Epoca : l’Italien qui réveille le 7ème.

EPOCA, la nouvelle table de Denny Imbroisi vient d’ouvrir dans le 7ème. A la carte, une cuisine simple, classique et savoureuse à l’image de son chef.

Artichauts à la juive©Rina Nurra

C’est malin de titrer “Epoca :l’Italien qui réveille le 7ème” ! On va croire que Denny Imbroisi, maître des lieux, joue de la mandoline sous les balcons des beaux immeubles en pierre de taille de ce très chic arrondissement de la rive gauche. Que nenni ! J’utilise volontairement cette image pour dire combien Epoca se déjoue de ces clichés en travaillant autour d’une cuisine authentique, tradi mais pas folklo.

Gnocchi alla sorrentina ©Rina Nurra

Fort du succès de IDA, son premier établissement situé dans le XV ème arrondissement de Paris, Denny Imbroisi (qui doit son prénom à l’amour immodéré de sa mère pour le héros de dessin animé Denny La Malice) a posé ses casseroles à l’angle des rues Oudinot et Rousselet.

Epoca © Emilie Bonaventure

Situé à quelques mètres du Ministère des Outre-Mer et du boulevard des Invalides qui le borde, EPOCA (époque en français) est un néo-bistrot, d’une capacité de 55 couverts, plein de charme et dont le design, d’inspiration Art Déco, signé Emilie Bonaventure, est élégant sans être guindé. Ouvert avec l’associé de Denny Imbroisi,  le très avisé Micaël Memmi du Zo,  EPOCA est LE restaurant italien qui réveille le VIIème, périmètre où la majorité des tables sont chères sans vraiment étonner.

En s’installant à Paris, Denny Imbroisi -passé chez Mauro Colagreco, William Ledeuil et Alain Ducasse, entre autres- avait fait le vœu de redessiner les contours d’une cuisine transalpine hélas, trop souvent cantonnée à la pizza et à la pasta. Si l’on trouve cette dernière sur la carte d’Epoca, c’est en offre limitée : 4 plats** tout au plus dont les délicieux Spaghettoni cacio e pepe(spaghettoni au fromage de brebis et poivre). Le Calabrais, popularisé par sa participation à la 3ème édition de TopChef, se distingue surtout par des plats emblématiques de diverses régions de La Botte, souvent oubliés des menus des restaurants italiens ou prétendus tels.

Ses Carciofi alla Giudia (littéralement, artichauts à la juive, 10€), spécialité du Latium (région de Rome) convaincront, sans nul doute, les néophytes, les curieux comme les palais affutés qu’il y a d’autres saveurs et d’autres airs en Italie; d’autres paris à prendre, ici, en France. Aux inconditionnels de la pasta, on offrira en fin d’année, La Pasta è la vita, le livre de recettes que Denny Imbroisi publie ces jours-ci.*

Suppli © Rina Nurra

A part ce plat, qui remporte déjà un franc succès -attention, il figure au chapitre des « Spuntini », autrement dit, des petites choses à manger sur-le-pouce, comme en apéritif-, j’ai beaucoup aimé cette carte d’automne concoctée par Denny Imbroisi. Elle est équilibrée (le chef a évidemment joué la saison mais aussi les volumes, les assiettes sont riches sans être dans l’abondance), et pas trop encombrée (2 suggestions pour les poissons et autant pour la viande; 3 à 4 dans les autres catégories).

Mortadelle et Negroni ©LBFQR

Côté budget, Epoca vous fait payer ce qu’il y a dans l’assiette, pas le loyer du quartier ! Les Spuntini sont à 10€, les Antipasti, dont le sublime Vitello Tonnato, à 14€. La Salumeria(charcuterie à partager) à 12 €. La Pasta à 16€. Les poissons et les viandes à 20 €. Les accompagnements (salade mixte, purée de pommes de terre, épinards ou ratatouille aux légumes de Calabre) à 4 €

Pour un repas à deux, on commencera par siroter un Negroni (Brecon gin/Martini/campari) et un Mademoiselle Epoca (Stolichnaya/sirop d’hibiscus/Florente/ citron vert/ menthe/ Proseco)  et on laissera à d’autres le Spritz qu’on voit et boit partout. On accompagnera ces cocktails de Suppli (riz safrané pané, provolone fondant de Lombardie) et de Polpette al sugo e pecorino (boulettes de viande bovine, sauce tomate et pecorino). On poursuivra avec un Polipo alla puttanesca (poulpe, céleri, radis, olives et tomates cerises confites) et une Burrata cremosa (inutile de traduire). Puis avec des Gnocchi alla sorrentina et une assiette de jambon de Parme.

Grana Padano ©LBFQR

Si l’appétit est bon et la compagnie du même tonneau, on attaquera avec le même enthousiasme la succulente Baccala polenta e olive (cabillaud avec polenta et olives) et le Pollo alla diavola (poulet grillé sauce pimentée). Et on essaiera, même en toute petite quantité, le Grana Padano Riserva, fromage préféré du chef qui ressemble -pour les non connaisseurs- à du Parmesan mais qui est surtout son grand rival.

Tout au long du repas, on se régalera d’un Rosso della Motta, vin « souple » de la région piémontaise qui donne envie de chanter sans déchanter (Le verre :8€. La bouteille : 37€).

A ce stade, le lecteur pensera sans doute que je suis corrompue et réclamera un reproche, un tout petit bémol qui viendrait nuancer ce post très laudatif sur EPOCA. C’est du côté de la cave que se dirige ma critique. Sur les 31 références de vins proposées, seules 5 d’entre elles sont consommables au verre. Je veux bien vider la bouteille mais mes hauts talons et ma voiture me rappellent sans cesse qu’il faut boire avec modération.

Meringa italiana, crema e frutti rossi © Rina Nurra

Quid des desserts ? Aïe, le bec sucré que je suis n’a rien à dire.
J’aurais aimé vous parler du Tiramisu,de l’Affogato al caffé, du Sbrisolona mantovana (crumble de figues et chocolat gianduja) de la Meringa italiana(ci-contre,9€) ou de la Glace minute de saison à partager (20€). Je suis partie un peu trop tôt ce soir-là pour les goûter. On m’attendait au Théâtre Mogador pour la soirée de gala de Grease, comédie musicale inspirée du film culte qui a bercé mon adolescence. Mais promis, je reviendrai et peut-être même ne reviendrai que pour goûter les dolci de Denny.

EPOCA est ouvert 7/7 jours depuis le 23 octobre. 17 Rue Oudinot 75007 Paris (métros Duroc, Varenne, Sèvres-Babylonne, bus 92)
*La Pasta è la vita de Denny Imbroisi (Editions Ducasse)26,90€.

 

**Les plats de pâtes(16€). Spaghettoni cacio e pepe (fromage de brebis et poivre noir). Gemelli pesto di basilico e pinoli (pesto de basilic et pignons de pin). Gnocchi alla sorrentina (gnocchi de pommes de terre, sauce tomats confites, mozzarella fondante). Ravioli bufala e tartufo nero (+ 4 €, pâtes fraîches farcies et truffe noire)

 

 

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Une réponse à Epoca : l’Italien qui réveille le 7ème.

  1. Lilith Despaquis dit :

    humm comme ça a l’air bon tout ça !

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