Ary Abittan dans La Grande Boucle: “Je ne suis pas pressé de faire mon Tchao Pantin, j’ai encore plein de choses à faire dans la comédie”

Ary Abittan est à l’affiche de La Grande Boucle (12 juin) et sur scène au Théâtre Edouard VII (24 juin), deux raisons de rencontrer l’humoriste qui monte et que tous les réalisateurs s’arrachent.

Ary Abittan saisi par le Samsung camera Multi view 900 F

Pour la première fois de ma vie, c’est un comédien qui m’attend et non moi qui fais le pied de grue. Mardi dernier, je devais rencontrer Ary Abittan à 17h30 et voilà que son attachée de presse m’appelle à 13h37 pour savoir si je peux venir “plus tôt… mais vraiment plus tôt ! Quand tu veux Isabelle mais ce serait bien… là tout de suite maintenant”. J’ai pensé prendre mon Vélo Solex pour y aller mais je me suis dit que ça n’était pas très malin d’exhiber un vélo à asistance électrique devant quelqu’un qui avait fait Le Tourmalet…J’y suis donc allé à pied et en bus et à 14h31, j’ai rencontré Ary Abittan dans une jolie suite du Mandarin Oriental, à Paris.

C’est un bel homme, grand, mince et élégant. De tous les comédiens que je peux croiser, Ary Abittan est l’un des rares avec Laurent Lafitte à avoir une si belle ligne. C’est terrible on dirait que je parle d’une femme ! Les hommes prenant de plus en plus soin de leur corps et de leur visage, on en arrive à jeter sur leur silhouette le même regard envieux que celui qu’on pose sur les autres filles à la plage ou à la piscine. Abittan est mince mais pas aussi athlétique ou sec qu’un Cornillac ou un Cassel. Mince comment, alors ? C’est simple, je vous invite à regarder les coupes des costumes Dior Homme période Hedi Slimane et vous comprendrez. Il y a des artistes qui s’y glissent sans effort (Alain Souchon, Marc Lavoine, Alain Chamfort) et d’autres pour qui il faudrait de la vaseline, un chausse-pied, de la volonté et sans doute l’aide du Ciel ou carrément du sur-mesure (on ne citera pas de noms). Ary Abittan fait partie des premiers.

J’ai beau avoir  été en avance j’ai respecté le timing et en 14mn et 42secondes, nous avons pu parler de LA GRANDE BOUCLE, film à l’affiche duquel il est avec Clovis Cornillac, Elodie Bouchez et Bouli Lanners (sortie le 12 juin), d’humour et d’Un Cœur pour la paix, association caritative pour laquelle Ary Abittan reversera l’intégralité de la recette de son show du 24 juin au Théâtre Edouard VII, à Paris.

 

Ary Abittan dans le maillot vert de Tony Agnelo, italiano vero.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Dans LA GRANDE BOUCLE de Laurent Tuel, vous jouez un champion de cyclisme. Quels efforts physiques ce rôle a t-il exigés ?

ARY ABITTAN. En fait, ça m’a demandé beaucoup de préparation car je ne connaissais pas du tout le Tour de France, le vélo en général ni ce sport. J’ai du m’entraîner pendant quatre-cinq mois, j’ai quand même perdu 7 kg pour le rôle ! On faisait des mini étapes pour Le Tour de France, on essayait de faire entre 50 et 70 km par jour et heureusement que je l’ai fait. Et surtout, heureusement que j’ai pu enfiler le cyclard, ce costume de cycliste que je ne connaissais pas. Je l’avais essayé avant de perdre 7kg et j’ai dû le découper aux ciseaux pour l’enlever. Après, c’était un peu mieux.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etiez-vous un sportif assidu avant de tourner La Grande Boucle ?

ARY ABITTAN. Non, pas du tout. C’est pour cela que la tenue ne m’allait pas. J’étais un peu plus fort et ce n’est pas une image : j’ai vraiment dû l’enlever en la découpant avec un ciseau.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quand vous faites de la scène tous les soirs et que vous entreprenez une longue tournée, n’y a t-il pas une préparation physique préalable ?

ARY ABITTAN. Il y a une préparation tous les jours parce qu’on joue tous les jours mais c’est autre chose. Là, il fallait monter Le Tourmalet, être dans le peloton. Il fallait être prêt, apprendre le vélo, se mettre derrière les gars…C’est un vrai vrai sport.

“J’AI ARRÊTÉ LE VÉLO MAIS JE CONTINUE DE ME RASER LES JAMBES”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et vous avez dû, j’imagine, suivre un régime très strict.

ARY ABITTAN. Oui, c’est ce que je vous dis, j’ai dû perdre 7 kg.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. J’entends bien mais il y avait quoi exactement dans votre assiette ?

ARY ABITTAN. Ah, dans l’assiette… Eh bien, c’était un régime protéiné puisqu’il fallait que je m’assèche, j’ai donc mangé du poulet, des légumes…je ne sais quoi et de l’eau, de l’eau et de l’eau.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avez-vous souffert d’être mis à la diète ?

ARY ABITTAN. Non parce que physiquement je me sentais tellement mieux. Malheureusement, j’ai tout repris depuis. Je n’ai pas souffert parce que quand on est dans le dépassement on ne pense pas en terme de souffrance mais d’objectif.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Compte tenu de l’effort physique à fournir, diriez-vous que ce film a été difficile à tourner ?

ARY ABITTAN. C’était pas diffcile mais il fallait rester concentré car on tournait trois-quatre heures avant l’arrivée des pros du Tour de France, dans les décors du Tour de France avec les figurants et les vraies gens qui attendaient les pros. Il fallait donc être prêt et comme je jouais le maillot jaune, je devais être crédible. Il fallait y aller, quoi ! Le Tourmalet, je le monte d’une traite ! On n’avait pas le droit de redescendre pour faire une autre prise parce que les pros arrivaient.

Ary Abittan © La Grande Boucle.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Y a t-il eu des chutes ?

ARY ABITTAN. Oui j’en ai fait mais paradoxalement, c’était souvent à l’arrêt.

“A 11 ANS, JE ME SUIS DIT QU’AVEC LE RIRE ON POUVAIT SE SORTIR DE PLEIN DE CHOSES”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’on soit amateur de cyclisme ou pas c’est toujours très émouvant de voir les cyclistes remonter Les Champs Elysées. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

“J’ai pris une carte Vélib ‘”

ARY ABITTAN. Ah oui, c’était assez émouvant parce que je me disais que je remontais les Champs Elysées à vélo et en maillot jaune avec Clovis et trois caméras alors que vingt ans plus tôt, je le faisais comme chauffeur de taxi, anonyme et coincé dans les enbouteillages. C’est de la folie !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cet entraînement vous at-il donné envie de continuer le sport ?

ARY ABITTAN. Non, pas du tout ! J’ai tout rendu : le vélo, le cyclard…C’est vrai que je suis tombé amoureux de ce sport, du vélo et du Tour de France et que j‘ai depuis pris une carte Vélib’. En fait, j’ai arrêté le vélo mais je continue de me raser les jambes.

 

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Dans LA GRANDE BOUCLE, votre personnage est assez antipathique, au début du moins. Je me suis dit qu’on n’avait pas envie de vous voir dans ces rôles-là. Du moins pas tout de suite. Etes-vous du genre à demander au réalisateur d’atténuer un aspect du caractère du personnage ?

ARY ABITTAN. Non, non, pas du tout (grand sourire). Evidemment, c’était prévu dans le scénario qu’il soit comme ça. Il y avait une belle courbe du personnage de ce sportif italien de haut niveau, un peu explosif. D’un côté il y a la fougue et les excès et derrière il y a un vrai rachat de ce personnage. Je trouve ça assez beau.

“QUAND JE SUIS À TABLE AVEC DES AMIS ET QUE ÇA NE RIGOLE PAS, J’AI L’IMPRESSION QUE C’EST DE MA FAUTE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avant d’être un comédien au cinéma, vous êtes un humoriste qui fait de la scène. Dans quelles circonstances vous êtes vous aperçu que vous déteniez cette capacité de faire rire les autres ?

ARY ABITTAN. Je crois que c’est arrivé quand j’étais enfant. Je devais avoir 11 ans, être en CM2 ou en 6ème et je n’avais pas appris ma leçon. C’était une poésie, je ne l’avais pas apprise et j’ai demandé de la jouer. Je l’ai jouée et j’ai fait rire la pro et toute la classe. J’ai eu une dispense de note. C’était la première fois que j’entendais ça. La prof ne m’a pas mis zéro, elle ne voulait pas me noter. Je me suis dit qu’avec le rire on pouvait se sortir de plein de choses.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment vos parents ont-ils réagi quand vous avez manifesté le désir de faire de la scène votre métier ?

ARY ABITTAN. Franchement, ils ont été très cool ils n’ont pas joué les parents séfarades, à dire que ce n’était pas un métier pour moi. Au contraire, ils m’ont toujours soutenu et encouragé. De toutes manières, je ne savais faire que ça. Et quand je suis à table avec des amis et que ça ne rigole pas, j’ai l’impression que cest de ma faute.

LA SCÈNE FAIT QU’ON S’AMÉLIORE TOUS LES JOURS. ON ÉCRIT LE SPECTACLE AVEC LE PUBLIC”.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Entre le fait d’être drôle à l’école ou en société et faire un spectacle, il y a l’étape essentielle de l’écriture. Est-ce un exercice difficile pour vous ?

ARY ABITTAN. Ben, vous savez quand on est drôle on dit des choses… il suffit de s’asseoir et de les écrire !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oh la ! Si on cherche parmi vos confrères, certains n’ont pas trouvé à s’asseoir correctement.

ARY ABITTAN. Pas tous, mais en tout cas pour moi, c’est comme ça. Après, évidemment, la scène fait qu’on s’améliore tous les jours. On écrit le spectacle avec le public.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels comédiens et comédiennes vous ont donné envie de faire de la scène ?

ARY ABITTAN. A l’époque, je regardais beaucoup les films avec Louis de Funès, Bourvil… Je regardais tout ce qui me faisait rire et faisait rire en général. Je regardais beaucoup Michel Boujenah à ses débuts, je suivais beaucoup Elie Kakou. Et je me suis dit : «Eux ils parlent de leur famille, on peut parler de ça ? Alors j’ai envie de parler de ça et de faire ce métier !».

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles comédies ont marqué votre enfance ?

ARY ABITTAN. L’Aventure c’est l’aventure, Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure et des films avec de Funès, Bourvil, Gabin…et pas seulement des comédies. J’aimais beaucoup

voir des films à l’ancienne avec des acteurs comme Lino Ventura, Delon…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous ne m’avez cité que des humoristes et acteurs de comédie disparus. Quels sont ceux d’aujourd’hui qui vous font rire ?

ARY ABITTAN. (Sur un ton très sérieux). Michel Boujenah n’est pas mort.

(NDLR: J’éclate d’un rire qui tente de masquer ma confusion. Je suis d’autant plus gênée que j’ai croisé Boujenah aux spectacles d’Antonia de Rendinger et de Claudia Tagbo…J’me sens vraiment comme une débutante ou une inculte mais il est vrai que je pensais à Bourvil, de Funès, Coluche, Kakou)

Florence Foresti et Jamel dans Hollywoo. © Studio Canal

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oui, mais il n’est pas de votre génération. Quels humoristes de votre génération vous font rire?

ARY ABITTAN. Il y en a beaucoup : Florence Foresti me fait beaucoup rire, Gad Elmaleh, Jamel…beaucoup d’autres

“SUR SCÈNE ET DANS LA VIE, JE NE ME MOQUE QUE DE MOI”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous fixez-vous des limites dans le choix ou le traitement des thèmes que vous abordez sur scène ?

ARY ABITTAN. La limite c’est qu’il faut que ce soit drôle.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Auprès de qui testez-vous vos sketches ?

ARY ABITTAN. Ça dépend, auprès de la première personne que je vois devant moi après avoir pensé à la blague.

Ary avec Gad Elmaleh et Manu Payet dans Coco.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Quelle est votre définition de l’humour ?

ARY ABITTAN. (Il soupire) C’est difficile d’expliquer une vanne ou d’expliquer l’humour. Ce serait peut-être l’autodérision.

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Et vous parvenez à vous moquer beaucoup de vous ?

ARY ABITTAN. Je ne me moque que de moi. Sur scène et dans la vie. Parmi tous les personnages que j’amène sur scène, il y a peut-être beaucoup de moi.

© Caroline Nielsen Allô Ciné.

“VOUS VOULEZ DIRE QUE JE SUIS TROP BEAU POUR FAIRE RIRE ?”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?

ARY ABITTAN. Ce qui n’est pas drôle, tout simplement. Et qu’est-ce qui n’est pas drôle ? Ça dépend de plein de gens. Peut-être qu’il y a des choses qui vont me faire rire e qui ne vous feront pas rire. Qu’est-ce qui ne me fait pas rire ? C’qui n’est pas drôle.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous avez un physique avantageux. Est-il difficile de faire rire avec cet atout-là ?

ARY ABITTAN. Vous êtes gentille. (Ndlr :Ary Abittan reste silencieux comme s’il attendait une autre question)

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avez-vous rencontré des difficultés à vous imposer dans l’humour avec ce physique-là ? Parce que au cinéma, on a vu Cary Grant ou Hugh Grant, les hommes plutôt pas mal qui font rire, il y en a; mais pas tellement sur scène.

ARY ABITTAN. Vous savez dans mon spectacle, je joue des personnages. (Ndlr : Ary Abittan change de voix) Il y a Michel Varuk qui déforme un peu sa tête comme ça, je joue un journal télé, une recette de cuisine, plein de choses qui me permettent d’incarner des personnages donc ce n’est pas vraiment moi. Alors non, au contraire, je pense que ça a été plutôt un atout. Je ne me suis pas posé la question. C’est vrai que si vous comparez avec Elie Kakou qui avait une tête un peu atypique… Mais non, je pense que si j’arrive à faire oublier ça c’est que j’ai fait mon travail et que je suis parvenu à attirer le regard par un jeu de scène et des textes porteurs. Non, je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et on ne vous l’a de tout évidence pas posée non plus.

ARY ABITTAN. Exactement. Vous voulez dire : «Il est trop beau pour faire rire?».

LEBLOGFEMMEQUIRIT.(Un peu gênée) Euh, non, trop beau, j’oserais pas dire ça…mais vous ne ressemblez pas à Kakou, Coluche…On pense toujours que le clown est à la fois celui qui se casse la figure et celui qui se défigure..

ARY ABITTAN. Ben justement, je trouve que c’est encore plus drôle quand c’est le gars bien coiffé qui se casse la figure.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous faites de plus en plus au cinéma. En 2013 on vous a vu dans Vive la France, Hôtel Normandy et maintenant La Grande Boucle quels rôles avez-vous envie d’incarner ? Avec quels réalisateurs avez-vous envie de tourner?

ARY ABITTAN. Sincèrement en ce moment, j’ai la chance d’être abordé par certains réalisateurs, je lis beaucoup de scénarios mais je n’ai pas d’envies particulières à part de lire un bon scénario drôle avec une belle histoire et jouer avec de bons comédiens comme j’ai eu l’occasion de le faire sur LA GRANDE BOUCLE avec Clovis Cornillac.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Timsit, Michael Youn, Fabrice Eboué, Gad Elmaleh, Dany Boon…et bientôt Jérémy Ferrari, de plus en plus d’humoristes passent à la réalisation de leur propre film. Etes-vous tenté de le faire ?

ARY ABITTAN. Ça m’a traversé l’esprit mais pour l’instant je n’ai pas trouvé l’idée. J’ai quelques idées mais je n’ai pas de velléités à réaliser donc pour l’instant, je jette des idées… mais pourquoi pas ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT. L’autre consécration pour un humoriste c’est le contre-emploi. Beaucoup rêvent de tourner leur Tchao Pantin c’est-à-dire de s’illustrer dans un rôle dramatique aux antipodes du registre comique dans lequel le public les a découverts. Il y a Coluche bien sûr, Timsit dans Le Cousin, Muriel Robin dans Marie-Line…est-ce votre souhait ?

ARY ABITTAN. Vous savez, j’aime beaucoup rire. Mon but c’est de distraire et de faire rire. Je ne suis pas pressé de faire mon Tchao Pantin. Non, j’ai encore beaucoup de choses à dire et à faire dans la déconnade et la comédie.

Avec José Garcia dans Vive La France ! ©

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes un invité récurrent de Ce soir avec arthur (Comédie +) et Ary Abittan dans La Grande Boucle (TF1). Quel plaisir trouvez-vous à participer à ces show télé ?

ARY ABITTAN. J’ai beaucoup de plaisir à y aller parce que c’est du pur divertissement. J’arrive avec des personnages que je fais dans mon spectacle que ce soit Michel Varuk, Ali Ben Hatta ou le journal…J’arrive et je fais ces personnages, je joue, j’incarne et fais des sketches à la télé et c’est une belle place, un beau laboratoire pour pouvoir faire des sketches et s’amuser.

“J’ESSAIE DE ME RÉJOUIR ET D’APPRENDRE À SE RÉJOUIR”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Au cinéma, vous respectez le texte à la virgule ou bien vous improvisez beaucoup ?

ARY ABITTAN. J’essaie toujours d’improviser parce que c’est ma nature. Après, voilà, y a validation ou pas mais j’essaie toujours de proposer un truc qui puisse porter et servir le film. Que ce soit une phrase, une blague, une vanne…mais je n’oublie pas que le cinéma, ça reste un travail d’équipe.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quand vous interprétez Tony Agnello, star italienne du cyclisme, vous êtes en roue libre ou vous suivez le texte à la lettre ?

ARY ABITTAN. Non, il y a beaucoup d’impro parce que si vous regardez bien, dans mon spectacle c’est plutôt du yaourt mais là je joue un Italien donc il fallait apprendre de vrais mots d’italien. J’ai essayé d’être le plus proche du rital.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Raphaël Mezrahi évoquait dans ce blog la descente des artistes après la scène. Le plein d’amour et d’excitation auxquels succèdent la solitude extrême et parfois la déprime voire la dépression. Vous arrive-t-il de passer par ces phases ?

ARY ABITTAN. Il y a une descente obligatoire parce qu’on lache 500, 1000 ou 1500 personnes et on se retrouve à table avec des potes puis seul dans sa chambre. Il y a une redescente et surtout il n’y a pas de comparaison possible avec un autre métier. Mais heureusement qu’il y a une redescente ! C’est pour mieux remonter le lendemain. Si on était toujours comme ça, en phase d’euphorie et d’excitation, ce serait très dur aussi. Etre entouré de 1000 personnes qui vous applaudissent 24h/24 ce serait ingérable.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que faites-vous pour ne pas déprimer ?

ARY ABITTAN. Il y a les amis et puis le fait de voir autre chose et de faire autre chose et de ne pas être centré que sur soi.

“SUR SCÈNE, J’AI L’IMPRESSION D’ÊTRE DANS MON CHEZ MOI À MOI INTÉRIEUR”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A propos de «voir et faire autre chose», qu’avez-vous vu au cinéma et sur scène dernièrement ?

ARY ABITTAN. Il y a longtemps que je ne suis pas allé voir de spectacles mais je vais beaucoup au cinéma dès que j’ai un peu de temps. Tout ce que je vois j’aime ! J’aime tellement le cinéma ! J’aime aller seul au cinéma avec mes popcorns. J’ai vu Gatsby que j’ai adoré…

LEBLOGFEMMEFEMMEQUIRIT. Quand vous prenez un taxi et que le chauffeur rit en écoutant la radio, vous dites-vous qu’il écoute réellement des sketches ou que, comme vous, c’est un humoriste qui tente d’attirer l’attention du client ?
ARY ABITTAN (Rires)En fait, maintenant, ils me reconnaissent un peu les chauffeurs alors ils évoquent cette anecdote. Et c’est vrai que c’éatit formidable pour moi. C’était mon premier public, finalement. Quand c’était drôle, ils me donnaient un pourboire à l’époque c’était en Francs. Cinq francs, dix rancs de porboire, je faisais payer mes sketches dix francs, c’était pas mal ! (rires)

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le jeune Ary Abittan qui rêvait de scène at-il réalisé son rêve ?

ARY ABITTAN. Il y a longtemps que je n’ai pas revu le jeune Ary Abittan. Mais en tout cas, moi, je pense que le jeune Ary Abittan serait content et fier. J’essaie de me réjouir et d’apprendre à se réjouir.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etes-vous un homme et un artiste heureux ?

ARY ABITTAN. Je suis heureux sur scène et évidemment hors scène. Quand j’arrive sur scène j’ai l’impression d’être dans mon chez moi à moi intérieur.

“LA RECETTE DE MON SPECTACLE DU 24 JUIN SERA REVERSÉE À UN CŒUR POUR LA PAIX”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pourriez-vous dire un mot sur UN CŒUR POUR LA PAIX que vous soutenez ?

ARY ABITTAN. C’est formidable ! Je trouve que c’est une passerelle pour la paix de faire opérer des enfants palestiniens par des chirurgiens israéliens en Israel. Il s’agit de bébés et d’enfants et si ces gestes peuvent servir de passerelles pour aller vers la paix, tant mieux !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous devez être très sollicité pour accompagner des actions humanitaires, caritatives…qu’est-ce qui vous a orienté vers celle-ci ?

ARY ABITTAN. En effet, je me suis déjà investi auprès d’autres associations. C’est Olivier Nakache (Ndlr: co-réalisateur du film Intouchables) qui m’en a parlé. Olivier m’a dit qu’UN CŒUR POUR LA PAIX avait besoin de fonds et que ce serait bien d’offrir un de mes spectacles. J’ai évidemment tout de suite accepté.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Offrir votre spectacle cela signifie quoi concrètement ?

ARY ABITTAN. Cela veut dire que la totalité de la recette de mon spectacle du 24 juin au Théâtre Edouard VII ira à UN CŒUR POUR LA PAIX.

LA GRANDE BOUCLE de Laurent Tuel avec Clovis Cornillac, Ary Abittan, Bouli Lanners, Elodie Bouchez et Paul Granier. Sortie le mercredi 12 juin.

Retrouvez également Ary Abitan sur scène dans A la folie,le 24 juin à 20h30 au Théâtre Edouard VII : 10, place Édouard VII, 75009 Paris. Tél : 01 47 42 59 92. Puis en tournée en France, en Belgique et en Suisse : au Cannet (12 octobre), Lille (16 octobre), à Florange (18 octobre), Liège (14 novembre), Lyon (21 novembre), Marseille (27 novembre) , Genève (28 novembre)

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