ?

J-F.C. Officiellement, je suis depuis peu de temps dans la troupe et le fait de jouer le week-end expose peu mais le Jamel Comedy Club m’a aidé à gagner en assurance. Jamel m’a emmené au Maroc trois années de suite pour le Marrakech du Rire (Ndlr : s’il y a bien eu 3 éditions du MDR, seules celles de 2011 et 2012 ont fait l’objet d’une captation pour M6) c’était génial. J’ai pu bénéficier d’une visibilité et d’encouragements que je n’aurais pas eus aussi rapidement sans lui et sa structure. Quand vous jouez devant Omar Sy, Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Hervé Mimran (Ndlr: co-auteur et co-réalisateur du film Tout ce qui brille avec Géraldine Nakache) et François-Xavier Demaison… et qu’ils vous demandent où vous jouez dans l’espoir de venir voir un spectacle intégral, c’est un énorme cadeau.

LBFQR. Préférez-vous qu’on dise « Jean-François Cayrey est un comique?» ou « Jean-François Cayrey est un humoriste» ? Quelle différence faites-vous entre les deux ?

J-F.C. A choisir, je préférerais humoriste. Le comique, c’est plus le type qui met une plume, un chapeau, une moustache et fait le con. L’humoriste essaie de se creuser la tête pour définir des angles d’attaque sur un sujet et sortir quelque chose de plus pointu que le simple effet visuel qui fait se plier l’assemblée.

LBFQR. Vous avez joué dans Intouchables, 19 millions de spectateurs vous ont vu dans le rôle de Julien, auxiliaire de vie… ce succès a t-il eu des répercussions sur votre carrière ?

J-F.C. Les choses bougent doucement, j’avais fait deux pubs pour Olivier Nakache et Eric Toledano (Ndlr : Castorama c’est castoche ! Avec Joséphine de Meaux, comédienne qui est dans tous les films du tandem), et puis ils m’ont pris pour Intouchables. Je pense que si effet il y a, il se mesurera plus tard. J’ai confiance.

LBFQR. Vous jouez en ce moment à Avignon, où jouerez-vous à la rentrée ?

J-F.C. Je serai au Jamel Comedy Club le week-end et j’aimerais avoir une programmation de quatre jours en semaine.

LBFQR. Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

J-F.C. Je n’ai pas de plan de carrière.

LBFQR. Vous avez bien un rêve, certains visent L’Olympia.

J-F.C. Bien sûr, le rêve c’est d’y arriver! A quoi ? Je ne sais pas ! J’aimerais avoir un spectacle qui cartonne et faire du cinéma.

LBFQR. Vous avez l’air très serein pour un humoriste. Beaucoup de vos confères sont un peu névrosés, tout de même.

J-F.C. On n’est jamais serein ! Si on l’est, c’est qu’on est sûr de soi et on va dans le mur. J’ai tracté ce matin, hier soir, j’ai fait la fête avec Jamel et Omar…Je ne suis pas serein, je suis juste fatigué.

 

 

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