Amanda Lear triomphe dans Divina : “On ne peut pas être en bonne santé si on ne rit pas !”.

Amanda Lear fait un tabac au Théâtre des Variétés où elle joue DIVINA dans une mise en scène de Nicolas Briançon. Je suis allée la voir afin de savoir ce qui faisait rire cette femme qui fait rire.

L’humour à la sauce Amanda Lear ? Piquant mais toujours réjouissant ©Pascal Ito.

Amanda Lear était d’humeur joyeuse ce soir d’octobre où elle m’attendait dans sa loge du Théâtre des Variétés. Un peu toussotante mais joyeuse. La connaît-on autrement que souriante, drôle et toujours prompte à lancer une pique ou un bon mot ? Elle m’a fait rire, surprise et émue en évoquant tour à tour Sylvie Vartan qu’elle effraie (à tort ou à raison), sa gaffe face à Clémentine Célarié, son passé de jeune fille pas drôle et mal dans sa peau, son décryptage de l’humour de nos voisins européens et de la vie en général. Heureuse sur scène, cette grande solitaire à la ville aimerait qu’on lui confie des rôles dramatiques susceptibles de la faire déployer d’autres sentiments et émotions. Elle rêve également de ciné. La Reine Lear se verrait bien touner avec Woody Allen. Mais pour l’heure, ce qui préoccupe la DivinA…manda c’est une petite souris, véritable maîtresse de cette loge, qu’Isabelle Mergault, précédente pensionnaire, aurait encouragée à s’installer à force de douceurs diverses dont elle l’a gâtée voire gavée. Après m’avoir tendu une main ferme et chaleureuse, la comédienne s’est installée sur le divan à côté de moi et a démarré l’entretien sans même que j’aie à poser une question…

Amanda Lear dans Divina © Pascal Victor

MOI, C’EST COMME SYLVIE VARTAN, ON N’ARRÊTE PAS DE DIRE QUE JE FAIS DES PROGRÈS !”.

 AMANDA LEAR. Par rapport aux autres théâtres, je suis assez gâtée. Je viens de lire deux interviews que m’a envoyées Robert-Charrier (Ndlr : auteur de la pièce Divina), pas mal, des bonnes interviews…Ils encensent: “Amanda Lear a fait des progrès”. C’est comme pour Sylvie Vartan, vous savez, on n’arrête pas de dire que je fais des progrès ! (rires).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avant Divina, vous avez eu deux succès au théâtre Lady Oscar puis Panique au ministère qui bénéficie de nombreuses diffusions sur France 4…

AMANDA LEAR. Oui, dès qu’il n’y a rien à montrer à la téloche, ils le rediffusent !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Forte de ces deux succès, appréhendiez-vous de remonter sur scène avec Divina ?

AMANDA LEAR. Oui parce qu’on m’attend au tournant. Dans ce métier, c’est ça qui est dramatique, à chaque fois on se remet en question même si la dernière pièce ou le dernier film ou disque a été un triomphe. On attend le nouveau et puis on dit : “Ah, ben non, c’est pas aussi bien !”. Il faut toujours être bien, alors que dans d’autres métiers…Votre plombier, on ne le juge pas à chaque fois qu’il change un tuyau. Dans notre métier on se demande toujours : “Est-ce qu’elle va se ramasser ? Est-ce que ça va être aussi bien ?”. C’est très challenging, comme on dit en anglais. Moi, ça me fait beaucoup de bien mais à chaque fois c’est un défi et il faut être au top.

TOUT REPOSE SUR MES ÉPAULES(…) TOUS LES SOIRS, J’AI LE TRAC”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et qu’avez-vous fait pour être au top ?

AMANDA LEAR. On a évidemment tendance à privilégier la qualité de plus en plus, à choisir des pièces qui seront moins des grosses farces de boulevard, une mise en scène qui est, cette fois-ci, orchestrée par un metteur en scène classique (Ndlr :Nicolas Briançon). Je pense qu’on a fait un p’tit pas en hauteur. Maintenant, il y a des gens qui sont un peu déconcertés car ce n’est pas le boulevard traditionnel.

 

Divina cuisine son entourage comme personne© Pascal Victor.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ça reste tout de même du boulevard.

AMANDA LEAR. C’est un boulevard avec un peu d’émotions, de grands moyens (la scène qui tourne, entre autres). C’est assez inhabituel. Dans le boulevard il y a, d’habitude, des décors en carton vite faits. Pour moi, c’est un challenge. Je me suis dit que j’avais intérêt à être bien car mon nom est en grand sur l’affiche. Et même en plus gros que celui des autres comédiens d’autres productions. Voyez par exemple, pour Nina, ils ont inscrit deux têtes d’affiche : Mathilde Seigner et François Berléand; et pour la pièce Nos femmes, Daniel Auteuil et Richard Berry. Pour Divina, c’est moi toute seule. Tout repose sur mes épaules et ça me file un p’tit peu les jetons. Tous les soirs, j’ai le trac !

MON METTEUR EN SCÈNE M’A DIT : “TU GIGOTES BEAUCOUP TROP, C’EST PAS COMME ÇA QU’ON JOUE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Cette responsabilité de tête d’affiche vous a t-elle amenée à travailler différemment ?

AMANDA LEAR. Oui et cela grâce à Nicolas Briançon. Quand on fait du boulevard, on a tendance à faire beaucoup de grimaces, à gigoter beaucoup. On fait des allers et venues, des grands gestes et tout. La première chose que Nicolas Briançon m’a dite, c’est : “On va t’attacher les mains parce que tu gigotes beaucoup trop et c’est pas comme ça qu’on joue”. Il y a beaucoup plus de ruptures, de regards, de silences qui font rire. C’est une autre façon de voir la chose. Comme Nicolas Briançon a beaucoup travaillé les classiques (Shakespeare, Molière, tout ça…), ça me fait du bien parce que j’apprends.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous n’aviez pas suivi de formation avant de monter sur scène ?

AMANDA LEAR. Je n’ai pas eu la chance de faire les Cours Florent et tout ça, j’apprends sur le tas. C’est encore plus difficile quand on vous jette dans une piscine et qu’on vous dit de nager. On m’a flanquée direct sur Panique au ministère sans un cours de comédie : “Allez, vas-y, joue !”.

Nicolas Briançon, ici avec Daniel Auteuil, est le metteur en scène de Divina© Studio Canal.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. En même temps, si vous avez accepté c’est parce que vous savez que vous êtes populaire et que vous avez l’assurance, le culot et le charisme nécessaires à relever ce genre de défi, non?

AMANDA LEAR. Il y a peut-être une certaine présence, du charisme comme on dit et tout ce que vous voulez mais il y a des techniques que je ne connaissais pas : la respiration, le placement de la voix… Il faut qu’on vous entende au troisième balcon et sans micro ! Toutes ces choses techniques, attendre que le public ait fini de rire pour enchaîner…la rupture, comme on dit, tout ça, je ne connaissais pas et je l’ai appris sur le tas. Tant mieux !

SANS PARLER DE RACINE OU SHAKESPEARE, J’AI ENVIE D’EXPRIMER DES ÉMOTIONS”.

 LEBLOGFEMMEQUIRIT. Comment travailliez-vous précédemment ?

AMANDA LEAR. Mon premier metteur en scène Raymond Acquaviva était un très bon prof d’art dramatique. J’ai passé deux ans avec lui en tournée à apprendre le métier. Après, il y a eu Eric Civanyan pour Lady Oscar. Chaque metteur en scène m’a apporté des choses que le précédent n’avait pas apportées. Civanyan m’a appris à écouter mon partenaire. On a tendance à réciter son texte qu’on connaît par cœur et on se fout du texte de l’autre, à jouer en regardant le public et débiter son texte. On se dit: “Moi je sais mon texte, l’autre se démerde !”. Non, pas du tout ! Je dois découvrir à chaque fois ce qu’il va me dire car je ne sais pas ce qu’il va me dire. Donc, je découvre tous les jours la pièce et pose le regard sur mon partenaire. C’est une conversation. J’ai appris cela avec Civanyan.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous arriviez avec des codes propres à la télé : regarder le public, penser davantage à sa “partition” qu’au partage, être sur soi uniquement.

AMANDA LEAR. Oui, en effet. Et avec Briançon j’apprends aussi d’autres techniques et j’essaie de faire au mieux. Alors, est-ce que je vais être bientôt prête pour des choses un peu plus sophistiquées, du Tennessee Williams, par exemple ? Sans parler de Racine ou Shakespeare, on peut penser à des comédies, disons, dramatiques. C’est ce que j’aimerais. J’ai envie d’exprimer des émotions. Je me rends bien compte que dans la scène de retrouvailles avec mon ex, cest la première fois que je joue une scène d’émotion. C’est un moment où l’on s’embrasse, où le masque tombe et où je montre une certaine vulnérabilité. Je joue une méchante tout le long de la pièce jusqu’à ce qu’on voie que c’est un rôle qu’elle s’est créé comme Boccolini dans Le maillon faible. Ça m’a plu de jouer ces émotions-là et plu de voir que le public accepte de me voir dans un autre tempo que celui de Panique au ministère. Tout ça me laisse penser que je peux peut-être jouer d’autres personnages un peu plus compliqués.

EN FRANCE, AMANDA LEAR C’EST LA COUGAR QUI SAUTE SUR TOUT CE QUI BOUGE !”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quoi par exemple ?

AMANDA LEAR. Je ne sais pas, une veuve, une femme trompée, délaissée….Il y a plein de rôles ! On me colle toujours des méchantes. En France, on vous colle des étiquettes. En France, Amanda Lear c’est la cougar qui saute sur tout ce qui bouge (rires), la sexy rigolote. C’est très Sex and the City. Le modèle existe dans nos sociétés où il y a un type de femmes qui n’existaient pas avant ou pas sous ce nom. Ce modèle de femme toute puissante et sûre d’elle comme dans Le diable s’habille en Prada. On me colle ce type de personnages-là, ça m’énerve un peu. J’aimerais qu’on me propose autre chose.

Amanda Lear en Divina habillée par JeanPaul Gaultier.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous faites rire avec ça et provoquer le rire est l’une des choses les plus difficiles.

AMANDA LEAR. Oui, je me demande s’il n’est pas plus facile de faire pleurer. Sans tomber dans la vulgarité, si on fait des pets sur scène, qu’on trébuche, qu’on tire la langue et qu’on vomit… ça peut aussi faire rire. Faire rire en étant une personnalité méchante comme ça, qui envoie des vacheries mais qui fait rire, c’est autre chose. Il faut peut-être le faire avec une certaine élégance, une certaine classe et ça passe mieux. Au début quand j’ai lu la pièce, je me suis dit que cette femme était très antipathique, odieuse. J’ai pensé qu’on n’allait jamais l’accepter. Finalement, ce qui la rend sympa aux yeux du public, c’est qu’on s’aperçoit très vite que c’est un genre qu’elle se donne et que ce n’est pas vraiment une méchante.

EN CE MOMENT, IL Y A UNE DRÔLE DE MODE :LES HUMORISTES FONT UN SPECTACLE TRÈS IMPUDIQUE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Le public est friand de vos bons mots parfois caustiques et, par ailleurs, vous êtes la tête d’affiche d’une pièce écrite pour vous. Avez-vous déjà pensé à monter seule sur scène ?

AMANDA LEAR. Et je rajoute quelques vannes de temps en temps.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je ne pensais pas au théâtre mais plutôt à la télé et à la radio où vous êtes une bonne cliente dont on retient les saillies. J’aimerais beaucoup vous voir seule sur scène.

AMANDA LEAR. Oui, je dis des bêtises (rires). Vous avez raison je suis la bonne cliente. Faire un one-man-show, c’est la première chose qu’on m’avait proposée. On m’avaot dit : “Toute seule, tu vas faire un one-woman-show et raconter ta vie, tes amours, les mecs que tu as rencontrés, Salvador Dali…”. Ça m’paraissait intéressant. Et puis j’ai parlé à Muriel Robin qui m’a dit, il y a trois, quatre ans : “Ma pauv’chérie, jamais plus je ne ferai un one-man-show !Pour rien au monde ! C’est pour ça que j’ai fait un burn out, c’est épouvantable ! Tu t’retrouves toute seule dans ta chambre d’hôtel en province et tout…”. Et donc j’ai réfléchi à tout ça : c’est une grande solitude ! Muriel Robin avait juré de ne plus jamais le faire et elle est revenue quand même. Elle a fait sa thérapie. Mais oui, j’avais pensé à faire un one-woman-show.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Où en êtes-vous dans cette réflexion?

AMANDA LEAR. Je vais d’abord voir si le public m’accepte dans une pièce où je ne suis pas toute seule. C’est important aussi d’être bien entouré de bons seconds rôles. J’ai vu Chantal Ladesou sur scène l’été dernier; elle fait une heure vingt totalement seule. Un monologue d’une heure vingt, c’est épuisant ! Alors, je ne sais pas, je ne sais pas…

PALMADE S’EST PROPOSÉ D’ÉCRIRE POUR MOI”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. La durée, c’est ce qui vous freinerait ?

 

Palmade (site du comédien)

AMANDA LEAR (Elle réfléchit). Oui, et puis en ce moment il y a une drôle de mode qui fait que les comédiennes, les humoristes font un spectacle très impudique où on se livre. Muriel Robin raconte sa vie, sa dépression, sa mère qui est morte, le fait d’être lesbienne…C’est émouvant, vous voyez. Et Mimie Mathy, pareil. Elle fait rire avec son handicap, elle en parle. Je trouve ça très impudique ! On n’est plus en train de jouer un rôle, là. On est soi-même et on dit : “C’est ma vie, je suis comme ça”. Je ne me vois pas faisant ça. Je préfère jouer le rôle de quelqu’un d’autre.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Un one-man-show n’est jamais 100 % autobiographique. L’humour ne permet-il pas, justement, de réécrire des pans de sa vie, de les réinterpréter voire les détourner ?

AMANDA LEAR. Je me demande si je suis capable d’écrire. Je suis capable d’ajouter un bon mot par-ci, par-là mais écrire tout un spectacle autour de moi ! Palmade s’est proposé de le faire et d’écrire pour moi.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Ce serait génial !

AMANDA LEAR. J’ai la chance d’avoir des auteurs qui se proposent d’écrire pour moi. J’ai dit à Palmade : “Oui, réfléchis. Je ne veux pas reprendre Folle Amanda ou faire ce que faisait Jacqueline Maillan. Ecris un truc pour moi qui tourne autour de mon personnage, une bonne femme qui vient de se faire larguer par son mec…”. Il faudra y penser. Pour l’instant, on est parti pour un an avec Divina mais il faudra y penser…vu mon espérance de vie (rires).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. La pièce Divina ira-t-elle en province?

AMANDA LEAR. Oui, oui bien sûr ! La seule chose un peu compliquée à déplacer c’est le décor. Vous n’étiez pas là hier mais on a eu quelques petits problèmes. Si le spectacle a du succès à Paris, les gens veulent le voir en province. Moi, j’aime bien les tournées. Avec Lady Oscar, nous avions fait 80 dates en régions et je m’étais régalée ! Porto Vecchio, Marseille…puis la Belgique… En province on rencontre un public chaleureux qui n’a rien à voir avec les snobinards de Paris. Franchement, je m’amuse follement. Et puis c’est un travail d’équipe. On partage, on va manger ensemble le samedi soir, on s’appelle, on s’envoie des textos…On va passer près d’un an ensemble, c’est comme une famille.

ON NE PEUT PAS ÊTRE DRÔLE SI ON NE SOURIT PAS”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous êtes hors scène une femme très drôle. Etiez-vous une petite fille puis une ado drôle ?

AMANDA LEAR. Noooooon !!! J’étais très complexée ! Très très complexée car je me trouvais moche. J’avais un appareil pour me redresser les dents donc je ne souriais jamais. Déjà, on ne peut pas être drôle si on ne sourit pas ! Je ne rigolais pas parce que j’avais toute une ferraille dans la bouche alors j’étais comme ça (Ndlr : Amanda Lear baisse la tête et plaque sa main devant sa bouche). Non, j’n’étais pas si drôle que ça. Après ça, j’ai été dépressive et solitaire. Je pensais tout le temps au suicide.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. On est loin d’imaginer ça !

AMANDA LEAR. Mais si. Et quand j’ai rencontré Salvador Dali, il m’a dit : “Mais c’est pas possible ! C’est rien! C’est juste une molécule dans votre cerveau qu’il faut changer ! Il doit y avoir un médicament, un truc… La vie est belle !”. Et je répondais : “Ah, non la vie est moche !”. Et comme en plus, je me droguais, tout ça faisait que je n’étais pas vraiment rigolote.

ENTENDRE QUE JE SUIS TOUTE REFAITE, QUE J’AI DU BOTOX ET DES SEINS EN PLASTIQUE FAIT RIRE ET ME FAIT RIRE”.

Amanda Lear photographiée par Pascal Victor.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A partir de quel moment vous êtes-vous considérée drôle ?

AMANDA LEAR. Ça m’est venu bien après ! En Angleterre, j’avais quelques potes dans la mode, des homosexuels qui me faisaient beaucoup rire. Et puis on a commencé à former un petit cercle de gens très rigolos. Quand je suis arrivée à Paris, j’ai fréquenté Thierry le Luron, Jacques Chazot, Gérald Nanty, créateur du Mathis et qui était mon ami. On passait des vacances ensemble et ce n’étaient que des bons moments rythmés par des bons mots qui fusaient de part et d’autre. C’était à qui surenchérirait le plus dans nos escalades de bons mots. Quitte à se moquer de tout le monde. C’est là que je me suis découvert une vocation de boute-en-train. On m’invitait dans tous les dîners parce qu’on disait : “Amanda, elle est très drôle !”. Ensuite quand je suis entrée aux Grosses Têtes je m’en suis donné à cœur joie parce qu’il faut être drôle, raconter des histoires et tout.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que retenez-vous de vos participations à cette émission de RTL ?

AMANDA LEAR. Ç’a été une bonne école du rire et je me suis rendu compte qu’on ne peut pas être en bonne santé si l’on ne rit pas. C’est très très important. Alors vous avez des gens qui rient tout le temps, on se demande s’ils sont vraiment joyeux. Les gens des îles, par exemple, rigolent tout le temps.

(Ndlr : A ce moment-là, j’éclate de rire et Amanda également. Je dois avouer que, encore aujourd’hui, au moment où je retranscris cet entretien, je ne peux m’empêcher de rire).

AMANDA LEAR. Ils sont tout le temps contents. On se demande pourquoi ils sont si contents. Ils boivent du rhum ou quoi ? C’est merveilleux d’avoir des gens joyeux comme ça au lieu d’avoir des personnes qui font tout le temps la tête. Le Français a tendance à tirer la tronche tout le temps, l’Italien adore rigoler. J’ai passé plusieurs années en Italie, ils adorent le comique, la tradition de la Commedia dell’arte… Ils adorent rigoler. Et donc, j’ai tendance à privilégier la rigolade. Pour moi, une soirée réussie c’est : sortir avec des potes dans un bistrot pourri et passer le temps à dire des conneries et rigoler. C’est très important et c’est une thérapie.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Une thérapie pour apaiser ou soigner quoi ?

AMANDA LEAR. On doit…(Elle s’interrompt et réfléchit). Il faut avoir du recul. Si on prend tout au sérieux, on ne rit jamais.

VOIR FRANÇOIS HOLLANDE AVEC SES MANCHES TROP COURTES ME FAIT RIRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. A l’époque où l’on commence à vous trouver drôle, parvenez-vous à rire de vous-même ?

AMANDA LEAR. Ah oui ! Oui, il faut de l’autodérision ! On ne peut pas se moquer des gens si on ne se moque pas de soi-même. Ça, c’est la règle n°1. Il faut beaucoup d’autodérision autour de soi-même. Accepter que dans la pièce, on me dise que je suis toute refaite, que j’ai du Botox et des seins en plastique. Y a plein de gens qui n’accepteraient pas ! On se moque de moi, ça fait rire les gens et ça me fait rire aussi. Je me moque du fait d’être une femme de cet âge-là, encore séduisante, qui plaît. Etre dans l’autodérision c’est important. Il y a donc d’abord ça, en règle n°1 et puis le reste vient naturellement.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui fait rire Amanda Lear ?

AMANDA LEAR. Tout me fait rire. La façon dont les gens sont habillés. Quand je vois François Hollande avec ses manches trop courtes, moi, ça me fait rire(rires). C’est difficile de le prendre au sérieux ! Voilà, tout me fait rire !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous maîtrisez plusieurs langues étrangères…

AMANDA LEAR. Oui, cinq langues (Ndlr : anglais, italien, espagnol, allemand et russe).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Y a t-il un pays à l’humour duquel vous êtes plus sensible ?

AMANDA LEAR. J’aime bien l’humour anglais. C’est pas tout à fait le même humour qu’en français. On ne joue pas trop sur les mots. C’est autre chose qui repose davantage sur la situation. C’est un humour un peu absurde. J’aime beaucoup les Monty Python. Les Italiens, c’est plus la grosse farce visuelle, tomber, faire des grimaces…Chaque pays a son humour. Le problème, c’est les Allemands qui n’ont pas trop d’humour. Le second degré, c’est un peu difficile. Ils prennent tout au premier degré. Les choses qui font rire les Allemands ne me font pas rire. C’est tellement lourdingue !

J’AIME BIEN ÊTRE MOQUEUSE”.

Sylvie Vartan © Films Alain Sarde.

(Ndlr : Amanda Lear s’adresse à son attaché de presse). Je ne sais pas si vous avez vu hier Angela Merkel avec Obama. C’était effrayant ! Elle portait un pantalon en satin large comme ça, j’étais morte de rire ! Les Allemands ça ne les fait pas rire. Ils doivent trouver ça très élégant. On doit rire dans chaque langue différemment.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et vous, vous vous trouvez plus drôle dans quelle langue ? Ou du moins plus à l’aise pour faire preuve d’humour ?

AMANDA LEAR. Moi, je me trouve assez drôle en italien. Oui, je suis assez rigolote en italien. Mais c’est très moqueur, hein ? Il y a des gens qui ont peur de moi et qui se disent : “Oh lala, elle va être méchante !”. Ce qui n’est pas de la méchanceté mais de la moquerie. Et j’aime bien être moqueuse, c’est vrai. Il y en a qui se vexent, qui ne comprennent pas la plaisanterie. Sylvie Vartan est terrifiée ! Si on lui dit que je suis là, elle ne vient pas. Elle croit que je vais la massacrer (rires). C’est dramatique, elle ne comprend pas le ton de la plaisanterie. Allons, bon ! C’est un don, je pense, d’avoir le sens de l’humour.

LES HOMMES AIMENT LES FEMMES QUI ONT DE L’HUMOUR ET SAVENT RIRE”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Etre drôle est-il un atout en matière de séduction ?

AMANDA LEAR. Pour séduire les hommes je pense que c’est très important. Je crois que les hommes aiment bien les femmes qui ont le sens de l’humour et qui savent rire. Déjà les hommes aiment bien faire rire les femmes parce qu’on dit que si elles rient, ils se sentent plus sûrs d’eux. C’est très important aussi dans les relations humaines de savoir faire rire pour détendre l’atmosphère. Les hommes aiment beaucoup les femmes rigolotes. Les femmes qui se la jouent, qui sont très coincées, pète-sec…non, ça fait chier tout le monde.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Vous croyez vraiment que les rigolotes ont un pouvoir de séduction supérieur à celui des autres femmes ?

AMANDA LEAR. Oui, je pense.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. La plupart des humoristes femmes à qui je pose la question répondent que si beaucoup d’hommes apprécient leur humour, très peu d’entre eux ont envie de passer la nuit avec elles. Moi, ce que je constate c’est qu’à physique égal, un homme raccompagne volontiers la fille qui rit mais pas celle qui fait rire.

AMANDA LEAR. J’sais pas. Je pense à Michèle Bernier qui a un physique quand même imposant; elle est très très drôle. Je suppose qu’en faisant rire les mecs c’est comme ça qu’elle les séduit.

Michèle Bernier sur scène à partir du 24 janvier.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oui, mais Michèle Bernier est une star de l’humour !

AMANDA LEAR. Oui, c’est vrai, c’est une star de l’humour.

ÇA FAIT PLAISIR AUX HOMMES QU’ON RIE À LEURS BLAGUES”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Est-ce qu’une fille inconnue et drôle conquiert facilement les hommes qu’elle fait rire ?

AMANDA LEAR. C’est-à-dire qu’il ne faut pas leur faire peur. Les hommes, aujourd’hui, ils ont les jetons tout de suite. Dès qu’une femme est vaguement intelligente ou un peu plus maligne qu’eux, ça leur fout la pétoche. Ils ont peur. Donc, il faut déjà les rassurer (Ndlr:elle éclate de rire). Non, mais je ne sais pas. C’est bien pour engager la conversation. Après, il faut rire à leurs blagues. Ils sortent souvent des blagues éculées qu’on a entendues 320 000 fois. Mais bon, ça leur fait plaisir qu’on rie à leurs blagues.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’y a-t-il de plus drôle en vous ?

AMANDA LEAR. (surprise). En moi ? Euh, c’est une euh…“double take” comme on dit en anglais. Je ne sais pas comment on dit en français. C’est la rupture. Et puis j’ai une capacité de voir dans la rue le détail qui fait immédiatement rigoler. J’ai un sens de l’observation. Je vois une bonne femme passer avec des cheveux blancs et je vais dire : “Tiens, elle a changé de coiffure Christine Lagarde !”. Allez, hop, ça fait rire tout le monde. C’est un sens de l’observation qui fait que je balance comme ça des vannes. Je ne sais pas… Je n’ai jamais compris comment ça fonctionnait.

ON PEUT SE MOQUER DE QUELQU’UN QUI A PRIS DU POIDS OU RATÉ SA COULEUR MAIS PAS D’UN NAIN, D’UN HANDICAPÉ, D’UN BOITEUX”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?

AMANDA LEAR. Le racisme, l’injustice, la méchanceté gratuite. On peut avoir un humour assez méchant comme Stéphane Guillon, Gaspard Proust etc…, mais sans aller trop loin. Parfois se moquer du physique par exemple, ça ne peut pas faire rire. On peut se moquer vaguement de quelqu’un qui a pris du poids, bon d’accord, ou de quelqu’un qui a raté sa couleur, d’accord. Mais on ne peut pas se moquer d’un nain, d’un handicapé, d’un boiteux. Le truc physique…des fois, je trouve qu’ils vont trop loin. Je sais que Stéphane Guillon ne me fait pas rire du tout. A une époque, il me faisait vaguement rire mais c’est un peu dur. Il faut savoir quand même mettre des limites.

Clémentine Célarié.©Universal Picture France

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles sont les vôtres ?

AMANDA LEAR. Là, encore une fois, la méchanceté. On ne peut pas faire de la peine aux gens. Une fois j’ai vexé quelqu’un sans le faire exprès. J’étais avec Clémentine Célarié à une émission et je trouve qu’on a une vague ressemblance, les pommettes etc…sauf qu’elle se maquille beaucoup moins que moi. Elle est jolie et j’ai dit : “Vous savez, en fait, moi, quand je me démaquille, je ressemble à Clémentine Célarié”. Ils l’ont pris très mal ! Ça voulait dire que démaquillée j’étais moche, forcément, et que Clémentine Célarié était moche ! Mais non, pas du tout, elle n’est pas moche Clémentine Célarié ! Ils l’ont mal compris, ils l’ont mal digéré. J’ai eu l’impression que je l’avais blessée, vraiment. Je me suis embrouillé les pinceaux. Ou alors il y en a qui se maquillent trop. De qui j’avais dit ça, déjà ? Jeanne Mas, qui est maquillée comme une voiture volée, j’avais dit d’elle : “Je suis sûre qu’elle doit être jolie une fois démaquillée!”. C’est plutôt un compliment ! Cela veut dire que démaquillée, elle sera jolie. Et que maquillée elle est moche parce que trop maquillée. Enfin, bref ! (Rires).

DUPONTEL ME FAIT RIRE, C’EST ASSEZ ANGLAIS COMME HUMOUR, ASSEZ ABSURDE”.

Albert Dupontel dans 9 mois ferme© Wild Bunch

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quelles sont vos comédies préférées ?

AMANDA LEAR. Les comédies anglo-saxonnes comme celles des Monty Python. J’ai vu dernièrement 9 mois ferme de et avec Dupontel, j’ai adoré. Dupontel me fait rire pourtant c’est un humour assez vache avec le type qui se coupe les bras, les jambes… mais ça me fait rire. C’est assez anglais, d’ailleurs, comme humour, assez absurde. Ce qui me fait moins rire, c’est la grosse pantalonnade, Jean Lefèvre, Les Gendarmes etc…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Pensez-vous que l’humour soit sexué? Si oui, quelles différences percevez-vous entre l’humour féminin et l’humour masculin ?

AMANDA LEAR. C’est différent parce que les femmes qui essaient de marcher dans les pas des hommes, bof… Imaginez une femme essayant de pratiquer le même humour que Bigard par exemple. On va dire : “Qu’est-ce qu’elle est vulgaire ! Elle parle de couilles, de bite…!” Et donc, il faut qu’elle soit aussi… Je me rappelle avoir vu une fille qui s’appelle Océane…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Oui, Océane Rosemarie, La lesbienne invisible.

AMANDA LEAR. C’est très drôle mais c’est un humour qu’on n’aurait pas osé il y a quelques années. Petit à petit, les femmes se mettent à avoir un humour assez direct. Je ne sais pas si c’est aussi facile pour les femmes de s’imposer que pour le mec qui balance sur tout. Didier Bénureau me fait rire aussi mais il parle de cancer, de trucs comme ça. Je ne vois pas une femme parlant de sa ménopause comme ça.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Je ne crois pas qu’il y ait de tabous. Michèle Bernier dans Pas une ride parle de la ménopause, Claudia Tagbo évoque son cancer dans Crazy. Elles sont assez libres.

AMANDA LEAR. C’est vrai. Je pense que petit à petit les choses ont changé. Avant, il n’y avait pas de one-woman-show. Il y avait Jacqueline Maillan au théâtre mais elle n’était pas seule. Maintenant, il y a de plus en plus de femmes qui se disent qu’elles peuvent faire rire. Je pense à Florence Foresti qui me fait rire, aux Monologues du vagin…Petit à petit, la femme prend sa place mais, comme vous dites, est-ce qu’on a envie de ramener à la maison et de séduire une fille qui vous a beaucoup fait rigoler avec des choses un peu vulgaires, en dessous de la ceinture ? Je ne sais pas. Quand je suis aux Grosses Têtes, c’est effrayant, toute la bande à Bouvard, on est tout de suite dans le slip. Couilles, bite, etc… Les filles, Macha Méryl et moi, on a plus de mal à dire des grossièretés comme ça (rires).

DANS LA JEUNE GÉNÉRATION ? RUDY MILSTEIN, CAMILLE COTTIN, CHRISTELLE CHOLLET SONT TRÈS DRÔLES”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Qu’avez-vous apprécié dernièrement au théâtre ?

AMANDA LEAR. Je n’ai pas beaucoup de temps et je le regrette mais cet été j’ai vu Sébastien Castro (Ndlr : Toutes mes condoléances, à La Comédie de Paris à partir du 12 janvier), la pièce de Zeller avec Robert Hirsch (Ndlr: Le Père, actuellement au Théâtre Hébertot), Daniel Russo aux Bouffes Parisiens (Ndlr : Hier est un autre jour de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros). J’essaie de voir le plus de choses. J’ai vu aussi Rudy Milstein dans Les malheurs de Rudy Milstein, il est très drôle.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et beau gosse, en plus !

AMANDA LEAR. Ah oui, oui ! Et il est très marrant ! J’ai vu Ladesou et Mergault (Ndlr : Adieu, je reste !), j’ai vu Ladesou, seule, pas mal de spectacles à Avignon. J’ai vu Tom à la ferme, une excellente pièce et Caroline Loeb dans George Sand.

Camille Cottin, “Connasse” de Canal +.©Canal +

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Quels talents de la jeune génération attirent votre attention et votre intérêt ?

AMANDA LEAR. Il y a Camille Cottin. J’avais tourné un pilote pour TF1 avec elle et Chantal Lauby, elle est très très drôle. Je l’ai vue ensuite dans la troupe à Palmade, dans 13 à table avec Jean Leduc et là, je la vois dans Connasse sur Canal +, elle est très bien. J’aime beaucoup celle qui était à la Renaissance…

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Christelle Chollet ?

AMANDA LEAR. Oui, Chollet est bonne ! C’est très difficile ce qu’elle fait. Toute seule elle a tenu La Renaissance toute une année ! Toutes ces filles, c’est un peu la relève du Splendid.

JE TROUVE SCANDALEUX LES CACHETS DES COMÉDIENS !”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Avez-vous des envies de cinéma ?

AMANDA LEAR. Oui, bien sûr ! Vous savez ce qui me choque beaucoup c’est qu’on est très mal payé (Ndlr: je ris). Je trouve scandaleux les cachets des comédiens ! Bon, ils ont raison si on les leur donne, ils les acceptent, mais voir ces cachets faramineux ! On paie des 500 000 euros, 1 million d’euros, tout ça…. et de penser qu’au théâtre on nous donne 250-300 euros ! C’est absolument scandaleux parce qu’on fait un travail colossal ! On a des mois de répétitions, on est là tous les soirs en scène pendant deux heures et on vous file 250 euros !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Parlez pour vous ! Les comédiens que je rencontre n’ont pas ça ! La capacité d’accueil des salles de ciné n’est la même que celles des théâtres, l’investissement n’est pas le même, c’est pas comparable.

AMANDA LEAR. Et à Mimie Mathy, on lui file 250 000 euros par épisode ou à Julie Lescaut…Encore une fois, je n’ai rien contre elles. Elles font bien et moi je les prendrais pareil mais c’est disproportionné. On devrait nous payer beaucoup plus. Donc, moralité : tout le monde veut faire du cinéma parce qu’on se dit : “Je serai mieux payé. C’est moins fatiguant, trois semaines de tournage et hop youpi !” (Ndlr : elle se frotte les mains). Donc c’est vrai que j’aimerais qu’on me propose un rôle au cinéma. J’ai un film qui sort lundi prochain sur TF1 avec Claire Keim qui s’appelle Nom de code : Rose. Franchement, je ne me suis pas trouvée terrible dans ce film. Mais en revanche le metteur en scène (Ndlr : Arnauld Mercadier) m’a dit qu’il fallait absolument qu’on retravaille ensemble et qu’on fasse un autre film. J’en ai tourné quelques uns, des films…J’ai tourné avec Aure Atika, Virginie Efira, avec Depardieu, Blanca Li… Je me suis toujours trouvée un peu “caricaturée”…enfin, bon. Si c’est un bon metteur en scène, je ne demande pas mieux. Tout le monde me dit : “C’est dommage que tu n’aies pas fait Absolutely Fabulous !”. Vous savez, je suis allée au casting d’Absolutely Fabulous, comme tout le monde et Gabriel Aghion m’a dit : “Vous ressemblez trop à l’original”.

 IL FAUDRA ATTENDRE QUE JE MEURE POUR SAVOIR L’ÂGE QUE J’AI !”

LEBLOGFEMMEQUIRIT. C’est vrai que vous avez un p’tit air de Joanna Lumley.

AMANDA LEAR. Oui, mais il me semble que c’est le but, non ? (rires) On a préféré déguiser Nathalie Baye avec une perruque pour qu’elle ressemble à Joanna Lumley. Donc ça, on m’expliquera un jour ! On n’arrête pas de me dire que c’était un rôle pour moi. Et Pédale douce aussi à la place de machin ! Ben oui, mais maintenant que j’ai fait mes preuves au théâtre peut-être qu’on me proposera un peu plus de choses. Mon rêve, c’est Woody Allen, des choses comme ça. J’adore Woody Allen ! Vous avez vu Blue Jasmine ?

LEBLOGFEMMEQUIRIT.(enthousiaste). Oui, j’ai adoré !

AMANDA LEAR. Bon film, hein ? En plus, il y a le sac Hermès dans chaque plan ! (rires).

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Que pourriez-vous dire de plus drôle, de plus gentil et de plus vache sur Amanda Lear ?

AMANDA LEAR. De plus drôle ? Oh lala ! Je ne sais pas ce qu’on peut dire de plus drôle…Faudra attendre qu’elle meure pour la dater au carbone 14 et savoir qu’elle âge elle a (rires).

JE CROISAIS JACQUELINE MAILLAN CHEZ LE COIFFEUR, ELLE ÉTAIT SINISTRE !”.

LEBLOGFEMMEQUIRIT. Et quelque chose de sympathique ?

AMANDA LEAR. J’avais appelé mon autobiographie, il y a quatre ans, «Je ne suis pas celle que vous croyez». Et en fait, ça résume bien, je ne suis pas celle que l’on croit. Les gens m’ont collé une étiquette qui ne correspond évidemment pas à la réalité. On voit la personne sexy rigolote, sympathique et puis il y a la personne privée qui est très angoissée et très solitaire. J’adore la solitude. Je ne rends pas les invitations, je suis mal élevée, on le sait, je suis sauvage. Et donc, ce personnage-là est loin de correspondre à l’image publique. Je ne suis pas celle que l’on croit, je suis une personne un peu complexe avec plusieurs facettes…limite schizophrène. On a plusieurs personnalités. Je crois qu’il y a beaucoup de comédiennes comme ça. Surtout chez les comiques. Je me rappelle que je croisais Jacqueline Maillan chez le coiffeur, elle était sinistre ! Elle ne m’a jamais fait rire, elle était si-nis-tre ! Pareil avec Louis de Funès. Dans la vie, c’étaient des gens pas rigolos !

LEBLOGFEMMEQUIRIT. C’est vrai que le métier compte pas mal de dépressifs.

AMANDA LEAR. Oui, c’est vrai et on a besoin d’aller faire rire sur scène pour être bien sinon on est chez nous, comme ça, introverti, pessimistes…On voit tout en tragique. Et moi, voilà, je pense que je suis comme ça. Et c’est pour ça que, pour moi, le théâtre est une thérapie. J’arrête pas de le dire : le rire est une thérapie. Faites-moi rire pour que je me sente bien, pour que je respire, sinon ça n’ira pas ! (rires).

DIVINA  de Jean Robert-Charrier, mise en scene de Nicolas Briancon, costumes Jean Paul Gaultier et Michel Dussarat, jusqu’au 1er février au Théâtre des Variétés : 7, boulevard Montmartre 75002 Paris.Tél réservation: 01 42 33 09 92

 

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