Florence Foresti pratique L’Art d’en Rire.

Si Florence Foresti  est entrée au Louvre, ce n’est pas pour remplacer la Joconde mais pour se “payer” quelques toiles et une bonne tranche de rire sous le regard amusé d’Edwart Vignot, historien de l’art.

Sur le post-it, Foresti a écrit : “Jeune homme dévasté d’avoir perdu mon numéro (et ses vêtements)”.

Mercredi 23 octobre à 8h30, Florence Foresti et Edwart Vignot recevaient autour d’un petit déjeuner quelques journalistes au  Musée Delacroix, rue de Furstenberg à Paris. L’objet de cette rencontre : présenter L’Art d’en Rire (Ed. Place des Victoires), leur beau livre d’art qui désacralise avec humour des peintures et quelques sculptures majeures des musées d’Orsay, Delacroix et du Louvre qu’on n’aurait peut-être pas osé approcher mais qu’on fera, grâce à eux, entrer avec bonheur dans notre salon.

Florence Foresti n’avait jamais mis les pieds au Louvre et à Orsay avant de rencontrer Edwart Vignot à l’origine de cet intelligent livre de vulgarisation de l’art. Pas assez de temps et trop de notoriété condamnent certaines personnalités à ne parcourir ces temples dédiés à l’art que par le biais de livres ou de documentaires. En préparant L’Art d’en Rire, Foresti s’est rattrapée et a suivi une sorte d’apprentissage accéléré qui peut servir de modèle à tous ceux qui n’ont pas accès aux musées.

Edwart Vignot, historien de l’art et Florence Foresti © Jonathan Broda.

Après avoir observé près de 450 œuvres, les deux complices en ont décrypté une centaine chacun avec les outils qui ont forgé leur réputation. L’humoriste joue la candide sans se départir de son impertinence sous l’œil amusé mais pas blasé de l’historien de l’art qui apporte son éclairage d’expert. On est ici plus que jamais saisi par la vivacité d’esprit de Foresti, son imagination, son sens de l’impro jamais au repos et sa très grande sensibilité. C’est drôle et vif, émouvant parfois. Surprenant également quand, au détour d’une toile, Foresti «croise» Sarkozy, Mireille Mathieu, Valérie Lemercier, Brad Pitt et Angelina Jolie…

“De l’utilité d’avoir les cheveux longs” écrit Florence Foresti. L’Art d’en rire, page 49

 “ON VOIT {L’ART} AVEC SES YEUX, AVEC CE QU’ON SAIT ET AVEC SON INTENTION AUSSI F.Foresti.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Edwart, vous avez déjà entraîné des personnalités au musée pour les faire commenter des œuvres à leur façon. D’abord Jean Rochefort, passionné d’équitation qui a co-signé Le Louvre à cheval puis la comédienne Louise Bourgoin, diplômée des Beaux-Arts de Rennes, co-auteur de Orsay mis à nu. Pourquoi avoir choisi Florence Foresti pour ce troisième livre ?

FLORENCE FORESTI (s’adressant à Edwart). Parce que tu n’avais pas le choix !

EDWART VIGNOT. Solliciter Florence Foresti c’était la possibilité d’offrir au plus grand nombre, à ceux qui ne sont pas sachants, comme on dit, d’aller vers un domaine qui leur est un peu fermé; et vers lequel ils n’oseraient pas aller. Lorsque j’ai rencontré Florence en 2007 sur le tournage du film d’Anne-Marie Etienne (Ndlr : Si c’était lui…avec Carole Bouquet et Marc Lavoine), ce qui m’a intéréssé c’est qu’elle ne connaissait rien à l’art mais qu’elle ne demandait pas mieux que d’en savoir davantage. Son envie d’apprendre est restée gravée dans ma mémoire. J’ai pensé qu’elle serait la bonne personne pour aller vers des gens qui demandent qu’on leur tienne la main pour accéder à l’art. Quoi de mieux que l’humour pour accéder à l’art ? Dialoguer avec un savant, un sachant, c’est stérile et très redondant.

FLORENCE FORESTI. Oui, ça s’annule ! (rires)

EDWART VIGNOT. Je suis très heureux de cette vraie complicité. Ça ne m’intéresse pas de coucher mon nom à côté de celui de quelqu’un de super connu si c’est Bibi qui s’y colle !

FLORENCE FORESTI. Les parties d’Edwart sont succulentes ! Non seulement c’est un expert dans son domaine mais il a beaucoup d’humour. C’est aussi pour cela qu’on s’est entendus et que je l’ai fait. Je n’aurais pas supporté d’être avec un con ! (rires) C’est super agréable d’apprendre en se régalant. Edwart a le don de savoir passionner les gens.

“Est-ce que vous êtes sachant ?” demande Foresti à son co-auteur Edwart et son éditeur Carl Van Eiszner ©LBFQR avec Samsung.

EDWART VIGNOT. Florence est une ambassadrice parfaite pour faire entrer ce livre chez les gens. Je ne sais pas si vous avez remarqué. Quand Valérie Damidot sur M6 vide les maisons qu’elle va redécorer, il n’y a jamais de bibliothèques. Si modestement dans la prochaine émission, il y avait une bibliothèque, il y aurait peut-être de la place pour ce livre.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Les beaux livres d’art entrent difficilement dans les appartements aussi à cause de leur prix.

EDWART VIGNOT. Pour ce genre de livre, le prix est généralement de 39,95 euros. Pour que L’Art d’en Rire atteigne son but, c’est-à-dire interpeller des gens qui ne vont pas forcément dans les musées,  il fallait baisser le prix. On voulait qu’il soit disponible dans certaines grandes surfaces comme les centres Leclerc et notre éditeur Carl Van Eiszner a accepté les conditions fixées par ces circuits. L’Art d’en Rire sera vendu 29,95 €. C’est un très beau livre d’art et je suis fier que son prix soit moins cher que les deux précédents. Ça fait partie de ma croisade.

FLORENCE FORESTI (esquisse un large sourire). Et  le livre de Louise, il est à combien ?

EDWART VIGNOT.  A 39,95 euros.

 

 

Foresti écrit : “Tu m’étonnes qu’il préfère rester anonyme, le peintre !” page 32

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Florence, pourquoi avoir accepté de faire un livre d’art?

FLORENCE FORESTI. C’était pour mon plaisir. Une façon de dédramatiser l’art, pas de le démocratiser, pour ça, on n’a pas besoin de moi ! De décomplexer les gens en leur disant qu’ils ont le droit d’appréhender l’art comme ils veulent. Même si on le rejette, c’est intéressant. Je n’apprends rien à personne. On a le droit d’avoir des rejets et de se dire que Les deux fillettes de Van Gogh sont laides. Si j’étais la mère, je dirais : Je veux des gamines plus jolies que ça ! Remboursez !

(FLORENCE FORESTI TOURNE LES PAGES ET S’ARRÊTE SUR DEUX DESSINS D’ALFRED DE MUSSET QUI A FAIT SON AUTOPORTRAIT ET UN PORTRAIT DE GEORGE SAND)

FLORENCE FORESTI. Bon là, c’est Alfred de Musset et George Sand mais ça aurait pu être Valérie Lemercier et moi. Il faut d’ailleurs que je lui envoie un p’tit mot pour la prévenir (rires). Il n’faudrait pas qu’elle s’vexe.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment avez-vous travaillé les commentaires de ce livre ?

FLORENCE FORESTI. Je n’ai pas de prétention d’auteur si ce n’est sur des sketches. L’écriture de ce livre s’est faite dans l’instant pour garder la spontanéité de nos échanges. On regardait les œuvres et on enregistrait sur un dictaphone mes réactions. On y est allé d’une manière sensible c’est-à-dire soit par le rire soit par le choc. On peut être horrifié, dégoûté, amusé, médusé par une œuvre…L’idée était de retranscrire mes premières impressions face à une œuvre sans savoir ce qui se cache derrrière. Edwart a un œil d’expert, moi, j’ai un regard d’enfant. Le livre se présente sous la forme d’un dialogue entre un prof et une candide.

 EDWART VIGNOT. Cette approche permet de désinhiber les gens qui pensent que l’art est une chose élitiste. Pour avoir travaillé auprès de scolaires, je sais qu’il est inutile d’être pontifiant avec des personnes qui ne sont pas prédisposées à cela. Il faut se mettre au niveau et dire que l’art c’est la joie de transmettre. Ce livre est, grâce à Florence, fait d’humeur. Autour d’un florilège d’images, on a posé sur certains tableaux comme des bulles que diraient les personnages d’une BD.

FLORENCE FORESTI. On a fait des légendes aussi.

Foresti écrit : “oooooooooooooooooh, si vous saviez le prix que je coûte!!!” page 204.

EDWART VIGNOT. On flâne en s’amusant mais on apprend aussi puisque chaque œuvre est accompagnée d’un éclairage sur l’auteur et son travail. Tout cela donne des œuvres commentées par Florence Foresti et parfois recadrées par moi. La couverture explique bien l’état d’esprit du livre. A une œuvre proposée on accole une «réflexion-post-it» c’est-à-dire de premier sentiment, de première humeur et puis on développe s’il y a matière. Parfois une phrase suffit. Florence est restée dans le registre du parler et c’était volontaire.

“JE NE VOULAIS PAS D’EXPLICATIONS SUR LES ŒUVRES AFIN DE NE PAS ETRE POLLUÉE”. F. Foresti

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Un exemple à citer ?

EDWART VIGNOT. Certaines phrases de Florence me font hurler de rire ! Quand elle commente L’Homme blessé de Hans Wechtlin, elle l’imagine transpercé par un lanceur de couteau qui n’aurait pas eu son diplôme. C’est excellent ! C’est le genre d’humour un peu anglais que j’apprécie. On a un très beau livre d’art avec des commentaires et des textes un peu profonds

FLORENCE FORESTI. Tu veux dire que mes textes ne sont pas profonds ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous étiez-vous renseignée sur les œuvres avant de les commenter ?

FLORENCE FORESTI. Je ne voulais pas d’explication sur les œuvres afin de ne pas être polluée par des informations. Je me suis avancée sans en connaître ni le titre ni l’auteur, avec la possibilité de légender l’œuvre, de trouver des titres même parfois complètement délirants. Ça m’amuse toujours de rebaptiser une œuvre avec mon regard. J’accorde plus d’importance à l’authenticité. Quand je savais de quoi il s’agissait, je n’avais plus envie de livrer mon interprétation. Parfois j’avais des choses à dire et j’insistais pour qu’Edwart enregistre parce que je savais que je n’aurais pas été parcourue par la même sensation une seconde fois, je voulais qu’on garde le premier jet.

Foresti : “Mais descends puisque je te dis que c’est plus sympa en bas !”. page 154

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez traversé Le Louvre, Orsay et Delacroix où nous sommes en ce moment. Selon quels critères avez-vous sélectionné les œuvres ?

FLORENCE FORESTI. Je me suis arrêtée en fonction ce qui m’interpellait. On n’a pas choisi des images parce qu’on les trouvait plus belles que d’autres. L’humour a été le critère. Et du coup, ça donne quelque chose de très mélangé. Après, certaines des œuvres m’ont touchée sans arrière-pensée et d’autres m’ont vraiment plu. Plus l’œuvre est choquante plus on a envie d’en rire pour justement ne pas être trop choqué. C’est mon système de défense.

EDWART VIGNOT. Il y avait des œuvres dont je pensais qu’elles contenaient une certaine drôlerie susceptible de faire réagir Florence…et pas du tout ! A l’inverse, certaines images dramatiques lui ont inspiré des commentaires drôles.

FLORENCE FORESTI. Certaines œuvres sont déjà des caricatures et je ne voyais pas ce que je pouvais apporter. En revanche, un regard humoristique sur une œuvre plutôt dure ou très ancienne comme Le Radeau de La Méduse, ça, ça m’intéresse. Je voulais apporter un angle amusé sur des choses a priori extrêmement sérieuses. Edwart m’invitait à regarder certaines œuvres et ça ne produisait rien, je n’étais pas attendrie, pas questionnée. D’autres fois, je ressentais des choses et il me venait une pensée comique. Parfois on n’a pas jugé nécessaire de garder des œuvres parce que ça n’amusait que nous.

EDWART VIGNOT. Florence est allée parfois chercher des détails qu’aucun critique n’avait relevé. Elle a eu des pensées assez fortes, dit des choses tendres. C’est un livre humoristique mais aussi très personnel pour lequel il n’y a pas eu de tricherie. Florence n’essaie pas d’être ce qu’elle n’est pas. Florence n’est pas historienne de l’art.

FLORENCE FORESTI. J’aurais pu ! (rires). On peut aborder l’art sans avoir toute ta connaissance. Aborder l’art c’est être sensible, être regardant. On peut rire de l’art et on peut aussi se laisser séduire ou non sans avoir la connaissance de tout ce qui se cache derrière l’œuvre. Il fallait le rappeler pour que les gens soient décomplexés et puissent «consommer» l’art simplement. L’essentiel est d’être touché, d’une manière ou d’une autre.

EDWART VIGNOT. Le pire qui puisse arriver c’est qu’ils ne soient touchés par rien. Ça m’est arrivé lors d’une visite -le pire cauchemar de ma vie !- j’avais quelqu’un qui ne s’intéressait à rien, qui n’avait aucune émotion. On n’y peut rien. Quand vous êtes devant un tableau avec des enfants qui n’ont pas l’iconographie, on peut dire que Samson c’est juste un type fainéant qui se fait couper les cheveux en dormant, par sa copine et que les Philistins, c’est les clients qui attendent leur tour. Ce n’est pas pour ça qu’on n’apprécie pas la peinture.

FLORENCE FORESTI. J’ai eu la chance d’avoir Edwart pour m’éclairer sur certaines œuvres. Découvrir toutes les anecdotes qui se cachent derrière une œuvre de Van Gogh, c’est extraordinaire ! Une chance et un très grand privilège outre le fait que les musées aient été ouverts juste pour nous.

EDWART VIGNOT. Ce livre est comme une passerelle, une main tendue. S’il peut avec ses belles reproductions entrer dans des appartements, on aura gagné notre pari.

 

Florence interroge : “Quelqu’un a t-il pensé à changer l’eau des fleurs?” p206.


FLORENCE FORESTI (feuilletant le livre) Voyez comme c’est joli, ça ! Oh la la pourquoi tant de décapitations ?

EDWART VIGNOT. Tu demandes pourquoi autant de décollations ?  Peut-être sur un coup de tête ! (rires)

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels musées avez-vous visités ?

FLORENCE FORESTI. On est allé au Louvre un jour d’ouverture et il y avait foule. On n’a pu travailler vraiment que le jour de la fermeture.

EDWART VIGNOT. C’était très chaud ! Il y avait un monde dingue et les gens reconnaissaient Florence.

FLORENCE FORESTI. Et au lieu de prendre les tableaux en photo, les visiteurs me prenaient moi ! Je leur disais : Mais mon Dieu ! Prenez La Joconde !

EDWART VIGNOT. On a fait les principaux musées : Louvre, Orsay et Delacroix. Pour le reste on a déambulé dans des collections d’Italie, d’Allemagne et du monde entier à travers des images. L’intérêt était de montrer des œuvres facilement indentifiables et qu’on peut aller voir. On a gardé une centaine d’œuvres dont 65% sont à Paris. Au départ, il y avait 450 œuvres ! On a dû écrémer, écarter des choses qu’on trouvait désopilantes mais qui n’apportaient rien. Il y a des choses que Florence voulait garder et dont je ne voulais pas et inversement.

FLORENCE FORESTI. Oui, nous nous sommes battus !

J’AI ÉPROUVÉ UN GRAND PLAISIR À APPRÉCIER CES ŒUVRES MAIS JE RESTE UNE NON-SACHANTE”. F.Foresti

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pourquoi s’être limité à ces trois musées ?

EDWART VIGNOT. Quand j’ai proposé ce projet à Florence elle m’a dit qu’elle croulait sous les propositions et que c’est pour cela qu’elle ferait le livre. Elle avait confiance parce qu’elle avait vu ceux de Jean Rochefort et de Louise Bourgoin. Alors, pourquoi trois ? Parce qu’elle est aussi très occupée et que c’est un travail qui demande beaucoup de temps.

Florence découvre qu’une pipe peut ne pas être une pipe chez Magritte mais qu’un citron est bien un citron chez Manet.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Selon quels critères s’est faite la hiérarchisation des œuvres ?

EDWART VIGNOT. Il a fallu mettre à plat les reproductions dans une grance pièce et après, considérer les thématiques, les couleurs afin d’avoir une espèce d’harmonie. Du coté des textes, il y a des redites. Ce ne sont pas des coquilles. On a tenu à garder ce texte parlé et toutes ses répétitions…

FLORENCE FORESTI. …Oui parce qu’elles servent aussi de liens entre certaines œuvres et que ça permet de comprendre notre déambulation.

EDWART VIGNOT. Des œuvres se suivent parfois parce qu’elles ont été décrites dans cet ordre-là; sinon, on aurait endommagé cette spontanéité. Quand devant le tableau (photo ci-dessus)  Ceci n’est pas une pipe de Magritte, Florence écrit “Mais ça y ressemble drôlement !”, personnellement, j’adore ! Du coup, quand elle tombe sur Le Citron de Manet, elle ajoute : “Si on va par là : ceci n’est pas un citron!”L’air de rien, à travers des petites phrases, Florence fait une critique sur le monde des images et sur ce qu’apporte un artiste.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avant cette déambulation dans ces musées, quelle relation entreteniez-vous avec la peinture?

FLORENCE FORESTI. D’abord, moi, je suis plus art contemporain donc j’avais un rapport de…(ndlr : elle s’adresse à Edwart) comment tu appelles ça ? De non-sachant ! (Rires). Je vais dire ça tout le temps maintenant Est-ce que vous êtes sachant ? Donc, c’était ça mon rapport à la peinture. J’ai un rapport sensible et uniquement sensible. Je ne veux pas être polluée par le savoir. J’aime bien être non-sachante et me tenir juste dans le sensible.

Foresti dit : “Voici la preuve que, de tout temps, les hommes rentrent chez eux au petit matin !” page 52.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avez-vous le sentiment de l’être un peu plus aujourd’hui ?

EDWART VIGNOT. Elle ne sait toujours pas qui je suis ! (rires).

FLORENCE FORESTI. C’est aussi très agréable de l’être mais je reste non-sachante. Il y a un très grand plaisir à apprécier les œuvres mais je reste là où je suis. Si j’étais férue de ça je ne serais pas humoriste. Je n’étais jamais allée au Louvre ou Orsay. Je connais des tableaux mais plus dans l’art contemporain. C’est pour cela que j’ai aimé parcourir ces œuvres avec Edwart. J’ai découvert le Louvre avec des yeux d’enfant. J‘étais excitée comme une puce, vraiment.

“ETRE PLUS PHOTOGRAPHIÉE QUE LA JOCONDE, POUR MOI C’EST COMPLIQUÉ!”. F.Foresti.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cette expérience vous a t-elle donné l’envie de retourner au musée ?

FLORENCE FORESTI. Il faut savoir que pour moi c’est un peu compliqué de faire des sorties (Ndlr: elle s’interrompt, gênée). J’aimerais pouvoir le faire. Etre prise en photo plus que La Joconde, c’est compliqué.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Si vous aviez à dérober une œuvre ou du moins faire un emprunt de longue durée, laquelle choisiriez-vous ?

FLORENCE FORESTI. Celle vers qui mon affection va le plus c’est Le Lit de Toulouse-Lautrec. Je ne sais pas pourquoi cette œuvre m’a touchée-touchée. Je trouve ça sublime ! C’est aussi pour ce que ça représente.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Deux femmes dans un lit.

FLORENCE FORESTI. Oui, c’est deux filles mais moi je ne le savais pas. C’est ça qui est amusant. Possiblement deux prostituées dans un lit alors que pour moi c’était un couple. On voit avec ses yeux, avec ce qu’on sait et avec son intention aussi. C’est là que je me dis que je suis aussi très conformiste car je voyais un homme et une femme. Ça aurait aussi pu être des enfants. On est conditionné. Je n’ai pas eu besoin de cette info pour aimer l’œuvre. Je la trouve extrêmement touchante, attendrissante. Ce qui m’a touchée c’est cette façon de saisir l’humanité dans ce qu’elle a de plus intime. Je trouve cela plus intime qu’une scène érotique. J’aime ce regard très touchant porté sur un couple quel qu’il soit.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles pièces d’art contemporain vous émeuvent ?

FLORENCE FORESTI. Je découvre et j’apprends tous les jours. Je ne suis pas dingue d’un artiste en particulier. Je suis curieuse.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous irez donc à la FIAC ?

FLORENCE FORESTI. Cette après-midi, oui… je vais essayer. C’est ma journée art dans l’année !

 

 

L’ART D’EN RIRE, Œuvres drôlement commentées par Florence Foresti et parfois recadrées par Edwart Vignot (Ed. Place des Victoires)

Parution : 24 octobre 2013

Prix : 29,95 euros


Format : 29 cm x 29 cm


Nombre de pages : 208


Illustrations : 100

Les reproductions des pages du livre L’Art d’en Rire sont publiées sur ce blog avec l’autorisation des Editions Place des Victoires.

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