Baptiste Lecaplain: “Il ne faut pas s’la raconter quand ça marche car c’est difficile de faire rire”.

Baptiste Lecaplain a clôturé la 22ème édition du Festival du Rire de Villeneuve-sur-Lot dont il fut, cinq ans plus tôt, l’heureux lauréat. L’occasion d’échanger sur son parcours.

 

Quand le lauréat du Prix du Jury 2008 rencontre celle de 2012.© LBFQR.

Vous n’allez pas l’croire : c’est la deuxième fois que j’interviewe Baptiste Lecaplain pour ce blog ET JE N’AI JAMAIS VU BAPTISTE LECAPLAIN SUR SCÈNE ! Je connais quelques uns de ses sketches qui tournent sur le web (merci Youhumour !)mais je ne suis jamais parvenue à le voir à Paris. J’espérais enfin assister à son show présenté en clôture du Festival du Rire de Villeneuve-sur-Lot, samedi 6 juillet dernier, mais étant l’un des jurés de cet événement, je délibérais au moment où l’humoriste montait sur scène. J’étais v.e.r.t.e (Vraiment Ecœurée Râleuse Triste et Embarrassée) ! J’ai supplié Gautier Rosso, Président de L’Association Saint-Roch Saint-Fiacre, organisatrice du Festival de trouver une solution pour qu’on voie Baptiste. En vain…

Je ne regrette cependant pas d’avoir délibéré avec le jury présidé par le comédien et auteur Eric Thomas et composé de Emilie Benoît (productrice à Comic Soon et responsable de La Péniche à Lille), Aslem Smida (auteur et metteur en scène), Alexandre Tillier (Festival La Machine à Rire dans La Nièvre ), Bruno Rapin (directeur du Théâtre Ducourneau à Agen) et Sony Chan, humoriste lauréate de l’édition 2012 et dont j’ai déjà parlé ici. Nos échanges, qui ont duré plus d’une heure, ont été intéressants et enrichissants et j’ai fait de belles rencontres.

Je n’ai donc vu que les vingt dernières minutes de Baptiste Lecaplain se tape l’affiche. C’est peu mais c’est assez pour comprendre que j’avais raté un grand moment. Une autre fois peut-être ?

Baptiste a néanmoins accepté de répondre à quelques questions, attablé au restaurant Le Globe, à quelques pas du Théâtre Georges Leygues où il venait de jouer. C’était le samedi 6 juillet dernier, vers minuit, il faisait chaud mais il y avait un peu d’air, du rosé et tout le monde était de bonne humeur.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous venez de jouer à Villeneuve-sur-Lot quelques années après avoir été l’une des révélations du Festival du Rire, qu’avez-vous ressenti en remontant sur la scène du Théâtre Georges Leygues ?

BAPTISTE LECAPLAIN. De l’émotion forcément et surtout beaucoup de joie. J’étais venu participer en tant que candidat du concours Jeunes Talents, l’été 2008, et j’avais eu le second Prix du Jury et le Prix du Public. C’était mon premier festival. Cette année-là, j’avais joué mon spectacle six mois au Théâtre du Bout à Paris et c’était la première fois que je jouais en province. J’ai joué ici vingt minutes et j’en garde un excellent souvenir. C’est avec beaucoup de plaisir que je suis revenu à Villeneuve-sur-Lot.

Aslem Smida, Gautier Rosso, Baptiste Lecaplain. © Guillaume Sommaire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelle incidence ces deux prix du Festival du Rire de Villeneuve-sur-Lot ont-ils eu sur votre carrière ?

BAPTISTE LECAPLAIN. D’abord, ça m’a fait plaisir car c’était la première fois que je pouvais remercier en public mon metteur en scène Aslem Smida (photo ci-dessus). Et je sais qu’il avait été très ému par ça. Il en a reparlé dans le bonus de mon DVD (Ndlr : sortie prévue début décembre 2013) donc, apparemment, ça l’a beaucoup marqué. Villeneuve-Sur-Lot reste lié à de très bons souvenirs. Et puis c’est la première consécration que tu as, entre guillemets, car c’est très compliqué dans ce métier de dire que tu es reconnu ou pas. Là, c’étaient des professionnels et le public qui ensemble me disaient : «On aime bien ce que tu fais, continue !». Ces encouragements m’ont amené à rejouer tout l’été, à prolonger et monter sur scène trois soirs par semaine. Ça aide aussi sur les sites de réservation, quand tu as un prix du jury et un prix du public, les gens te font un peu plus confiance.



Baptiste Lecaplain, sketch Les Magasins (réal: Christophe Franck pour Youhumour).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le public qui vous voit à la télé, notamment chez Arthur (TF1 et Comédie +), dans Bref (sur Canal +) ou au cinéma a l’impression que vous venez d’émerger, en fait, vous êtes déjà lancé depuis quelques années.

BAPTISTE LECAPLAIN. Oui, ça fait cinq ans que je joue mais j’ai pris mon temps. J’ai joué un an dans une salle de 40 places, un an et demi dans une salle de 80 places. J’ai mis du temps avant d’arriver au Bataclan (Ndlr : salle de 1500 places dans laquelle Baptiste a donné 30 représentations).

“J’AI EU UNE PROGRESSION RAPIDE MAIS ASSEZ LOGIQUE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cinq ans pour être là où vous êtes aujourd’hui (Ndlr: un humoriste apprécié du public et adoubé par Gad Elmaleh, entre autres) ça vous paraît long ?

BAPTISTE LECAPLAIN. C’est vrai que les gens qui m’ont découvert au Bataclan ont l’impression que je débarque, mais non, j’ai passé deux ans et demi, trois ans à jouer dans des petites salles à Paris avant de m’lancer. Ç’a été une progression rapide mais finalement assez logique. On n’a pas brûlé les étapes. On a fait le Bout, le Temple, le Trévise…on a beaucoup, beaucoup, beaucoup joué.

Gérémy Crédeville, Prix du Jury 2013 avec Baptiste Lecaplain.© G.Sommaire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous dites «on» mais vous êtes seul sur scène. C’est une forme d’humilité ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Je dis «on» parce que si je suis seul en scène il y a toujours eu quelqu’un pour m’accompagner et m’encourager. C’était notre souhait avec Aslem de beaucoup jouer avant d’arriver à une grosse salle et je suis très content du chemin emprunté.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce soir encore vous avez remercié Aslem Smida (Ndlr : le metteur en scène de Baptiste est également celui du show du mentaliste Laurent Tesla qui sera fin août à la Comédie Saint-Michel, à Paris. Aslem Smida travaille en ce moment avec Paul Séré, également humoriste). Comment votre collaboration a t-elle démarré ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Aslem et moi on s’est rencontrés en 2005 à Marrakech dans un club Look Voyages où il passait des vacances avec sa femme et son fils. J’avais 20 ans et je jouais sur scène des sketches de Gad Elmaleh et Franck Dubosc et je commençais à écrire mes propres sketches qui étaient très mauvais. Aslem Smida est la première personne qui m’a dit : «J’aimerais bien lire ce que tu écris, t’as l’air sympa». Je lui ai fait lire et il m’a dit : «Effectivement, il y a beaucoup de travail mais je veux bien t’aider». En rentrant à Paris, on s’est vus régulièrement. J’ai pris mon poste d’animateur à Levallois, j’écrivais tous les jours et j’allais voir Aslem le soir. Et on a travaillé comme ça jusqu’à que qu’on arrive début 2008 au Théâtre du Bout. Voilà pourquoi je dis «on».

“GAD EMALEH A ENCENSÉ UN SPECTACLE…IL ME RESTE À FAIRE UNE CARRIÈRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je vois beaucoup d’humoristes de votre âge, très peu acceptent d’être mis en scène par d’autres qu’eux-mêmes…

BAPTISTE LECAPLAIN. Oui, mais moi j’aime bien encore une fois la façon dont on a avancé ensemble et c’est une histoire de fidélité. Aslem Smida a été le premier à m’aider et je le garderai longtemps à mes côtés. C’est mon premier avis extérieur. Il me connaît très bien et même si ça m’arrive d’écrire avec d’autres gens -je vais écrire avec Benjamin Guedj notamment, mon prochain spectacle- il reste toujours là. Aslem, c’est mon garde-fou.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. J’imagine que c’est bien utile quand, si jeune, on est déjà adoubé par Gad Elmaleh. Qu’avez-vous ressenti quand il a déclaré : «C’est le meilleur de sa génération»*

BAPTISTE LECAPLAIN. J’ai été littéralement scotché ! Il était venu me voir au Temple mais je ne m’attendais pas à ce qu’il dise cela en public. J’ai été évidemment touché parce qu’il fait partie des humoristes dont je reprenais les sketches. C’est un hommage extraordinaire. Ça attire le regard et l’attention sur moi et ça met aussi une certaine pression. Je ne considère pas être arrivé. Loin de là ! Et je dois garder à l’esprit que Gad a encensé un spectacle, maintenant  il me reste à faire une carrière.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels autres comédiens et artistes ont nourri vos rêves de scène ?

 

Bigard photo du site de l’artiste.

BAPTISTE LECAPLAIN. Il y en a plein. Les premiers spectacles que j’ai vus, c’était en VHS chez ma grand-mère : Lagaf, Palmade, Bigard, j’avais beaucoup aimé. Je regardais aussi Les Grosses Têtes avec Guy Montagné, Roland Magdane qui me faisaient beaucoup rire. Ensuite, j’ai découvert Elie Semoun, Franck Dubosc puis Gad Elmaleh. J’avais halluciné devant son sketch de La Cigarette, c’est l’un de ceux que j’ai le plus joués et puis après il y a eu Le Blond. Il y a aussi Florence Foresti, bien sûr…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Lors de notre première rencontre vous sortiez du show d’Eddie Izzard au Théâtre de Dix Heures et vous étiez visiblement très heureux. C’est aussi quelqu’un qui vous a inspiré ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Ah lala ! Alors c’est vrai, j’ai été beaucoup inspiré par ces gens-là mais celui qui m’a mis une claque c’est Eddie Izzard qui est pour moi le maître de l’humour et de l’absurde. Je l’ai vu plein de fois ! Il est venu jouer à Paris en français. C’est un héritier des Monty Python qui pratique le type d’humour absurde que j’affectionne. Je suis allé plusieurs fois le voir à Londres, je l’ai rencontré en France, il est d’une humilité impressionnante. C’est un mec plein de talent et vraiment génial. Et il me fait hurler de rire, voilà.

«DANS MON PROCHAIN SPECTACLE, JE PARLERAI DE SEXE, MAIS PAS DE FAÇON CRUE».

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A quel âge faire rire est-il devenu quelque chose d’essentiel pour vous ?

BAPTISTE LECAPLAIN. A 19 ans. J’étais à la fac à Rennes, je me faisais chier et je ne savais pas quoi faire de ma vie.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous étudiiez quoi à l’époque ?

BAPTISTE LECAPLAIN. J’étais en fac d’anglais et je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. Et puis j’ai vu le Festival Juste Pour Rire…Et tout le monde m’encourageait à faire des sketches. J’en faisais en colo, je jouais ceux de Franck Dubosc, Gad Elmaleh…Mes potes me disaient de persévérer mais j’avais pas fait de théâtre étant petit donc je ne savais pas où j’allais. J’ai continué à jouer les sketches des autres et puis j’ai commencé à écrire les miens et puis j’ai rencontré Aslem et ça m’a aidé.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment vos parents ont-ils accompagné votre envie de faire de la scène ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Ben bizarrement, au début, ils ne m’ont pas pris au sérieux et ils m’ont dit : «Si tu fais ça à côté de ton métier, ça va». Au bout de six mois quand je leur ai dit que j’allais arrêter mon métier d’animateur pour ne faire que ça, ils ont eu un peu peur. Et puis ils sont venus me voir sur scène, ils ont vu que je m’éclatais. Ils m’ont dit : «Tant que t’es heureux, on te soutient».

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. En fait, ils ne vous ont ni poussé ni empêché. Comment décririez-vous leur attitude ?

BAPTISTE LECAPLAIN. J’ai pas eu des parents carriéristes. Ils ne sont pas attirés par les strass et les paillettes. Ils ne sont pas du tout dans le métier et n’ont aucun rapport avec le théâtre: ma mère est coiffeuse en campagne et mon père est agent d’entretien. Ils m’ont dit : «Si tu t’épanouis, fais-le !». Ils ne me poussent pas mais m’encouragent et ils sont contents de voir leur fils s’éclater. C’est l’essentiel.

«JE NE ME FIXE PAS DE LIMITES, C’EST LE MEILLEUR MOYEN DE STIMULER SON IMAGINATION». 

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment définiriez-vous l’humour de Baptiste Lecaplain ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Oh lala, je ne sais pas ! Pfuff, c’est absurde ! Oui, c’est absurde et dynamique. C’est un foufou qui est sur scène.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous fixez-vous des limites quand vous écrivez un spectacle ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Sur ce spectacle, oui. Je ne voulais pas parler de politique, ça ne m’intéresse pas du tout. Ce n’est pas un style d’humour vers lequel j’irai de ma vie ! Je n’avais pas envie de parler de sexe ou quoi que ce soit même si j’en parle de façon détournée. En revanche, j’en parlerai dans le prochain mais pas de façon crue. Je l’amènerai avec ma folie et ma légèreté. Encore une fois, la base c’est le quotidien et puis j’amène de l’absurde, n’importe quoi. La base du spectacle, je l’écrirai en une heure et au bout de deux, trois ans ça aura une tout autre forme.

A droite Baptiste dans Nous York © Jackson Lee Davis.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Les trucs pas drôles. Dès qu’un truc me fait rire, je me demande si je pourrai l’amener sur scène. Après, si ça choque je ne le fais pas. Dès qu’un truc me fait rire, je le note. Tout à l’heure, j’ai relu des cahiers que j’avais remplis. J’écris tout le temps sur mes cahiers ou sur mon téléphone. Je relis mes notes… ça me vient comme ça. Je ne me fixe pas de limites parce que c’est le meilleur moyen de stimuler mon imagination. Je ne prétends pas avoir créé un style d’humour mais les gens disent «Ah, il fait du Dubosc ou du Gad Elmaleh !» Je n’ai pas envie que les gens disent : «On aime bien quand tu fais ça» pour que ce soit un produit préfabriqué, en fait. Si un truc me fait rire, je le fais.

«JE SUIS CONTENT DE FAIRE DU CINÉMA MAIS MON PREMIER AMOUR C’EST LA SCÈNE».

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quel effet cela fait-il d’être de plus en plus sollicité par le cinéma ? (Ndlr : Nous York de Géraldine Nakache, Libre, seul et assoupi de Benjamin Guedj)

BAPTISTE LECAPLAIN. Je suis très content car j’ai un agent, Grégory Weill chez Adéquat, qui est super. L’agence a beaucoup de jeunes comédiens et il est venu me voir au Trévise en proposant de m’accompagner. J’ai tourné dans Nous York et c’était une chance inouïe car j’ai fait très peu de castings. Et puis je suis allé à New York, ça c’était génial ! Je suis content de faire du cinéma, je trouve que c’est un très bon complément. Je ne prends pas du tout le cinéma de haut, c’est juste que mon premier amour c’est la scène même si je suis conscient qu’on ne peut pas enchaîner les spectacles tout le temps.

“S’IL FAUT ATTENDRE 10 ANS ET REVENIR AVEC LE SPECTACLE QU’A FAIT TIMSIT,  JE SUIS PRÊT À ATTENDRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Alors ça, Baptiste, on en reparlera dans dix ans quand vous aurez «disparu» pendant dix ans pour faire du ciné, comme tout le monde ! Muriel Robin n’a pas fait de one-woman-show depuis sept ans, Timsit s’était arrêté pendant quatorze ans, Julie Ferrier est au ciné depuis 5-6 ans…

BAPTISTE LECAPLAIN (grand sourire). Non mais si je disparais ce sera pour faire mon métier d’une autre façon ou pour d’autres raisons. Des fois, il faut que l’inspiration arrive. Timsit l’avait dit. Il a fait un spectacle qui a très bien marché, il gagnait très bien sa vie puis il s’est éclaté en faisant autre chose (théâtre, ciné…) mais il est revenu et c’était brillant. S’il faut attendre dix, quinze ans et revenir avec le spectacle qu’a fait Timsit (Ndlr : Le one-man-stand-up-show) franchement, je suis prêt à attendre ! Je dis ça mais je n’aurais pas la patience, je suis quelqu’un de très impatient ! Ça faisait un mois que je n’avais pas joué à cause d’un tournage et là, ouf, ça m’a fait du bien ! J’avais des nouvelles idées, j’ai essayé des trucs ce soir. C’est bien aussi les pauses. Il faut se laisser désirer et faut s’laisser le temps de trouver des idées parce que c’est long un spectacle.

“J’AI INSISTÉ AUPRÈS DE MA PROD’ POUR REJOUER DANS TOUS LES FESTIVALS QUI M’ONT RÉCOMPENSÉ”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes sorti de scène il y a trente minutes environ, pour l’instant, tout va bien. Etes-vous de ceux qui ont des descentes difficiles et dépriment une fois les spots éteints et l’intimité retrouvée ?(Ndlr : Voir à ce sujet l’interview de Raphaël Mezrahi)

BAPTISTE LECAPLAIN. Non, je ne suis pas malheureux. Quand ça s’est bien passé je suis heureux. Je suis même très content car ce soir à Villeneuve, ça s’est super bien passé. J’ai eu une standing ovation. Déjà, ça me tenait à cœur de rejouer dans un festival où j’ai gagné un prix. J’ai insisté auprès de ma prod pour qu’elle fasse un effort et qu’on me permette de retourner jouer dans tous les festivals qui m’ont récompensé. Donc j’ai fait Mâcon, je suis à Villeneuve ce soir et je serai bientôt à Tournon (Ndlr : le 24 août à 20h45 à L’Espace Culturel de Mercurol). Je suis très content d’être ici à Villeneuve. Il fait beau, je suis détendu. Je ne suis pas malheureux car je sais que je vais rejouer et que j’écris un nouveau specatcle, donc je suis plus zen.

Baptiste Lecaplain et Foudil Kaibou, Prix du Public 2013© Guillaume Sommaire.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je croise pas mal d’humoristes qui sont la joie même sur scène et qui sont de vrais dépressifs dans la vie. C’est votre cas ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Ah non! Non. Pas encore en tout cas. Euh, ça c’est une légende parce qu’il y a des grands humoristes qui l’étaient mais c’est une drogue de faire rire. C’est vraiment une drogue. C’est pour ça qu’il ne faut pas se la raconter quand ça marche parce que c’est très difficile de faire rire. Je suis très content parce que j’ai eu une standing, là, mais je ne suis pas une vedette. La prochaine ville où je jouerai n’aura pas eu vent de ce qui s’est passé ce soir et il faudra remettre les compteurs à zéro et reconquérir le public avec ce spectacle et avec les prochains. Je suis très zen. Je suis content et tant que j’éprouve du plaisir sur scène c’est le plus important.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. On est épaté par votre aisance sur scène. L’écriture est-elle un exercice aussi facile que le jeu ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Non. L’écriture a changé. Avant c’était très écrit. Il fallait que j’écrive tout de A à Z, au mot près pour jouer; maintenant je note des idées. Tout à l’heure j’ai écrit un sketch pour le prochain spectacle que j’essaierai. J’ai une ligne directrice et c’est en jouant que je vais essayer de trouver. Tu essaies de trouver des phrases de transition et puis si tu vois que c’est trop long pour arriver à un rire, tu réduis. J’ai une écriture orale, je crois. J’ai une idée, je la note et je vois ce que je peux faire autour. L’écriture est différente. Ce n’est pas plus facile ou plus difficile que de jouer, c’est un autre travail.

“LES GENS VIENNENT VOIR UN SPECTACLE, IL FAUT QUE CE SOIT AUTRE CHOSE QU’UN GARS DRÔLE EN SOIRÉE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment écrivez-vous ?

BAPTISTE LECAPLAIN. Il y a plusieurs phases d’écriture. Il y a l’écriture sur papier, l’écriture sur scène, la mise en scène, la mise en page, ce qu’on garde, comment on le met dans tel ou tel ordre…C’est important même très important parce qu’enchaîner des vannes, tout le monde peut le faire. Il faut qu’il y ait une cohérence. Il ne faut pas oublier que les gens viennent voir un spectacle donc il faut que ce soit plus qu’un gars drôle en soirée. Il faut qu’il y ait un truc derrière. C’est partir en acceptant l’idée que je vais monter sur scène et que j’aurai des trucs à retravailler. Il faut avoir cette conscience-là.

*Répondant à une interview de BFMTV, Gad Elmaleh a déclaré en 2010 au sujet de Baptiste Lecaplain : «Il a une énergie, une générosité, un timing, un tempo comique, ça n’s’apprend pas ça.Dans les jeunes qui montent et ceux qu’on voit apparaître, c’est, je pense, le meilleur de sa génération».

 

Baptiste Lecaplain sera au Festival du Rire de Tournon le 24 août à 20h45 à la Salle Mercurol. Puis le 12 octobre à Fougères (35). Pour connaître les dates de la tournée de Baptiste Lecaplain se tape l’affiche, consultez le site : http://baptiste-lecaplain.fr

Il reviendra à Paris aux Folies Bergères les 9 et 16 décembre 2013.

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2 réponses à Baptiste Lecaplain: “Il ne faut pas s’la raconter quand ça marche car c’est difficile de faire rire”.

  1. Marco S dit :

    Merci pour cet interview très intéressant de cet humoriste que je ne connaissais pas du tout !
    Il ne se prend pas la tête et reste vrai. Espérons que le succès ne le change pas (trop!)

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